L'essentiel
- Une affection de longue durée (ALD) est une maladie grave ou chronique nécessitant des soins d'au moins 6 mois ; l'Assurance maladie distingue les ALD exonérantes et non exonérantes.
- En ALD exonérante (ALD 30, 31 et 32), les soins liés à l'affection sont remboursés à 100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale : c'est une prise en charge maximale, pas une gratuité totale.
- Restent à votre charge : la participation forfaitaire, les franchises médicales, le forfait journalier hospitalier, les dépassements d'honoraires et les soins sans lien avec l'ALD.
- L'entrée en ALD passe par un protocole de soins établi par votre médecin traitant et validé par le médecin-conseil de la CPAM.
Quelles sont les maladies reconnues en ALD en 2026 ?
Une affection de longue durée désigne une maladie grave et/ou chronique dont le traitement médical nécessite des soins sur une longue période (6 mois minimum) et particulièrement coûteux.
L'Assurance maladie reconnaît 2 types d'affections de longue durée (ALD) : l'ALD exonérante et l'ALD non exonérante. Le classement d'une maladie dans l'une de ces deux catégories ouvre droit à une prise en charge spécifique par la Sécurité sociale.
ALD 30, ALD 31 et ALD 32 : les affections exonérantes
L'ALD exonérante désigne une maladie dont le traitement long et coûteux ouvre droit à un remboursement à 100 % de la base de remboursement de l'Assurance maladie sur les soins liés à l'affection.
Attention, certains frais restent à la charge de l'assuré, même en ALD exonérante : les dépassements d'honoraires, la participation forfaitaire de 2 € ou encore le forfait hospitalier.
La liste des affections de longue durée exonérantes est fixée par décret (décret n° 2011-77 du 19 janvier 2011, Journal officiel du 21 janvier 2011). Elle distingue les ALD 30, les ALD 31 (cas particuliers hors liste) et les ALD 32 (polypathologies invalidantes).
La liste des ALD 30 :
- accident vasculaire cérébral (AVC) invalidant ;
- diabète de type 1 et diabète de type 2 ;
- affections psychiatriques de longue durée (dont dépression récurrente, troubles bipolaires) ;
- rectocolite hémorragique et maladie de Crohn évolutives ;
- artériopathies chroniques avec manifestations ischémiques ;
- maladies chroniques actives du foie (hépatite B ou C) et cirrhoses ;
- maladie coronaire et infarctus du myocarde ;
- bilharziose compliquée ;
- polyarthrite rhumatoïde évolutive ;
- déficit immunitaire primitif grave, infection par le VIH ;
- formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie), épilepsie grave ;
- hémoglobinopathies, hémolyses chroniques constitutionnelles et acquises sévères ;
- hémophilies et affections constitutionnelles de l'hémostase graves ;
- insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires ou congénitales graves ;
- insuffisances médullaires et autres cytopénies chroniques ;
- insuffisance respiratoire chronique grave (BPCO, asthme grave) ;
- maladie d'Alzheimer et autres démences ;
- maladies métaboliques héréditaires nécessitant un traitement prolongé spécialisé ;
- mucoviscidose ;
- maladie de Parkinson ;
- néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique primitif (insuffisance rénale) ;
- paraplégie ;
- suites de transplantation d'organe ;
- sclérose en plaques ;
- scoliose idiopathique structurale évolutive ;
- spondylarthrite grave ;
- tuberculose active, lèpre ;
- tumeurs malignes, affections malignes du tissu lymphatique ou hématopoïétique (cancer colorectal, de la peau, de la prostate, de la thyroïde, de la vessie, des voies aérodigestives supérieures, du col de l'utérus, du poumon, du sein, lymphome) ;
- vascularites, lupus érythémateux systémique, sclérodermie systémique.
Les ALD 31 doivent répondre à certains critères pour être reconnues comme affections de longue durée exonérantes. Il s'agit de maladies graves dont l'évolution dépasse 6 mois et qui impliquent au moins 2 des critères suivants :
- une hospitalisation prévisible ;
- des actes techniques médicaux répétés ;
- des actes biologiques fréquents ;
- des soins paramédicaux fréquents et réguliers.
Les ALD 32 correspondent à un cumul de plusieurs maladies (polypathologies) dont le caractère invalidant nécessite un traitement médical de plus de 6 mois.
Depuis le décret n° 2011-726 du 24 juin 2011, l'hypertension artérielle sévère n'est plus une affection de longue durée exonérante, mais un facteur de risque. Les personnes qui en bénéficiaient avant ce décret continuent toutefois à profiter du dispositif ALD.
