Facture de chauffage divisée par 5 : le secret de ces 14 familles françaises qui ont réussi l'impossible

Facture de chauffage divisée par 5 : le pari fou de ces 14 familles qui ont réussi l'impossible

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Et si la règle des 19°C pour chauffer votre logement n'était qu'un mythe dépassé ? C'est le pari audacieux d'une expérimentation inédite menée durant l'hiver 2024-2025 auprès de quatorze familles françaises. Loin de la privation subie, ces ménages ont exploré une voie radicale : celle de débrancher le chauffage central pour réapprendre à vivre avec le froid. Les résultats, dévoilés par Leroy Merlin Source et Octopus Energy, bousculent nos certitudes sur le confort moderne. Entre bien-être inattendu, sommeil retrouvé et factures divisées par cinq, cette plongée dans le "confort sobre" pourrait bien redéfinir notre rapport au chauffage.

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La fin du "tout chauffage" : une désintoxication thermique

Extrait campagne publicitaire Ademe 19 degrés
Extrait de la campagne « Faisons vite ça chauffe » de l’Ademe - Leroy Merlin Source

Depuis les années 1970 et l'avènement du confort moderne, le chauffage est devenu le maître absolu de nos intérieurs. En échange d'une facture d'énergie élevée pendant l'hiver, nous pouvons profiter d'une ambiance homogène, où l'on doit pouvoir vivre en t-shirt quelle que soit la température extérieure

C'est précisément ce dogme que l'enquête "Le confort sobre", pilotée par le sociologue Gaëtan Brisepierre et l'ingénieur designer énergétique Pascal Lenormand, en partenariat avec Leroy Merlin et Octopus Energy, a cherché à déconstruire.

L'idée n'était pas de demander à des foyers en précarité énergétique de serrer davantage la ceinture, mais bien de travailler avec des ménages volontaires, disposant de marges de manœuvre financières, pour voir jusqu'où ils pouvaient aller par choix. 

Selon ce rapport, nous serions devenus des "drogués" du chauffage, ayant perdu toute capacité à gérer la moindre variation thermique.

L'expérience s'est déroulée comme un véritable entraînement sportif. L'objectif n'était plus de chauffer les murs, mais de chauffer les corps. Ce changement de paradigme a poussé les participants à redécouvrir des savoir-faire oubliés, reléguant le radiateur au rang d'accessoire secondaire, voire inutile.

Chauffer les corps plutôt que les murs : le retour du bon sens

Pour parvenir à baisser la température ambiante (parfois jusqu'à 14°C ou 16°C) sans grelotter, les familles ont dû réinventer leur équipement domestique. La stratégie repose sur une approche "low-tech" et physiologique. 

Le premier levier activé fut celui de la seconde peau. Les matières techniques, la laine, les polaires et les fameux sous-vêtements thermiques (souvent réservés au ski) sont devenus des tenues d'intérieur standards.

Mais l'innovation réside surtout dans l'usage ciblé de la chaleur. Plutôt que de maintenir 100 m² à 20°C, les participants ont appris à créer des micro-climats. L'utilisation de bouillottes, de couvertures chauffantes ou de tapis pour isoler les pieds du sol froid a permis de maintenir une sensation de "volupté" thermique. Le corps, une fois isolé, conserve sa propre chaleur, rendant l'air ambiant frais beaucoup plus supportable, voire vivifiant.

Cette approche par "zones" a également transformé l'usage de la maison. Pourquoi chauffer une chambre inoccupée la journée ? Pourquoi chauffer un couloir ? Les portes se sont fermées pour créer des refuges thermiques, et les activités statiques (comme le télétravail ou la lecture) se sont accompagnées de plaids et de boissons chaudes.

Infographie passer l'hiver au chaud en toute sobriété rapport Leroy Merlin Octopus Energy
La panoplie du confort sobre, visuel diffusé par le designer aux participants - Leroy Merlin Source

Une épreuve sociale : quand l'entourage résiste

Si la technique s'apprivoise, le regard des autres reste un défi majeur. L'enquête révèle que la norme sociale du chauffage est l'un des verrous les plus difficiles à faire sauter. 

Recevoir des amis ou de la famille dans une maison à 17°C est souvent perçu comme un manque de savoir-vivre. Les participants ont dû user de diplomatie, proposer des plaids aux invités, ou parfois, céder à la pression sociale en remontant le thermostat avant une soirée.

Au sein même des foyers, la négociation n'a pas toujours été simple. Les adolescents, souvent cantonnés dans leurs chambres pour leurs activités (devoirs, jeux vidéo), ont parfois vécu cette sobriété comme une injustice. À l'inverse, les jeunes enfants se sont montrés étonnamment adaptables, pour peu que le rituel du coucher soit accompagné d'une bouillotte ou d'un pyjama bien chaud.

La question du genre a également émergé. Les tâches liées à ce nouveau "travail domestique" du confort (gérer les bouillottes, sortir les plaids, adapter les tenues des enfants) sont souvent retombées sur les femmes, soulignant que la transition écologique ne doit pas faire l'impasse sur le partage de la charge mentale.

Des bénéfices insoupçonnés sur la santé et le sommeil

Contre toute attente, le principal bénéfice rapporté par les familles n'est pas uniquement financier. C'est le bien-être physique qui a surpris les participants. Beaucoup redoutaient de "tomber malade" en vivant dans le froid. Or, c'est l'inverse qui s'est produit. Les témoignages font état d'une diminution des infections hivernales classiques (rhumes, maux de gorge), attribuée à un air intérieur moins sec et plus sain, car moins chauffé.

Le sommeil a été l'autre grand gagnant de l'opération. Dormir dans une chambre fraîche, sous une couette épaisse, a permis à de nombreux participants, y compris des insomniaques chroniques, de retrouver des nuits réparatrices. Le corps, pour s'endormir, a besoin de baisser sa température interne ; une chambre surchauffée entrave ce processus naturel.

Bien entendu, l'aspect économique reste spectaculaire. Une participante, Clara, a vu sa consommation de gaz divisée par 5,5 par rapport à l'hiver précédent. Pour d'autres, l'économie a permis d'absorber la hausse des tarifs de l'énergie sans impacter le budget familial. Cette "rentabilité" immédiate agit comme un puissant moteur de motivation, transformant la sobriété en un jeu gratifiant plutôt qu'en une punition.

Vers une nouvelle définition du confort ?

Cette expérimentation pose une question fondamentale pour l'avenir de notre habitat. La rénovation énergétique et l'isolation des bâtiments sont indispensables, mais elles ne suffiront pas si nos exigences de confort restent figées sur les standards énergivores du XXᵉ siècle. Le "confort sobre" prouve que l'être humain possède une capacité d'adaptation physique et mentale bien supérieure à ce que les normes actuelles suggèrent.

Reste à savoir si cette avant-garde de la sobriété parviendra à diffuser ces pratiques au-delà du cercle des convaincus, pour faire du pull-over à la maison non plus un symbole de crise, mais un choix d'art de vivre.

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