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Le chauffage électrique reste de très loin le poste numéro un

Avant de parler climatisation, il faut rappeler ce que pèse réellement le chauffage dans une facture française. Selon l'étude Panel Usages Électrodomestiques de l'ADEME, un foyer chauffé à l'électricité consomme en moyenne 4 312 kWh par an rien que pour son chauffage. C'est, à lui seul, plus de la moitié de la consommation électrique totale d'un logement tout électrique.

Au Tarif Bleu d'EDF en option Base, en vigueur depuis le 1er février 2026, le kilowattheure coûte 0,1940 € TTC pour un compteur de 6 kVA. Le calcul donne donc, pour un foyer moyen chauffé à l'électricité :

4 312 kWh × 0,194 € = 836 € sur la saison de chauffe.

Cette somme couvre environ six mois, d'octobre à mars. Ramenée au mois, elle représente près de 140 € de chauffage pur, abonnement non compris. Et ce chiffre est une moyenne nationale : dans une maison ancienne mal isolée, la facture annuelle de chauffage grimpe facilement au-delà de 1 500 € par saison, avec une consommation supérieure à 10 000 kWh.

La climatisation, un usage estival bien moins onéreux que prévu

Côté climatisation, les chiffres surprennent souvent. Toujours selon l'ADEME, un climatiseur fixe de type split réversible consomme en moyenne 304 kWh par an, soit l'équivalent d'environ 59 € au prix du kWh réglementé. Un climatiseur mobile monobloc, moins efficace, tourne autour de 58 kWh par an, soit à peine 11 € sur la saison. Dans le Sud-Est, où les appareils tournent davantage, la consommation moyenne grimpe à 482 kWh par an, soit autour de 93 €.

Autrement dit, dans un usage moyen, refroidir son logement coûte sur tout l'été l'équivalent de quelques jours de chauffage hivernal. Le ventilateur de salon, lui, plafonne à 8 kWh par an selon l'ADEME, soit environ 1,50 € de consommation sur la saison. C'est anecdotique sur la facture, même si l'effet réel sur le confort en pleine canicule reste limité.

Ces chiffres ADEME sont des moyennes de panel. Une utilisation intensive change la donne. En cas de vague de chaleur prolongée, un climatiseur fixe de 1 500 W qui tourne 8 heures par jour pendant 15 jours consomme environ 180 kWh, soit près de 35 € de surcoût sur la facture mensuelle. Toujours dix fois moins qu'une période équivalente en hiver avec des radiateurs.

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Pourquoi un tel écart entre les deux saisons

L'écart tient à deux facteurs simples. D'abord, la durée d'usage : un chauffage tourne couramment six mois sur douze, contre un à trois mois pour un climatiseur, et seulement pendant les heures les plus chaudes. Ensuite, l'écart de température à compenser : pour passer d'un extérieur à 5 °C à un intérieur à 19 °C, il faut produire 14 °C de différence thermique. Pour ramener un intérieur à 26 °C alors qu'il fait 33 °C dehors, l'écart à combler est de 7 °C. La physique fait le reste : plus l'écart est grand, plus la consommation grimpe.

S'y ajoute le rendement des équipements. Un radiateur électrique convectif classique restitue 1 kWh de chaleur pour 1 kWh consommé. Une pompe à chaleur air-air, qui fonctionne aussi comme climatisation réversible en mode froid, restitue 3 à 4 kWh de chaleur ou de fraîcheur pour 1 kWh d'électricité consommée. Une partie des climatiseurs vendus aujourd'hui sont d'ailleurs réversibles, ce qui en fait un équipement à double saison.

Conclusion arithmétique simple : sur la base des moyennes ADEME et du tarif réglementé en vigueur en mai 2026, le chauffage électrique coûte entre 10 et 75 fois plus cher sur la saison froide que la climatisation sur la saison chaude. La crainte d'une clim qui ferait flamber la facture estivale, à elle seule, repose surtout sur des usages extrêmes.

Le vrai levier pour atténuer la facture annuelle

Si le chauffage représente l'écrasante majorité du budget énergie d'un ménage, c'est aussi là que se concentrent les marges de manœuvre. Baisser le thermostat de 1 °C en hiver réduit la consommation d'environ 7 %, soit près de 60 € d'économies sur une saison à 836 €. Améliorer l'isolation, installer un thermostat programmable, ou remplacer un convecteur ancien par un radiateur à inertie ou une pompe à chaleur fait baisser la facture bien plus que renoncer à la climatisation.

Le second levier passe par le choix du contrat. À consommation identique, l'écart entre le Tarif Bleu et l'offre la moins chère du marché atteint plusieurs centaines d'euros par an pour un foyer moyen. Un foyer qui consomme 6 000 kWh par an au tarif réglementé paie environ 1 350 € pour son électricité, contre 180 € de moins avec l'offre Confort+ de Primeo Energie selon les calculs Selectra de mai 2026.

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La canicule de cette fin mai est donc surtout un rappel utile : la peur du climatiseur masque le vrai poste qui pèse sur les factures françaises, celui des mois d'hiver. Pour estimer précisément sa propre consommation, l'arithmétique du kWh reste le meilleur point de départ.

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