Le réchauffement climatique est-il en train de bouleverser le modèle assurantiel ?

Alors que cet été 2019 se termine avec une nouvelle vague de chaleur en perspective, la réalité du réchauffement climatique est désormais incontournable. Comment celle-ci vient-elle métamorphoser le secteur assurantiel ? Quels métiers sont devenus indispensables aux compagnies afin de poursuivre leur mission ?

Climatologue : un métier indispensable au milieu de l’assurance

Le réchauffement climatique vient lentement mais sûrement métamorphoser nos quotidiens, notre manière de consommer et plus largement notre manière de vivre. Les conséquences de la catastrophe écologique sont réelles, y compris dans les milieux professionnels. Celui de l’assurance n’y échappe pas et, bien plus encore, se remodèle en fonction des évolutions climatiques.


Avec le réchauffement climatique, les coûts liés à l’indemnisation des catastrophes climatiques augmentent chaque année. Quelles solutions pour les assureurs pour adapter leur modèle économique ?

De l’augmentation des dépenses liées aux indemnisations relatives à des événements climatiques – avec une estimation de 3 milliards d’euros par an pour les assurances – à la multiplication des épisodes de sécheresse et autres ouragans dévastateurs à l’instar d’Irma et Maria, le secteur assurantiel doit prendre en compte de nouvelles réalités afin de maintenir son modèle économique.

Alors que l’on voit se multiplier les offres de couverture toujours plus modulables et digitales – et ce dans tous les pans du secteur –, les métiers en lien avec l’assurance évoluent aussi peu à peu. Un phénomène relevé très justement par L’Écho.be au sujet des climatologues. Pourquoi un tel succès ? Tout simplement car avec la multiplication des catastrophes naturelles, les assureurs ont besoin de spécialistes capables d’anticiper ces événements dévastateurs pour ajuster leur manière d’indemniser les victimes.

Assurance paramétrique : l’avenir de l’assurance habitation ?L’assurance paramétrique, auparavant essentiellement réservée au milieu agricole, elle commence doucement à intéresser l’assurance habitation à destination des particuliers et des professionnels. Avec la multiplication des catastrophes naturelles, son système basé sur l’indemnisation en fonction de différents seuils dispose de nombreux avantages, pour les assureurs comme pour les assurés.

Assurances et réchauffement climatique : de l’intervention à la prévention

Le quotidien belge d’information explique ainsi qu’alors que les catastrophes climatiques se multiplient, elles s’imposent aux assureurs comme une donnée incontournable à prendre en compte pour faire leur travail. L’été 2019 aura encore été celui de tous les records de chaleur sur la planète entière. Les vagues de chaleur étouffantes ont eu pour conséquence directe des températures a au moins 30°C dans quatre pays sur cinq à travers le globe.


Durant l’été 2019, la sécheresse en France a forcé 85 départements à prendre des mesures de restriction d’eau.

Non seulement les risques climatiques représentent aujourd’hui un pan précis du monde assurantiel, mais les spécialistes de la prédiction jouent désormais un grand rôle pour limiter l’impact économique, les coûts étant de plus en plus importants. Comme l’explique L’Écho : « En amont de la détermination des primes de risque, les prévisions des experts des grands réassureurs dessinent les tendances et dictent la marche à suivre aux compagnies d’assurance. En effet, les assureurs des assureurs sont passés maîtres dans l’art d’étudier et de prédire le climat et les catastrophes naturelles, parfois avec plus de précision que les organismes spécialisés ». Pour le journal, c’est aujourd’hui Munich RE qui domine ce marché, le réassureur allemand ayant un pôle totalement consacré aux analyses climatiques avec de nombreux spécialistes – des climatologues et des géologues.

Comme l’explique la Fédération française de l’assurance – ou FFA –, le rôle des assureurs dans la prévention de risques naturels est crucial. La Mission Risques Naturels – ou MRN – a été créée en 2000 à cet effet, une association qui a pour but de « favoriser une meilleure compréhension des risques naturels et de sensibiliser la population à l’importance de la prévention », précise la FFA. Un aspect clé du nouveau modèle de l’assurance à l’ère du réchauffement climatique devrait être simple : la prévention – soit, dans le jargon, le risk management. Et cela passe par l’intervention d’experts comme les climatologues et autres data scientists, mais aussi une offre assurantielle redéfinie et plus adaptée ainsi que l’information aux assurés quant aux enjeux de notre siècle. L’assurance de demain est donc encore à inventer.

Catastrophes naturelles : un coût pour les assurances clairement estiméEn 2015, la FFA réalisait une étude édifiante : « Changement climatique et assurance à l’horizon 2040 ». Elle estimait alors que le coût des catastrophes naturelles des 25 prochaines années devrait doubler comparativement aux 25 dernières écoulées. « Le coût supplémentaire occasionné par les dommages matériels causés par le climat d’ici 2040 est évalué à 44 milliards d’euros (en euros constants), soit une hausse de 90% par rapport au montant des dégâts cumulés des 25 années précédentes. De 48 milliards d’euros sur la période 1988-2013, les aléas naturels pourraient coûter 92 milliards d’euros d’ici 25 ans », expliquait alors la Fédération.

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