Engie : virage stratégique vers les énergies renouvelables

L’énergéticien français n’en finit pas de faire peau neuve… Après l’annonce hier de résultats négatifs pour 2015, Gérard Mestrallet, son PDG, a décidé d'engager un plan de transformation sur trois ans. À la clef, une valorisation des énergies bas carbone, des services énergétiques et des activités à prix régulés ou contractés, moins risquées que celles exposées aux prix de marché.


Perte de vitesse en 2015

Engie est retombé dans le rouge en 2015 – une situation qu’il n’avait plus connue depuis 2013 : après un bénéfice net de 2,4 milliards d’euros en 2014, le groupe a souffert d’une perte de 4,6 milliards d’euros l’année dernière, avec un chiffre d’affaires en recul de 6,4%.

En cause ? Des dépréciations massives de 8,7 milliards d’euros, notamment dans l’exploration-production et dans la production d’électricité, et un contexte énergétique marqué par l’effondrement des prix du pétrole et du gaz.

L’ambition de devenir leader mondial de la transition énergétique

En perte de vitesse, l’énergéticien accélère son virage stratégique vers les énergies renouvelables, avec pour objectif de devenir le leader mondial de la transition énergétique. Pour ce faire, le groupe entend se désengager des activités les plus émettrices de CO2 et les plus exposées aux variations des prix de commodités.

Comment ? En se recentrant sur l'électricité verte et le gaz vert, les services à l’énergie et, plus généralement, sur les activités aux revenus garantis, à l’instar des infrastructures ou des centrales faisant l’objet de contrats d’achats sur l’électricité produite. « Ces activités doivent représenter dans trois ans 85% du résultat brut d’exploitation », a souligné Gérard Mestrallet, PDG d'Engie.

Cession des activités émettrices de CO2

Afin de mettre en oeuvre cette stratégie, Engie va engager un vaste plan de cessions de 15 milliards d’euros entre 2016 et 2018. « Toutes nos activités n’entrant pas dans [les critères de la transition énergétique] sont placées sous revue : les centrales au charbon, les centrales électriques exposées au marché ou l’E&P [compagnie d’exploration et de production d’hydrocarbures NDLR] », a mis en avant Isabelle Kocher, qui prendra les commandes du groupe comme directrice générale en mai.

Environ un tiers des cessions prévues a déjà été réalisé : la cession des centrales thermiques aux États-Unis (10 GW pour 4,1 milliards d’euros) et de centrales à charbon en Indonésie et en Inde (3 GW pour 1,4 milliard d'euros). 

Parallèlement, l’énergéticien va réinvestir 22 milliards d’euros, dont 7 milliards d’euros en maintenance et 15 milliards en développement pour des projets de centrales électriques, d’infrastructures et de services. Sur le long terme, Engie veut parier sur les nouvelles technologies et le digital, sur lesquels il investira 1,5 milliard supplémentaire. Une chose est sûre : l’énergéticien se réinvente une fois de plus...

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