Gaz : la hausse moyenne annuelle sera de 90 € sur la facture des abonnés aux tarifs réglementés

En un an, la facture des abonnés aux tarifs réglementés proposés par Engie aura subi une hausse moyenne de 90 euros.

Dans un entretien au quotidien Ouest-France, Didier Holleaux, directeur général adjoint d’Engie, explique sa vision des enjeux du gaz d'aujourd'hui et de demain. Il développe trois thématiques principales : les tarifs réglementés du gaz, le nouveau compteur connecté Gazpar et les énergies renouvelables. Selectra résume l'entretien pour vous en extraire l'essentiel. 

Le tarif réglementé en hausse

Concernant l'augmentation des tarifs réglementés du gaz de 7,45% au premier juillet, il en explique les causes. Si l'on en croit le quotidien régional, la fluctuation des prix représente une hausse de 90 euros annuels en moyenne sur la facture des 5 millions d'abonnés Engie. Pour Didier Holleaux, trois facteurs principaux expliquent l'envolée des tarifs : la hausse des prix sur les marchés internationaux du gaz, indexation de cette ressource sur les prix du pétrole, également en situation d'augmentation ainsi que l'augmentation des frais de transports. 

Impossible pour lui d'annoncer une future baisse ou non des tarifs réglementés, si la Commission de régulation de l'énergie (CRE) devrait maintenir au même niveau les coûts de stockage,  de distribution, de transport et de commercialisation, il est difficile de déterminer l'évolution du cours du gaz sur les marché internationaux

En attendant, le founisseur historique dément être le seul à voir augmenter ses prix. D'après Didier Holleaux "la hausse des tarifs réglementés impacte tous les fournisseurs : tout d'abord parce que ce tarif sert de repère à un certain nombre d'entre eux pour déterminer leurs propres tarifs. Ensuite, parce que certains des coûts qui ont augmenté les concernent aussi : ceux liés à la nouvelle régulation du stockage, par exemple, ou à la hausse des prix internationaux du gaz." 

Augmentation des factures de gaz : quid des taxes ? Les taxes sur l'énergie sont très importantes. Ces dernières années, la taxe de consommation sur le gaz naturel (TICGN) augmente drastiquement, passant 1,27€ en 2014 à 16,02 € par mégawattheure en 2022. Vous souhaitez quitter le tarif réglementé ? Comparez gratuitement les prix des fournisseurs sur le comparateur en ligne.

Gazpar, un compteur connecté moins polémique que Linky

Si l'on en croit le directeur général adjoint d'Engie, le taux de refus lié à Gazpar est inférieur à 1 %. Pour lui, les craintes sont limitées du fait du type de consommation : la relève de la consommation de gaz inquiète moins que celle de la consommation d'électricité en matière de collecte des données et de vie privée. Si certains y sont opposés Engie dit à ses sous-traitant de ne pas aller installer les compteurs. Suite au déploiement, une lettre sera envoyée aux personnes refusant leur installation leur expliquant les frais de relève facturés suite au déplacement d'un agent. 

Gaz vert et énergies renouvelables 

En matière d'écologie, Engie s'est fixé pour objectif d'assurer 100% de gaz vert en 2050. Un objectif identique à celui que s'est donné l'Etat. Selon lui le tout-électrique n'est pas la solution et le gaz est de plus en plus vert. En attendant, le gaz demeure "la plus propre des énergies fossiles; il émet deux fois moins de CO2 que le charbon, par exemple, dans la production d'électricité". Pour le rendre toujours plus propre l'énergéticien veut s'obliger à depasser les objectifs légaux : "La loi de transition énergétique a fixé un objectif de 10 % de biogaz en 2030, notre ambition est d'être à 30 % à cette date."

Mais comment ? Didier Holleaux évoque la méthanisation et la pyrogazéification qui "consiste à chauffer à très haute température de la paille ou des déchets de bois, ce qui produit un mélange de différentes molécules. À la fin, on recombine l'hydrogène avec le CO2 et on fait du méthane. C'est plus complexe que la méthanisation." Cette solution pourrait même s'appliquer "à des matériaux imprégnés de produits polluants, voire des pneus" tout en restant respecteuse de l'environnement. En effet, en chauffant les matériaux à 1 400 degrés, "vous détruisez à peu près toutes les molécules, ce qui écarte le problème des polluants"

Par ailleurs, les autres pistes ne sont pas négligées et l'hydrogène, produit à partir d'électricité renouvelable, en est une. Dans les Hauts-de-France, à Dunkerque, une expérimentation est en cours. Elle vise à injecter de l'hydrogène dans les réseaux de distribution de gaz naturel, "jusqu'à une proportion de l'ordre de 20 %" précise-t-il. Cela permet à l'heure actuelle d'alimenter une centaine de foyers ainsi qu'un établissement spécialisé dans la santé. Bien plus au Sud, à Fos-sur-mer, l'entreprise cherche à produire du méthane à l'aide d'électricité verte. 

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