Révolution numérique : quels effets sur notre consommation d’énergie ?

Selon l’Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE), « les TIC (technologies de l'information et de la communication) pourraient consommer 60 % de toute l’énergie consommée par l’humanité » en 2025. Ce chiffre, qui témoigne d’une préoccupation grandissante : l’impact du numérique et l’utilisation d’internet sur notre consommation d’électricité, est cependant à relativiser. Objets connectés, stockage de données, data center, etc. apparaissent comme énergivores. A quel point ? Vont-ils finir par peser de manière insoutenable sur notre système énergétique ? Sans nier le poids du numérique dans la consommation d’électricité, il convient de relativiser certaines prévisions alarmistes.

Le numérique : des conséquences raisonnables sur la consommation d’électricité

D’après une étude menée par l’association négaWatt, la part du numérique dans la consommation d’énergie en France reste relativement faible. Elle représente 12% de la consommation en électricité soit 3% de la consommation finale du pays. La majeure partie de cette consommation en électricité est liée aux terminaux utilisateurs domestiques et professionnels (76%). Loin des clichés et représentant 18% de la consommation, les datas centers et clouds sont donc loin d’être les plus voraces. Loin derrière, le cœur du réseau représente les derniers 6%.

Si aujourd’hui la consommation repose essentiellement sur les usages des ménages et des professionnels, elle devrait mieux se répartir à l’avenir. En effet, négaWatt considère que la consommation électrique du numérique pourrait augmenter d’environ 25% d’ici 2030. La plus forte hausse se ferait sur le réseau, environ 10% par an, et serait notamment liée au développement de la 4G.

Pour leur part, les appareils connectés et les centres informatiques ne devraient pas écraser le système énergétique. Si l’on en croit la loi de Koomey, selon lanquelle le nombre de calculs par joule d'énergie dépensé double environ chaque année et demi, les besoins énergétiques de ces équipements diminuent de moitié tous les 2 ans. Leur multiplication sera donc normalement compensée par une plus grande efficience énergétique.

Ne pas négliger l’énergie grise

Néanmoins l’empreinte énergétique du numérique ne peut se résumer qu’à ses usages. Il s’agit de prendre en compte également l’énergie grise, utilisée pour la fabrication des équipements. D’après les calculs de négaWatt, elle correspond à 15 ou 20% de l’énergie de fonctionnement totale des équipements en France métropolitaine. A cela s’ajoute la pollution générée par la production des composantes.

A long terme, il faudra donc surveiller le déploiement des technologies 4G et 5G et garder ou recycler davantage nos équipements connectés afin de minimiser de manière plus considérable l’incidence du numérique sur la consommation d’énergie.

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