Grèves : les syndicats de l'énergie envisagent de nouvelles actions

Centrale nucléaire
Du fait de la grève, les productions des centrales nucléaires et thermiques ont diminué. Pour autant, l'Hexagone ne devrait pas faire face à un black-out.

Suite à la présentation du projet de réforme des retraites par Edouard Philippe, les syndicats et l'opposition souhaitent poursuivre la mobilisation par de nouvelles actions. Le secteur de l'énergie ne fait pas exception. Quelles sont les actions envisagées pour l'électricité ? Que se passe-t-il au niveau des carburants ? Selectra fait le point avec vous.  


Une baisse de la production d'électricité en France 

La réforme des retraites vise à fondre les régimes spéciaux dans un régime général. Un changement contre lequel s'insurge, Sébastien Menesplier, secrétaire général de la branche Mines-Energie (FNME) de la CGT. "Cette réforme, c'est une remise en cause pure et simple du statut des Industries électriques et gazières (IEG). Donc de notre contrat de travail. Je ne vois pas où se situe la justice sociale quand cette réforme consiste à différencier les jeunes et les plus anciens. Ça n'a pas de sens"

En guise d'opposition, les syndicats de l'énergie comptent poursuivre les actions déjà entamées. Avec 26,9 % des salariés d'EDF en grève le mardi 10 décembre, la production des réacteurs nucléaires et des centrales thermiques à gaz et à charbon a été diminuée. Mercredi 11, si l'on en croit la FNME-CGT, la production d'électricité totale a baissé de près de 6,5 gigawatts (GW), ce qui correspond à la production de six centrales nucléaires. Mais alors risque-t-on le black-out en France ? Non, rassure RTE, cette mobilisation "est loin d'être anecdotique, mais on ne court pas de risque de black-out pour autant. Surtout avec ces températures plutôt douces"

Mais alors pourquoi faire baisser la production ? Pour obliger EDF à aller s'approvisionner en électricité sur les marchés européens en vue de répondre à la demande française. Plus chère, l'électricité vendue sur les marchés de gros aura des conséquences sur la santé financière du groupe, dont l'Etat reste actionnaire majoritaire à plus de 80%. Une manière pour les syndicats de se faire entendre du gouvernement. 

Des actions plus ciblées en matière d'électricité

Au-delà de la baisse de production, les syndicats mènent des actions plus particulières. Par exemple, à Perpignan, ils ont coupé l'alimentation électrique de 5.000 foyers. À Lyon, c'est la méthode douce qui a été privilégiée. Mardi 10 décembre, au lieu d'une coupure de courant massive, le syndicat CGT Lyonnais de l’Énergie a procédé au "basculement en heures creuses pour 80.000 clients particuliers". De quoi faire baisser la facture d'électricité de ces ménages. 

D'autres actions sont à prévoir comme des "coupures ciblées sur ceux qui accompagnent la réforme" ou "la déconnexion de postes sources", les points de contact entre le réseau haute tension géré par RTE et le réseau moyenne et basse tension à charge d'Enedis.

Des coupures d'électricité en Gironde et à Lyon

Le mardi 17 décembre, la CGT revendiquaient des coupures volontaires "liées à la grève" ayant privé d'électricité 50 000 logements en Gironde et 40 000 à Lyon (source RTE). Une façon pour les salariés du Réseau de transport d'électricité de montrer que "montrer que s’il y a de l’électricité dans ce pays, c’est parce qu’ils sont au travail tous les jours » explique Franis Casanova, délégué syndical central de la CGT chez RTE.

La ministre de la transition écologique, Elisabeth Borne, a de son côté condamné ces actions qu'elle considère "inadmissibles" et  "contraires aux principes du service public et n’ont rien à voir avec l’exercice du droit de grève constitutionnellement garanti ." a déclaré son ministère. "La ministre s'est également assurée qu'une plainte auprès de la direction de RTE était systématiquement déposée."

Carburants : les raffineries bloquées

Outre l'électricité, le secteur pétrochimique est également touché. Sur huit raffineries dans l'Hexagone, sept sont d'ores et déjà bloquées. Cependant, les effets ne s'en font pas trop encore trop sentir. A l'heure actuelle, seules 2,5% des stations-services françaises font face à des pénuries. "Les blocages concernent essentiellement les dépôts attenants aux raffineries, explique Francis Duseux, président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP). Les raffineries continuent de produire normalement et la distribution est assurée par les stocks de réserves de deux cents dépôts répartis sur tout le territoire." Toutefois, la pénurie pourrait s'accélérer notamment du fait de "l'inquiétude et le surstockage de la part des consommateurs". 

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