Energie : le gaz naturel a de nouveau le vent en poupe

Gaz Cuisson
Le gaz naturel est de plus en plus utilisé comme source de chauffage, alors que le gaz de cuisson tend à céder sa place à des alternatives électriques.

Après cinq années de difficultés entre 2008 et 2013, le gaz naturel semble retrouver de sa superbe. S'il on en croit le bilan présenté ce mardi 19 mars par GRDF, le gestionnaire du réseau de distribution de gaz naturel, 11 millions de ménages ont désormais recours au gaz dans leur logement : un record depuis 2007, année de la libéralisation du marché de l'énergie. Mais comment expliquer ce regain d'attrait pour cette source d'énergie ? 


Le gaz, une alternative au fioul pour se chauffer

2018 a été une belle année pour le gaz. Bien que ce dernier perde de la vitesse en "usage de cuisson",  il en gagne de plus en plus en matière de chauffage. En effet, il séduit de plus en plus les propriétaires ou locataires de lotissements situés à proximité des agglomérations. Aujourd'hui, ce sont donc 11 millions de foyers qui bénéficient d'un raccordement au gaz, soit 30 000 de plus qu'en 2017. Il s'agit d'un gain considérable pour la filière qui avait perdu 200 000 clients sur la période 2008-2013. Une donnée dont se réjouit Édouard Sauvage, directeur général de GRDF, qui fait savoir que désormais "plus d'un Français sur trois bénéficie des atouts du gaz".

On peut d'ailleurs penser que cette progression continuera ainsi dans les années à venir. En effet, au motif de la transition énergétique, le premier ministre, Edouard Philippe a annoncé en novembre dernier la fin des chaudières à fioul à horizon 10 ans. Une bonne nouvelle pour les professionnels du gaz. Ils espèrent bien se saisir de l'opportunité pour gagner des parts de marché, puisque la moitié des logements chauffés au fioul se situent dans des zones desservies en gaz naturel

Le chauffage, un secteur très concurrentiel

La filière propane en embuscade

Cependant, si les fournisseurs de gaz naturel souhaitent profiter de la fin du fioul pour gagner du terrain, d'autres acteurs de l'énergie envisagent également de se positionner sur le sujet. Ainsi, les fournisseurs de propane veulent eux aussi s'insérer sur ce marché. Comme le met en exergue Matthieu Lassalle, directeur de Primagaz "en choisissant le gaz propane, les Français peuvent déjà amorcer leur transition énergétique, et de vraies énergies renouvelables sont d'ores et déjà disponibles, telles que le biopropane qui, lui, émet près de six fois moins de CO2 que le fioul."

Le chauffage électrique : l'exception française

Un autre mode de chauffage constitue une concurrence pour le gaz : le chauffage électrique. Très répandu en France, mais peu dans les autres pays, il est en effet moins cher à l'installation que les systèmes de chauffage au gaz de ville, par exemple. Pourtant sur la longue durée, il s'agit du mode de chauffage le plus onéreux de tous. C'est pourquoi, à terme, il pourrait être substitué par du chauffage au gaz. En effet, avec la fin programmée des tarifs réglementés, la concurrence risque de s'accroître et les prix vont potentiellement baisser se répercutant en faveur des ménages sur les factures de gaz. Dès lors, on peut penser que les acteurs de l'immobilier neuf se tourneront encore davantage vers cette source d'énergie pour permettre aux futurs occupants des logements de faire des économies

Le gaz vert, avenir de la filière ? 

Si le gaz naturel continue sa progression en matière de consommation, il s'agit d'une énergie fossile, dont les réserves sont limitées. Comme le fait savoir le groupe BP dans son rapport 2018, il ne reste que 50 années de stocks de gaz naturel sur la Terre. Ainsi, il est possible que le gaz vert, issu du développement du biométhane soit de plus en plus plébiscité. C'est en tout cas ce que veut croire Edouard Sauvage, qui affirme que "le gaz est une énergie appréciée des Français. Son verdissement va encore accroître ce sentiment". Toutefois, il peine à s'imposer : seuls 39 900 consommateurs avaient souscrit des offres de gaz vert fin 2017, selon les chiffres de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE). Par ailleurs, le gouvernement ne semble pas faire du biogaz la priorité. En effet, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) n'envisage de l'inclure qu'à hauteur de 7% du mix énergétique de l'Hexagone d'ici 2030. 

Se chauffer au gaz vert, est-ce plus cher ?Pas forcément. Si peu de personnes prennent le tournant du gaz vert, c'est que les offres sont victimes d'un cruel manque de notoriété. Pourtant, certains fournisseurs, à l'instar de Eni, ou Direct Energie, proposent des offres de gaz vert low cost. Les tarifs étant plus avantageux que les tarifs réglementés pratiqués par Engie, il s'agit d'un bon moyen pour consommer plus vert tout en faisant baisser sa facture de chauffage.

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