Les affections de longue durée non exonérantes
Les ALD non exonérantes concernent certaines maladies nécessitant un arrêt de travail ou des soins médicaux d'une durée supérieure ou égale à 6 mois. La prise en charge par l'Assurance maladie se fait alors aux taux classiques de la Sécurité sociale, autrement dit sans exonération du ticket modérateur. Le transport sanitaire lié à l'ALD peut toutefois être pris en charge sous certaines conditions.
Hors liste des ALD exonérantes, les affections non exonérantes peuvent concerner plusieurs types de maladies contraignantes, dont la liste est définie par l'article L. 324-1 du Code de la Sécurité sociale.
À titre d'exemple d'ALD non exonérantes : une dépression importante avec suivi et traitement médicamenteux lourds, un glaucome, une épilepsie, ou encore une infection résultant d'une complication médicale.
Quels sont les avantages et les inconvénients du dispositif ALD ?
Souffrir d'une maladie grave et chronique pénalise le quotidien de nombreux assurés. En intégrant le dispositif ALD de l'Assurance maladie, le patient bénéficie de plusieurs garanties, mais le dispositif comporte aussi des limites.
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Prise en charge des frais médicaux liés à la maladie à 100 % de la base de remboursement en ALD exonérante. | La reconnaissance en ALD nécessite un protocole médical établi avec le médecin traitant, puis l'accord du médecin-conseil de la CPAM. |
| En cas d'arrêt de travail lié à l'ALD, la durée de versement des indemnités journalières est allongée (jusqu'à 3 ans de date à date). | Les ALD non exonérantes n'ouvrent pas droit à la prise en charge à 100 % : les frais sont remboursés aux taux classiques de la Sécurité sociale, sans exonération du ticket modérateur. |
| Les jours de carence (salariés du privé, fonctionnaires) ne s'appliquent qu'une seule fois en cas de renouvellement de l'arrêt de travail longue maladie. | Certains frais restent à charge quel que soit le statut : franchise médicale, forfait hospitalier, dépassements d'honoraires d'un médecin de secteur 2, écart entre le prix d'un dispositif médical et sa base de remboursement. |
| À la reprise du travail, possibilité d'un mi-temps thérapeutique ou d'un aménagement de poste ; le cas échéant, d'une pension d'invalidité. | Les frais de santé sans lien avec l'ALD sont pris en charge aux taux de remboursement habituels de l'Assurance maladie. |
Source : ameli, en vigueur en 2026.
Au regard des frais qui restent à charge, il est fortement recommandé de conserver, voire de souscrire une mutuelle santé. Selon la formule choisie, elle couvre tout ou partie des dépassements d'honoraires et des dépenses non remboursées par la Sécurité sociale.
Demande d'ALD : comment mettre en place le protocole de soins ?
L'entrée dans le dispositif ALD, comme son renouvellement, implique la mise en place d'un protocole de soins spécifique.
Comment faire une demande d'affection de longue durée ?
- 1 En premier lieu, il est obligatoire de consulter son médecin traitant, seul habilité à formuler une demande d'ALD auprès de la CPAM ;
- 2 le médecin traitant remplit un formulaire appelé « protocole de soins », où il consigne la date de début de la maladie et l'ensemble des soins ouvrant droit à une prise en charge ALD (traitements, examens biologiques, consultations médicales et paramédicales, transports liés à la maladie) ;
- 3 le protocole de soins, au format électronique ou papier, est envoyé à la CPAM de rattachement de l'assuré ;
- 4 à réception, le médecin-conseil de l'Assurance maladie rend sa décision : prise en charge intégrale, partielle ou refus des frais de santé liés à l'ALD ;
- 5 l'adhésion au dispositif ALD est inscrite au dossier de l'assuré ;
- 6 le médecin traitant délivre une copie du courrier de notification de reconnaissance d'ALD, que le patient conserve et présente aux professionnels de santé si besoin ;
- 7 l'assuré met à jour sa carte vitale et peut suivre ses remboursements depuis son compte Ameli.
Renouvellement en ALD : comment faire ?
L'adhésion au dispositif d'affection de longue durée a une durée déterminée. Au-delà de la période couverte, il faut renouveler son ALD si la maladie nécessite encore des soins et des traitements.
Cette démarche est effectuée par le médecin traitant, uniquement si l'état de santé du patient justifie le maintien en ALD. Il n'existe aucune limite liée à l'âge du patient ni au nombre de renouvellements.
La durée de renouvellement dépend du type d'affection de longue durée :
- pour une ALD exonérante (ALD 30, 31 ou 32), la durée accordée peut être équivalente à la période initiale ;
- pour une ALD non exonérante, la durée est proposée par le médecin traitant selon la pathologie et les soins nécessaires.
