L’assurance paramétrique se démocratise-t-elle ?

On le sait, la technologie influence grandement la forme que prennent les couvertures assurantielles. L’innovation est depuis longtemps utilisée dans le secteur, et celle-ci est au cœur de l’assurance paramétrique. Depuis quelque temps, et alors qu'elle était réservée à des secteurs et territoires précis auparavant, l’assurance paramétrique semble se populariser et son marché dynamique attiser l’intérêt des assureurs.

Assurance paramétrique : repenser la couverture au quotidien

Face aux changements profonds subis par nos sociétés, et notamment ceux provoqués par le réchauffement climatique et le progrès technologique, les entreprises doivent réinventer leurs offres pour s’adapter aux besoins et demandes des consommateurs, mais aussi aux enjeux de notre siècle. L’assurance à la demande et modulable a donc pris de l’importance ces dernières années, afin de correspondre au mieux aux besoins des assurés. Ces nouveaux modèles assurantiels permettent d’ajuster les offres, de les rendre plus précises et spécifiques.


L'assurance paramétrique a longtemps été réservée au secteur de l'agriculture, mais désormais, avec le réchauffement climatique, ses avantages pourraient être exploités dans d'autrs domaines.

Dans les années 1990, l’assurance paramétrique – aussi dite « indicielle » ou « indexée » – a progressivement redéfini l’offre assurantielle en se basant sur des indices très précis, comme la température, la force du vent ou la pluviométrie par exemple, afin d’élaborer une couverture adaptée. Ces indices météorologiques récoltés grâce aux images satellites ou aux stations météo sont corrélés aux pertes du client. L’indemnisation des sinistres est ainsi mise en place en fonction de différents seuils. D’abord utilisée dans les pays émergents et dans des secteurs spécifiques, en particulier l’agriculture, elle vient peu à peu s’inviter dans l’offre généraliste. Il y a fort à parier qu'avec le temps, l'assurance paramétrique puisse attirer quantité d’entreprises, mais aussi s’intégrer à des offres d’assurance habitation, laquelle est toujours plus impactée par le réchauffement climatique.

Depuis peu, des assurtechs ont commencé à s’intéresser au secteur, à l’instar de Descartes Underwriting en France ou Jumpstart aux États-Unis. L'intérêt des jeunes entreprises d'assurance spécialisées dans l'innovation vient attester de l’intérêt grandissant de l’assurance paramétrique, qui selon ses adeptes apporterait une plus grande transparence – un élément essentiel pour des assureurs qui cherchent désespérément à retrouver la confiance de leurs clients. Avec ce procédé, l’évaluation des coûts pour un sinistre peut se réaliser grâce aux images des satellites, de plus en plus qualitatives, sans intervention humaine. Si la zone sinistrée dépasse le seuil d’indemnisation du contrat, alors l’assuré est automatiquement dédommagé. Et cette rapidité pourrait bien séduire de potentiels clients alors que le climat se retrouve au centre des considérations du secteur entrepreneurial.

L’assurance paramétrique pour les retards de volsAuprès du grand public, l’assurance paramétrique est déjà accessible. En effet, Fizzy by AXA, décrit par l’entreprise comme « une plateforme d’assurance paramétrique 100 % automatisée, 100 % sécurisée », permet aux assurés d’être indemnisés en cas de retard de vol, automatiquement et directement.

Réchauffement climatique : le nouveau défi de l’assurance paramétrique

L’assurance paramétrique repose donc énormément sur la technologie et les données. Alors que l’innovation propose des solutions toujours plus précises, le constat d’un sinistre devient aussi potentiellement plus pointu. La domotique a donc un grand rôle à jouer dans le développement de l’assurance paramétrique sur un marché plus global, et aussi dans sa démocratisation. Tanguy Touffut, le fondateur de Descartes Underwriting précisait ainsi aux Échos qu’il « est par exemple possible de détecter l’émergence des algues pouvant menacer les élevages de saumon, de suivre les hauteurs de vague, de surveiller la chaîne du froid dans les camions ou d’établir des combinaisons d’indices permettant de mesurer le défaut de production végétale ». En plus de la précision des données fournies, celles-ci peuvent permettre d'anticiper les situations potentiellement risquées ou à corriger.


Dans le futur, notre assurance sera-t-elle totalement déterminée par les données fournies via l'innovation technologique ?

L’une des entreprises les plus au fait de l’assurance paramétrique est Axa. L’assureur projette de la développer en venant l’ajouter à ses offres assurantielles traditionnelles dans le contexte des différents événements climatiques futurs. Les entreprises pouvant bénéficier d’une telle couverture sont nombreuses, qu’il s’agisse du secteur de l’énergie, de l’agroalimentaire ou de la construction. Comme le précisait aux Échos Antoine Denoix, directeur général de la branche paramétrique d'Axa – Axa Climate, anciennement d’AXA Global Parametrics, créée en 2017 –, « il y a vrai trou d’assurance sur les événements climatiques. Dans le monde, 90 % des pertes économiques liées aux intempéries ne sont aujourd’hui pas couvertes par l’assurance ». Aujourd’hui, Axa Climate est présent dans quelque 40 pays.

À l’avenir, la popularisation de l’assurance paramétrique devrait se constater dans des secteurs très divers, à l’instar du tourisme, des énergies renouvelables, des transports ou même de l’agroalimentaire. Et au vu de la vitesse à laquelle la technologie évolue, la forme que prendront les offres assurantielles du futur pourrait être surprenante, dignes d’un film de science-fiction.

Assurance paramétrique : les images satellites comme témoinsEn 2018, au Chili, Axa a lancé une protection d’assurance paramétrique spécifique pour les feux de forêt grâce à un suivi en temps réel, réalisé grâce aux images satellites. L’indemnisation de l’assuré se fait entièrement sur la base de ces images, lesquelles capturent la situation en direct et son évolution.

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