Le piège du mois d'avril : une accalmie trompeuse avant la tempête

Pour comprendre pourquoi mai va faire l'effet d'un coup de massue, il faut d'abord comprendre ce qui se passe en avril. Le Prix Repère Gaz publié par la CRE pour le mois prochain marque une baisse de 2,1 % par rapport à mars 2026. Le prix du kilowattheure retombe à 0,10292 € TTC pour les foyers en profil chauffage (zone 1), contre 0,1051 € en mars. À première vue, de quoi souffler.

Mais cette accalmie n'est qu'un mirage. Le Prix Repère intègre en réalité les cotations du marché de gros avec un décalage de deux mois. Le tarif d'avril, calculé fin février–début mars selon la méthodologie de la CRE, photographie donc une réalité économique qui n'existe plus : celle d'avant la crise.

C'est cette même fenêtre de latence qui rend le choc de mai d'autant plus brutal, car les cours du gaz ont entre-temps décollé de façon spectaculaire.

Comment fonctionne le décalage du Prix Repère ?

Le Prix Repère Gaz de la CRE s'appuie pour 80 % de sa composante énergie sur le prix PEG mensuel des mois précédents. En clair, la publication d'un mois donné reflète les achats réalisés sur les marchés plusieurs semaines auparavant.

Une flambée soudaine des cours de gros, comme celle provoquée actuellement par le blocage du détroit d'Ormuz, ne se transpose donc dans le tarif de référence qu'avec un retard de deux mois. Ce mécanisme protège les consommateurs à court terme, mais garantit aussi que le rattrapage, quand il arrive, est d'autant plus prononcé.

Augmentation du prix du gaz au 1er mai 2026 : +17,8 % sur le kWh, +13,7 % sur la facture

Selon nos prévisions, établies en appliquant rigoureusement la méthodologie de calcul officielle de la CRE, le Prix Repère Gaz du 1er mai 2026 devrait connaître une augmentation historique.

Sur le seul prix du kilowattheure TTC, soit le prix des consommations, la hausse attendue atteint 17,8 % au 1er mai 2026, en l'état actuel du marché. C'est la traduction directe de la flambée des marchés de gros, qui s'est emballée dès le début du conflit en Iran.

Sur le budget global annuel d'un ménage chauffé au gaz, c'est-à-dire en intégrant l'abonnement et la consommation, nos prévisions établissent une augmentation de la facture de 13,7 %.

Concrètement, un foyer type paierait 1739 € sur l'année si son contrat était indexé sur le Prix Repère de mai, contre 1529 € en avril. Un surcoût de 210 € annuels qui s'installe en un seul pas de calendrier.

Ces prévisions sont le résultat des calculs exclusifs de Selectra, établis sur la base des prix de marché actuels. Elles constituent donc un scénario plancher : si le blocage du détroit d'Ormuz se prolonge, la hausse réelle pourrait être encore plus sévère.

Évolution prévisionnelle du prix du gaz pour les prochains mois
Mois Budget annuel estimé (TTC) Évolution mensuelle Statut
Mars 2026 1529 € Référence Publié (CRE)
Avril 2026 1529 € − 2,1 % Publié (CRE)
Mai 2026 ~1739 € + 13,7 % Prévisionnel (Selectra)
Juin 2026 ~1726 € -0,77 % Prévisionnel (Selectra)
Été–automne 2026 Stable Pas de nouveau choc prévu Prévisionnel (Selectra)

Budget annuel TTC estimé pour un foyer chauffé au gaz, selon la méthodologie CRE. Base de calcul : 11 500 kWh/an de consommation, abonnement inclus.

Après le choc de mai : des prix qui restent au sommet tout l'été

Certains espèrent que le mois de mai marquera un pic passager, avant un retour rapide à la normale. En l'état actuel, ça ne sera pas le cas. Selon nos prévisions, le budget annuel de référence pour un foyer chauffé au gaz s'établirait à 1726 € en juin 2026, soit à peine 13 € de moins qu'en mai.

En d'autres termes, une fois le choc absorbé, les prix ne redescendent pas : ils se maintiennent à un niveau historiquement élevé.

La bonne nouvelle, si l'on peut l'appeler ainsi, est que nos projections n'anticipent pas de nouvelle hausse à deux chiffres sur les mois suivants, en l'absence d'un nouvel événement géopolitique majeur.

Qui sera touché par la hausse de mai ?

Seuls les ménages ayant souscrit une offre indexée sur le Prix Repère Gaz seront directement exposés à la hausse du 1er mai. Les clients bénéficiant d'un contrat à prix fixe, qu'il s'agisse d'un engagement sur 1, 2 ou 3 ans, verront leur tarif rester inchangé jusqu'à l'échéance de leur contrat.

Agir avant le 1er mai : le calendrier se resserre

La fenêtre pour sécuriser un tarif compétitif avant le choc de mai se referme chaque jour un peu plus. Les fournisseurs de gaz qui proposaient encore des offres à prix fixe inférieures au Prix Repère ont déjà commencé à revoir leurs copies.

Certains ont augmenté le prix de leurs offres fixes, d'autres ont reconfiguré leurs produits en basculant vers une indexation variable. Plus le temps passe, plus le tarif d'entrée d'un contrat à prix fixe sera élevé.

Souscrire aujourd'hui un contrat à prix fixe, c'est transférer le risque de marché sur les épaules de son fournisseur. Peu importe que les tensions au Moyen-Orient s'aggravent, le prix kWh HT reste figé jusqu'à l'échéance choisie.

Voici actuellement les offres de gaz avec des prix fixes les plus compétitifs du marché :

Meilleur prix

La coche Selectra signale un fournisseur partenaire : l'appel est alors pris en charge par le centre d'appels interne de Selectra. Les numéros sans cette coche renvoient directement vers le fournisseur.

Simulation pour 10 000 kWh/an de gaz, prix TTC.

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