Un conseiller spécialisé pour vos démarches au

09 73 72 73 00 Rappel gratuit

Les climatiseurs grandement responsables du réchauffement climatique

Système de climatisation sur un toit
Si l'on en croit l'Agence internationale de l'énergie, la climatisation est coupable d'une grande partie du réchauffement climatique et de la consommation d'énergie mondiale.

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'utilisation des climatiseurs explose et avec elle, la consommation mondiale d'électricité. Dans son étude « Le Futur du refroidissement » publié le 15 mai dernier, elle annonce que d'ici à 2050 la consommation liée à l'air conditionné pourrait être égale à la production électrique des Etats-Unis et de l'Allemagne.

La climatisation : un rôle majeur dans la consommation d'énergie mondiale

Pour supporter les températures élevées, notamment dans les zones chaudes voire arides, les habitants, entreprises et hôtels tendent à s'équiper en air conditionné. Aujourd'hui, ce sont plus d'1,6 milliards de climatiseurs qui sont utilisés au niveau mondial. En termes de chiffre, on compte donc un 1 climatiseur pour 7 personnes sur Terre, avec la moitié se trouvant aux Etats-Unis et en Chine. Un chiffre encore plus alarmant quand on sait que 90 % des Américains et des Japonais ainsi que 8% des 2,8 milliards d'habitants des zones les plus chaudes ont accès à un système d'air conditionné.

Annuellement, ces appareils engendrent une consommation de 2 000 térawattheures d'électricité annuels, soit l'équivalent de quatre fois la consommation annuelle d'électricté de l'Hexagone. Par ailleurs, outre leur dimension énergivore, ils jouent également un rôle important dans le réchauffement climatique. En effet, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) générés par l'air conditionné ont été multipliée par 3 depuis 1990 et l'empreinte carbone des climatiseurs (hors production) culmine aujourd'hui à 1 130 millions de tonnes de CO2, soit autant que les émissions du Japon. Inquiétant quand les prévisions de l'AIE annoncent que les rejets de dioxyde de carbone liés à ce phénomène pourraient doubler entre 2016 et 2050.

Une demande exponentielle inquiétante

Pourtant, la demande ne cesse d'augmenter. Elle est soutenue par l'augmentation du niveau de vie dans les pays des Suds et notamment en Chine, en Inde et en Indonésie, responsables à eux trois de la moitié de la croissance de la demande. Comme le fait savoir Fatih Birol, le directeur de l'AIE.« Dans ces pays, moins de 10 % des ménages sont aujourd'hui équipés de climatiseur. Or, quand le niveau de vie augmente, ils s'équipent très rapidement. ». Une affirmation corroborée par Brian Motherway, directeur de la branche efficacité énergétique de l'AIE, en charge du rapport : « les gens qui vivent dans des zones très chaudes ont très envie d'avoir accès aux bénéfices qu'apportent les climatiseurs en termes de confort, de conditions de vie et de santé, mais ils ne peuvent pas encore se permettre d'en acheter ».

L'accès à un système de refroidissement demeure prioritaire pour les habitants de ces zones. Et comme l'affirme l'agence, il est certain que « cette demande va continuer à croître au cours des prochaines décennies ». En 2050, le nombre de climatiseurs installés pourrait être porté à 5 milliards. Au vu de la production d'électricité engendrée, ils pourraient remettre en question les objectifs de l'accord de Paris sur le climat, décidé suite à la COP 21 : stabiliser le réchauffement climatique « bien au-dessous de 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels ». Et ce, malgré les investissements réalisés, notammenent par la Chine et l'Inde dans les énergies renouvelables et plus spécifiquement dans les panneaux solaires. Malheureusement, comme le met en exergue Fatih Birol,« la demande d'électricité continue bien après le coucher du soleil » et la production d'énergie solaire est aujourd'hui incapable d'absorder la consommation émise par l'air conditionné. Ce dernier prend l'exemple de l'Inde où « les gens rentrant chez eux à six ou sept heures du soir démarrent l'air ­conditionné et d'autres appareils électriques ». Pour faire face à cette demande, la production s'appuie alors en majorité sur des centrales thermiques à gaz ou sur le charbon, qui rejettent énormément de CO2.

Durcir les normes énergétiques liées à l'air conditionné

La solution résiderait donc dans la mise en place de normes énergetiques pour les climatiseurs. En effet, selon l'IAE, la majorité des consommateurs achètent des dispositifs « à l'efficacité énergétique très inférieure à ce que la technologie permet ». A titre de comparaison un appareil acheté en Chine nécessite quatre fois plus d'énergie qu'un modèle acheté sur l'archipel japonais.

Comme dans le cadres des appareils connectés, les Etats sont donc invités par l'AIE à imposer aux entreprises des normes énergétiques strictes en matière de système de refroidissement et à proposer des politiques de soutien pour l'achat de climatiseurs. Un chantier possible à mettre en place puisque des machines moins gourmandes, donc plus respectueuses de l'environnement existent déjà. Si les mesures ne sont pas prises, le directeur de l'Agence redoute « une crise du froid » mondiale, les climatiseurs s'étant converti en « l'angle mort » des problématiques globales énergetiques actuelles.

Mise à jour le