À la fin de l'ALD, lorsque la maladie est stabilisée ou en régression, les traitements actifs liés à l'ALD peuvent être stoppés. Le patient peut alors bénéficier d'un suivi médical spécifique, dit « suivi post-ALD », qui peut se prolonger pendant 5 ans après la fin du dispositif. Il est demandé par le médecin traitant sur simple ordonnance ou proposé directement par l'Assurance maladie.
Remboursement de l'ALD : quelle prise en charge de l'Assurance maladie ?
Le niveau de remboursement d'une ALD par l'Assurance maladie dépend du type d'affection de longue durée.
Les ALD 30, ALD 31 et ALD 32 (affections exonérantes)
Ces types d'ALD ouvrent droit à une prise en charge à 100 % des frais de santé liés à l'affection de longue durée : consultations, traitements médicamenteux, transports et hospitalisation sont remboursés au taux maximal de la Sécurité sociale.
« 100 % » ne signifie pas « tout gratuit »
La prise en charge à 100 % s'entend 100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale, sur les seuls soins en rapport avec l'ALD. Restent à votre charge :
- la participation forfaitaire de 2 € et les franchises médicales ;
- le forfait journalier hospitalier de 20 €/jour en cas d'hospitalisation ;
- les dépassements d'honoraires des médecins (notamment en secteur 2) ;
- l'ensemble des soins sans lien avec l'ALD, remboursés aux taux habituels.
Source : ameli, en vigueur en 2026.
Pour cette raison, nos experts en mutuelle santé conseillent de comparer les complémentaires santé. Une mutuelle santé couvre les frais non pris en charge par la Sécurité sociale, comme les dépassements d'honoraires ; les meilleures mutuelles santé intègrent aussi des forfaits de prévention, par exemple pour la médecine douce.
Une ALD permet de bénéficier du tiers payant, qui évite d'avancer les frais remboursés par la Sécurité sociale : il suffit de présenter sa carte vitale à jour.
Les ALD non exonérantes
Pour les affections de longue durée non exonérantes, le remboursement de la Sécurité sociale est identique à celui du reste de la population. Il est donc vivement conseillé de souscrire une mutuelle santé couvrant correctement les frais liés à la maladie, comme le prix d'une consultation chez un médecin spécialiste.
Pour obtenir le remboursement des frais de l'ALD, le médecin traitant ou le professionnel de santé consulté remplit une ordonnance médicale bizone, décomposée en deux zones : la partie haute pour les soins et traitements liés à l'ALD, la partie basse pour les soins sans lien avec l'affection. De son côté, le patient doit respecter le parcours de soins coordonnés.
FAQ : en savoir plus sur l'affection de longue durée
Comment obtenir une attestation d'affection de longue durée ?
Pour obtenir une attestation d'affection de longue durée, rendez-vous sur votre compte Ameli, à la rubrique « Mes démarches » puis « Attestations ». La démarche est identique à celle d'une attestation de droits à l'Assurance maladie classique.
Quelle est la durée d'une ALD ?
La durée accordée pour le dispositif d'affection de longue durée dépend de la maladie et des traitements qu'elle implique. A minima, comme son nom l'indique, une affection de longue durée couvre une période d'au moins 6 mois, mais elle peut tout à fait dépasser ce seuil. Seuls le médecin traitant et le médecin-conseil de la CPAM sont habilités à fixer la durée de l'ALD ainsi que son renouvellement.
Combien de temps dure l'arrêt maladie en ALD ?
La durée d'un arrêt maladie en ALD est de 6 mois minimum. Les jours de carence sont déduits une seule fois, au début de l'arrêt de travail initial ; ils ne se renouvellent pas en cas d'arrêts maladie consécutifs.
Quelles sont les 30 affections de longue durée ?
La liste des 30 affections de longue durée reconnues exonérantes est définie par décret par le ministère chargé de la Santé. On y retrouve différents types de maladies graves et/ou chroniques : l'AVC, plusieurs troubles cardiaques graves (insuffisance cardiaque grave, cardiopathie congénitale), des troubles respiratoires graves (asthme grave, BPCO), différentes tumeurs malignes (cancer du sein, du poumon, du côlon, etc.), parmi d'autres. La liste complète et à jour est consultable sur le site de l'Assurance maladie.
Qui décide de l'affection de longue durée ?
C'est le médecin traitant, sous validation du médecin-conseil de la CPAM, qui décide de mettre en place le protocole de soins spécifique à l'ALD pour son patient.
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