Remaniement : Emmanuelle Wargon rejoint le ministère de la Transition écologique et solidaire

A gauche sur cette photo, Emmanuelle Wargon, la nouvelle secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition Ecologique et Solidaire.

En charge de la responsabilité sociale et environnementale, des affaires publiques et de la communication du groupe Danone, Emmanuelle Wargon rejoint le gouvernement ce mardi suite au remaniement. Elle devient secrétaire d’Etat auprès de François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire. Elle aura dans son portefeuille les questions d'énergie. 

Une spécialiste des questions sanitaires et de solidarité

Après avoir été formée sur les bancs de Science-po, HEC et l'ENA, Emmanuelle Wargon était au début de sa carrière dans l'équipe du ministre délégué à la santé, Bernard Kouchner (2001-2002). Elle devient ensuite adjointe au directeur général de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSPS), avant de prendre la tête en 2006 de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (APHP). 

Suite à cela, elle est nommée directrice de cabinet de Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Elle participera avec lui à la mise en place du revenu de solidarité active (RSA). 

En charge des dossiers sur le nucléaire

La nouvelle secrétaire d'Etat n'est donc pas experte sur les sujets d'énergie et d'environnement. Toutefois, elle fait savoir sa légitimé en affirmant « avoir travaillé sur les questions écologiques, notamment en lien avec l’insertion et la lutte contre la précarité énergétique ».  

En prenant son poste, Emmanuelle Wargon reprend donc les dossiers de son prédécesseur, Sébastien Lecornu. Parmi eux, les problématiques sensibles liées au nucléaire et notamment la fermeture de centrale de Fessenheim. Par ailleurs, elle devrait également être confrontée aux enjeux liés aux quatre centrales à charbon encore en activité sur le sol français. Des questions qui seront discutées dans la prochaine Programmation pluriannuelle de l'Energie (PPE), qui sera présentée fin octobre. 

Du monde du lobbying au gouvernement : une nomination qui dérange

Ancienne lobbyiste pour Danone, sa nomination passe mal sur internet. Certains la jugeant comme la preuve des liens et des intérêts entre le gouvernement et les entreprises de l’agroalimentaire. D'autant plus que pour faire valoir son départ, Nicolas Hulot avait expliqué que « la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir» engendrait « un problème de démocratie ».

Certains élus socialistes et écologistes ont fait savoir leur mécontentement sur Twitter. David Cormand, secrétaire d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) dénonce cette nouvelle recrue en cinglant « Avec Macron, l'écologie, c'est jamais sans les lobbys ». Il en va de même pour Eric Andrieu, eurodéputé socialiste qui s'indigne également : « Alors que nous luttons chaque jour contre l’influence de l’agro-industrie sur la politique agricole et alimentaire, Emmanuel Macron ne trouve rien de mieux à faire que de confier l’écologie à la lobbyiste en chef d’une multinationale de l’agroalimentaire ».

Des inquiétudes partagées par les médias. En effet, le journal Libération révèle que Danone, son ancienne entreprise, demeure « l’un des plus gros pollueurs de la planète, en termes de plastique ». Le quotidien ajoute que « Danone fait aussi partie des 25 entreprises françaises qui épuisent le plus les écosystèmes de la planète, pointait l’ONG WWF en 2016. »

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