Gaz naturel : quelle place dans la transition énergétique ?

Unité de méthanisation
La filière biométhane se développe en France pour proposer aux consommateurs une énergie plus verte.

Energie d'origine fossile, connue pour son usage de chauffage, le gaz naturel sert également à produire de l'électricité. Cette utilisation est loin de faire l'unanimité en matière de transition énergétique. Certains souhaitent la voir disparaitre quand d'autres en vantent au contraire les mérites. Selectra fait le point avec vous sur cette énergie. 


Une énergie fossile moins polluante que le charbon et le pétrole

Energie fossile, le gaz naturel rejette du CO2 en se consumant. En cela, il participe au réchauffement climatique. Toutefois, il reste bien moins polluant que le charbon ou le fioul. En effet, si l'on en croit l'Agence De l'Environnement et de Maîtrise de l'Energie (Ademe), une centrale à charbon rejette 1060 g de CO2/kWh, une centrale au fioul 730 g de CO2/kWh quand une centrale à gaz n'en émet seulement 418. En cela, le gaz naturel peut être considéré comme l'énergie fossile la plus propre. Pour autant son bilan carbone est loin d'être neutre. Il émet bien plus de gaz à effet de serre que l'énergie nucléaire (6 g de CO2/kWh) ou que les énergies renouvelables comme l'éolien (6 g de CO2/kWh) ou l'hydraulique (7 g de CO2/kWh).

Cependant, disponible facilement et en grande quantité, il permet de produire de l'électricité en continu. C'est là tout l'avantage qu'il présente. En effet, l'électricité étant difficilement stockable, il est presque impossible de compter sur les énergies renouvelables pour alimenter un pays à 100%. Fluctuantes, elles sont soumises aux aléas météorologiques (vent, soleil, etc.). Par exemple, en cas d'anticyclone, les vents sont plus faibles, impactant ainsi la production d'énergie éolienne. Le gaz peut donc entrer en complémentarité avec les énergies vertes et se poser comme une énergie de substitution pour les régions du monde fonctionnant majoritairement au charbon et au pétrole. 

Le gaz naturel, une composante mineure du mix électrique français

En France, le gaz naturel n'est que très peu utilisé pour fabriquer de l'électricité. Selon RTE, en 2016, il a participé à la production d'électricité à hauteur de 6,6%. En effet, le mix énergétique français est soutenu par l'électricité d'origine nucléaire (72,3% en 2016) et les énergies renouvelables (19,1% en 2016). 

En revanche, le gaz naturel en France reste plébiscité pour le chauffage, la production d'eau chaude sanitaire et la cuisson. Selon GRDF, le distributeur français de gaz, on compte, dans l'Hexagone, 11 millions de foyers raccordés au réseau. 

L'essor du biogaz, alternative au gaz naturel

Le gaz naturel demeure donc très utilisé en France. Mais les acteurs du gaz prennent petit à petit la mesure de la transition énergétique. Ainsi, il est possible à partir de déchets organiques, souvent agricoles, de créer du biogaz, un gaz vert, plus respectueux de l'environnement. Pour l'heure, le biométhane ne correspond qu'à 0,1% de la consommation française de gaz naturel. Mais la filière progresse. Ainsi, sur le territoire français, les sites producteurs de biométhane pouvaient produire jusqu'à 682 GWh par fin 2017 contre seulement 410 GWh en 2016. Il y a donc fort à parier que le biogaz aura, à l'avenir, une place de choix sur le marché de l'énergie en France. 

Consommer du biogaz chez moi, c'est possible ?Oui, bien sûr ! Certaines offres incluant du biogaz sont d'ailleurs parfois moins chères que le tarif réglementé de vente du gaz. Vous pouvez donc faire des économies sur vos factures d'énergie via un mode de vie plus vert. A ce titre, il est possible d'opter pour des offres 5% ou 10% de biogaz ou d'aller plus loin en vous tournant vers des offres 100% biométhane, à l'instar de celles d'ekWateur ou d'ilek

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