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Electricité : le tarif bleu d'EDF augmente de 5,9% au 1er juin

Les tarifs réglementés de l'électricité d'EDF vont flamber à partir de juin 2019.

Plus de 25 millions de foyers et 3 millions de PME verront leur facture d’électricité augmenter à compter du 1er juin 2019, date de la hausse officielle du tarif bleu d’EDF. Préconisée par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), cette augmentation du prix du kWh d'EDF TTC de 5,9% est un nouveau coup dur pour le pouvoir d’achat des Français.

Pourquoi l'électricité augmente-t-elle encore une fois ?

  • Pour rappel, le calcul du tarif réglementé d'EDF couvre les coûts suivants :
  • Les coûts d'approvisionnement en énergie et en capacité (ARENH) ;
  • Les coûts d'acheminement (TURPE) ;
  • Les coûts de commercialisation ;
  • Les risque de perte liés entre consommation prévisionnelles et consommations réalisées ;

En février 2019, la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) annonce que pour compenser les coûts liés à la production et la vente d'électricité, les tarifs réglementés d'EDF devront augmenter, de 7,7% HT soit 5,9% TTC à compter du mois de Mars 2019.

Dû au mouvement des gilets jaunes, le gouvernement a utilisé le délai légal de trois mois dont il dispose pour repousser les préconisations de la CRE en février dernier. Mais à partir du 1er juin, le gouvernement n'a plus d'échappatoire et devra appliquer les tarifs proposés par la CRE.

Ces 5,9% TTC de hausse du prix de l'électricité sont composés de :

  • 4,6% TTC qui compense l'augmentation du prix de l'énergie sur les marché de gros
  • 1,3% TTC qui compense le doublement des prix moyens de garanties de capacité

Ces deux facteurs ont une grande influence sur le calcul du tarif réglementé d'électricité. En effet, l'augmentation du prix de l'électricité, lié à la conjoncture internationale (depuis janvier 2018, le prix de l'énergie est en constante augmentation), a une influence directe sur le coût d'approvisionnement et donc sur le tarif bleu d'EDF.

L'augmentation des prix moyens de garantie de capacités est, elle aussi liée à l'augmentation des prix de gros. En effet, les fournisseurs alternatifs ont deux possibilités pour se procurer de l’énergie électrique :

  1. l’acheter à EDF via le dispositif de l'Accès régulé à l’énergie nucléaire historique (ARENH). A ce moment-là, ils bénéficient d'électricité d'origine nucléaire à coût fixe (42 euros le MWh). Toutefois, chaque fournisseur est soumis à un quota et ne peut acheter qu'un certain volume d'électricité.
  2. acheter leur énergie sur le marché de gros européen. Jusqu’à présent, les tarifs proposés par EDF étaient moins avantageux que ceux du marché de gros.

Malheureusement, cette flambée des prix sur le marché de gros, obligent les fournisseurs alternatifs à se servir allègrement chez EDF, atteignant de ce fait leurs quotas de fourniture. Par effet de cascade, les coûts d'approvisionnement en énergie et en capacité augmentent et donc le TRV d'électricité.

Une augmentation du prix de l'électricité de 5,9% au 1er juin 2019

Dès le 1er juin, la note va être salée pour les quelques 25 millions de foyers ayant choisi de rester au tarif Bleu d’EDF. Cela représente en moyenne à 85 euros de plus par an pour un foyer se chauffant à l’électricité. Un coup dur pour les ménages français dont la facture moyenne s'élève aujourd'hui à 960 euros par an environ. Sans compter que de nombreux consommateurs sont déjà impactés par une baisse de pouvoir d’achat et le phénomène de précarité énergétique.

François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire, s'en défend : "Cette année, nous sommes dans ce qui a été prévu par la loi et nous devons évidemment appliquer la loi".

Solution pour compenser cette augmentation Dans son document de préparation de février 2019, la CRE propose de faire baisser la CSPE qui représente en moyenne 15% de la facture d'un consommateur français pour compenser l'augmentation tarifaire.

Un possible rattrapage sur les factures d'électricité

Ayant supporté des coûts supplémentaires pendant le gel des tarifs réglementés, EDF mais également les fournisseurs alternatifs d’énergie ayant des tarifs indexés sur les TRV, pourraient appliquer des rattrapages rétroactifs portant sur la période janvier-mai 2019, comme cela s’est déjà produit en 2012 et 2014, le Conseil d’Etat invalidant la mesure du gouvernement.

Polémique sur l'augmentation des TRV

Les associations de consommateurs Consommation Logement Cadre de vie (CLCV) et l'UFC-Que Choisir ont décidé de saisir le Conseil d’Etat au motif que cette dernière hausse des TRV serait "illégale, infondée et injuste" selon François Carlier, secrétaire général de l'association de défense de consommateurs CLCV.

Pourquoi une telle polémique ? Au-delà de la simple augmentation, c’est tout le système de calcul des tarifs réglementés qui est visé. Jugé opaque par certains, il ne sert qu’à masquer "la moitié des 5,9% d'augmentation sont des coûts d'EDF" toujours selon François Carlier. En effet, le tarif bleu permet d'assurer une transition avant de libéraliser complètement le marché. Il sert de tarif de référence et permet, notamment, aux fournisseurs alternatifs de construire leurs offres à tarifs indexés. 

Peut-on trouver un accord conjoint sur les TRV… ou en sortir ?

Cette tension sur l’approvisionnement touchant toute l’Europe impacte la production d’électricité française garante de tout temps d’un accès régulé à l’énergie pour tous les Français. C'est pourquoi, Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF a vivement critiqué l’ARENH. Il demande depuis un durcissement de son accès par les fournisseurs alternatifs. "Nos concurrents se contentent qu'on leur livre notre électricité…" explique-t-il. Ils ne sont donc pas encouragés à produire leur propre électricité. Au contraire de leur côté, pour les fournisseurs alternatifs, le déplafonnement de l’ARENH serait une solution à leur développement. Ils pourraient proposer des tarifs encore plus compétitifs aux consommateurs.

La polémique n’est pas près de prendre fin, et c’est sans compter sur les autres coûts qui composent la facture d’électricité des Français... Et qui peuvent aussi alimenter le feu aux poudres : les taxes et autres contributions qui représentent près de 36% de la facture en moyenne. Elles incluent, entre autre, le financement des retraites des agents EDF ou le coût des Certificats d’Economie d’Energie (CEE) dans le cadre de la transition énergétique. François De Rugy a fait savoir sa volonté de remanier le mode de calcul des TRV l'an prochain, mais cela va-t-il satisfaire tout le monde, du consommateur aux fournisseurs d’électricité

En revanche, la fin des TRV n'est pas prévue pour tout de suite concernant l'électricité. En effet, le Conseil d'Etat a décidé de les maintenir en mai 2018. En revanche, les tarifs réglementés du gaz, eux, seront supprimés en juillet 2023.  

Comment ne pas subir la hausse des TRV ? L'augmentation des prix de l'électricité va toucher autant le tarif bleu que certaines offres de fournisseurs alternatifs proposant des tarifs indexés sur le TRV. Pour se prémunir de cette augmentation et des prochaines, Selectra vous conseille de choisir une offre de marché à tarifs fixes. Celles-ci ont l'avantage d'avoir un prix bloqué pendant toute la durée du contrat. Et si les tarifs baissent ? Pas d'inquiétude ! Les contrats d'énergie sont sans engagement, vous pourrez donc changer de fournisseur si vous trouvez une offre plus intéressante ailleurs. 

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