L'essentiel sur la hausse du prix de l'électricité
- Au 1er août 2026, le tarif réglementé a augmenté de +2,5 % TTC en moyenne (kWh en option Base : +3,1 %), sous l'effet de la hausse du TURPE et du mécanisme de capacité.
- Sur le long terme, la hausse est structurelle : acheminement (TURPE), taxes, entretien du parc nucléaire et modernisation des réseaux tirent les prix vers le haut.
- Tous les contrats ne réagissent pas pareil : le TRV et les offres indexées suivent la révision, les offres à prix fixe sont protégées le temps de l'engagement.
- Le levier le plus rapide face à une hausse : comparer les offres et, selon votre profil, sécuriser un prix fixe ou réduire sa consommation.
La dernière hausse : ce qu'elle change au 1er août 2026
Au 1er août 2026, le tarif réglementé de vente (le TRV, ex-tarif Bleu) a été revu à la hausse de +2,5 % TTC en moyenne, sur proposition de la Commission de régulation de l'énergie. En option Base, le prix du kWh grimpe de +3,1 % et s'établit à 0,2001 € TTC. L'origine n'est pas le prix de l'énergie sur les marchés, mais l'augmentation du TURPE (l'acheminement) et un mécanisme de capacité destiné à garantir l'approvisionnement lors des pics.
Une hausse « moyenne » ne dit pas grand-chose de votre facture : l'impact réel dépend de votre consommation. En option Base, le kWh est passé de 0,1940 € (février 2026) à 0,2001 €, soit +0,61 c€/kWh. Voici ce que cela représente sur l'année, sur la seule part consommation :
15 €/an
Petit logement
appartement, chauffage gaz · 2 500 kWh/an — surcoût sur la consommation
37 €/an
Foyer moyen
référence 6 kVA · 6 000 kWh/an — surcoût sur la consommation
73 €/an
Maison tout-électrique
chauffage + eau chaude · 12 000 kWh/an — surcoût sur la consommation
Surcoût annuel sur la part consommation en option Base, calculé entre le kWh de février 2026 (0,1940 €) et le kWh en vigueur (0,2001 €), pour trois profils de consommation courants. La part abonnement, qui évolue peu et dépend de l'option, n'est pas incluse.
Pourquoi le prix de l'électricité augmente ?
Derrière chaque révision, des mouvements de court terme (marchés de gros, météo) se superposent à une pression de fond. Sur la durée, quatre postes expliquent la tendance haussière — et trois d'entre eux échappent totalement au fournisseur.
L'acheminement (TURPE)
Le tarif d'utilisation des réseaux rémunère RTE et Enedis. Révisé chaque année, il finance l'entretien et la modernisation du réseau (dont le raccordement des renouvelables) et pèse pour environ un cinquième de la facture.
Les taxes et contributions
L'accise (ex-CSPE), la CTA et la TVA représentent près de 30 % du prix TTC. Fortement abaissée pendant le bouclier tarifaire, l'accise a été relevée à sa sortie, ce qui a soutenu la hausse.
L'entretien du parc nucléaire
Le « grand carénage » (prolongation des réacteurs, normes post-Fukushima) et la construction de nouveaux réacteurs représentent des dizaines de milliards d'euros, répercutés à terme sur le prix du système électrique.
Le marché de gros
Seule la part fourniture varie d'un fournisseur à l'autre. Elle suit le marché de gros, sensible au coût du gaz, à la disponibilité du parc et à la météo : c'est le poste le plus volatil.
Pour comprendre comment ces postes se combinent dans le prix final et qui les fixe, voir notre page dédiée au prix du kWh d'électricité et sa décomposition détaillée.
Qui est concerné par une hausse ?
Une révision du tarif réglementé ne touche pas tous les contrats de la même façon. Votre exposition dépend du type d'offre que vous avez souscrite.
| Type d'offre | Concerné par la révision ? | Quand ? |
|---|---|---|
| Tarif réglementé (Tarif Bleu) | Oui, directement | Dès la date d'application de la nouvelle grille |
| Offre indexée sur le TRV | Oui, avec sa remise | À la même date, remise conservée |
| Offre à prix fixe | Non, protégé | À l'échéance de l'engagement (1 à 3 ans) |
| Offre indexée sur le marché de gros | Variable, au fil du marché | En continu (parfois chaque mois) |
Un contrat ne peut pas être résilié sans votre accord : en cas d'évolution défavorable, vous restez libre de changer de fournisseur gratuitement et à tout moment, sans coupure ni intervention sur le compteur.
Prochaine hausse : à quoi s'attendre ?
Le tarif réglementé est révisé au maximum deux fois par an, au 1er février et au 1er août : la CRE propose les barèmes, le gouvernement dispose de trois mois pour s'y opposer. La prochaine échéance est donc le prochain de ces deux rendez-vous.
À moyen terme, la plupart des études convergent vers une tendance haussière de fond, portée par les investissements réseaux et nucléaires, avec des baisses ponctuelles possibles quand les marchés de gros se détendent (comme en 2025). Pour l'historique complet des révisions passées et les scénarios chiffrés à l'horizon 2030, consultez notre analyse de l'évolution du prix de l'électricité.
Ce qui pousse à la hausse… et ce qui peut freiner
À la hausse : hausse programmée du TURPE, mécanisme de capacité, financement du nouveau nucléaire et des réseaux. Ce qui peut freiner : détente durable du prix du gaz, bonne disponibilité du parc nucléaire, baisse des coûts des renouvelables. Une baisse durable reste néanmoins peu probable d'ici la fin de la décennie.
Comment se protéger de la hausse ?
Vous ne pouvez pas influencer les décisions de la CRE, mais vous pouvez agir sur votre contrat et votre consommation. Quatre leviers, du plus rapide au plus structurel.
- Comparer et changer d'offre. À chaque révision, les écarts entre fournisseurs se redistribuent : les meilleures offres du marché passent souvent sous le tarif réglementé. Le changement est gratuit, sans engagement ni coupure.
- Sécuriser un prix fixe. Une offre à prix fixe bloque le prix du kWh HT pour 1 à 3 ans : utile pour se prémunir des hausses, à condition que le budget annuel reste compétitif face au TRV.
- Réduire sa consommation. Isolation, éco-gestes, pilotage des usages en heures creuses : agir sur les volumes reste le levier le plus durable face à un prix unitaire qui monte.
- Vérifier votre puissance et votre option. Un compteur surdimensionné ou une option mal choisie gonfle la facture : ajuster ces paramètres neutralise une partie de la hausse.
Comparez les offres pour amortir la hausse
Nos conseillers comparent gratuitement les offres du marché selon votre profil et vous disent si vous pouvez payer moins cher que le tarif réglementé. Sans engagement, en quelques minutes.
Annonce - Service Selectra