La Sécu en déficit record : 5 milliards d'économies attendus dès 2026

Ce durcissement fait partie d'un plan global pour réduire de moitié le déficit de la Sécurité sociale, qui risque d'atteindre 10 milliards d'euros dès l'année prochaine si rien n'est fait.

Pour rappel

À une plus grande échelle, le gouvernement espère ramener le déficit de la dette publique à 4,6 % du PIB en 2026, avec 43,8 milliards d'euros d'économies dès l'an prochain. Objectif final : retrouver un déficit de 2,8 % d'ici 2029.

Lors de son allocution, le Premier ministre a justifié cette mesure par une volonté de « responsabiliser les patients ». « Nous consommons deux fois plus d'antibiotiques qu'en Allemagne », a-t-il rappelé, estimant que les Français ont pris l'habitude d'une consommation « sans frein » et « sans limite ».

Franchise médicale doublée : jusqu'à 8 € par mois pour certains patients

Actuellement, à chaque achat de médicaments ou acte paramédical, une petite somme (franchise) est déduite automatiquement de votre remboursement :

  • 1 € par boîte de médicament
  • 1 € par consultation paramédicale (kiné, infirmier)
  • 4 € par transport sanitaire (ambulance, VSL)

Le plafond actuel, fixé à 50 € par an et par personne, pourrait passer à 100 € par an, soit un reste à charge possible doublé pour les gros consommateurs de soins.

Catherine Vautrin assume : « La notion du "c'est gratuit, j'y ai droit" est mortifère. Rien n'est gratuit ». La ministre de la Santé a même confirmé que les franchises seraient « plus visibles », versées directement au comptoir, et non plus uniquement déduites des remboursements.

En clair :

  • Si vous consommez peu de soins, vous ne paierez pas forcément plus qu'avant.
  • Si vous êtes sous traitement chronique ou faites beaucoup de séances paramédicales, vous pourriez facilement atteindre ce plafond de 100 € chaque année.

À la clé pour l'État : plusieurs milliards d'euros d'économies, dont 5 milliards attendus dès 2026 sur l'Assurance maladie.

Reste à savoir si ce doublement du plafond se limitera uniquement aux médicaments… ou si toutes les franchises médicales seront concernées.

  • Consultations paramédicales et transports : les franchises de 1 € par séance chez le kiné ou l'infirmier et 4 € par trajet en ambulance ou VSL pourraient elles aussi être doublées, leur plafond annuel passant de 50 € à 100 € (dans la limite des plafonds journaliers : 4 et 8 €).
  • Participations forfaitaires chez le médecin : chaque consultation médicale ou examen (radio, analyses) fait déjà l'objet d'une déduction de 2 €, plafonnée à 8 € par jour. Là encore, le plafond annuel grimperait de 50 à 100 €, a confirmé Catherine Vautrin.

EN BREF, Ce sont toutes les petites sommes discrètement prélevées par la Sécu qui pourraient doubler dès 2026.

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Les ALD et arrêts maladie sont aussi dans le viseur du gouvernement

La franchise médicale n'est qu'une partie du plan. François Bayrou veut également resserrer la prise en charge des affections longue durée (ALD), qui concernent aujourd'hui 20 % des Français (contre seulement 5 % en Allemagne).

Parmi les mesures prévues dès 2026 :

  1. Fin du remboursement à 100 % des médicaments qui ne sont pas directement liés à l'affection déclarée ;
  2. Sortie du statut ALD pour les patients dont l'état de santé s'améliore ;
  3. Mise au point définitive du dossier médical partagé, obligatoire pour les praticiens, afin d'éviter la multiplication des radios, scanners ou consultations inutiles.

Côté arrêts maladie, l'exécutif promet un serrage de vis : 50 % des arrêts de plus de 18 mois ne seraient plus justifiés lors des contrôles. Pour fluidifier les reprises d'emploi, les médecins généralistes pourraient donner leur feu vert au retour au travail après 30 jours d'arrêt, au lieu d'attendre systématiquement un médecin du travail.

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