Covid-19 : selon la FFA, les entreprises couvertes ont touché 1,8 milliard d’euros

Covid-19 : selon la FFA, les entreprises couvertes ont touché 1,8 milliard d’euros

Une nouvelle fois, la question des pertes d’exploitation des entreprises liées à la crise sanitaire revient sur la table. Seulement 3 % des contrats les prennent en charge en cas de pandémie. Cependant, selon la FFA, 1,8 milliard d’euros ont été reversés aux rares entreprises bénéficiaires. Une information qui continue d’alimenter la discussion autour du rôle des assureurs face à la crise.


  • En bref :
  • Selon une étude de l’ACPR datant de juin 2020, environ 93% des contrats d’assurance ne couvrent pas la pandémie et donc les pertes d’exploitation qui peuvent y être liées.
  • La proportion de contrats réellement concernés serait de 3%.
  • Selon Jean-Laurent Garnier, PDG de Generali France et vice-président de la FFA, 1,8 milliard d’euros ont été versés aux entreprises qui bénéficiaient d’un contrat prenant en charge les pertes d’exploitation en cas de pandémie.
  • Cela vient alimenter les discussions autour de la préparation du nouveau régime pandémie, qui non seulement ne couvrira pas le Covid-19, mais ne sera pas généralisé, c’est-à-dire qu’il ne sera pas obligatoire.
  • Une décision qui ressemble à un compromis entre Bercy et le monde de l’assurance, alors que les tensions avec le gouvernement continuent.

Risque pandémie : quel coût en 2020 pour les rares contrats concernés ?

On le sait désormais, la grande majorité des contrats d’assurance ne couvrent pas la pandémie. De fait, pour les entreprises, les pertes d’exploitation liées à la crise sanitaire actuelle ne sont généralement pas prises en charge. Pour les commerçants, bars, restaurants, et bien d’autres, qui ont été contraints à des mesures restrictives depuis des mois, cela signifie très concrètement que malgré les aides d’état, ils ont pour la plupart du mal à s’en sortir.

FFA entreprise

En juin 2020, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution – ou ACPR – a dévoilé les résultats d’une enquête, laquelle apportait des chiffres parlants. Au total, environ 93 % des contrats étudiés ne couvrent les risques liés à la pandémie. Elle précisait : « Près de 3 % des assurés couverts par les contrats analysés peuvent prétendre à une indemnisation dans le cadre de la crise de la Covid-19. C’est notamment vrai pour les contrats garantissant les pertes quelle qu’en soit la cause et ne comportent aucune exclusion du risque pandémique ». Ce que l’on ne savait pas, c’est le montant que représentent ces rares contrats.

En décembre 2020, Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France et vice-président de la Fédération française de l’assurance – ou FFA – a donc apporté des informations complémentaires. « Pour cette faible minorité, ça a représenté pour la profession 1,8 milliard de sinistres payés en 2020 », a-t-il indiqué lors d’une intervention sur BFM Business.

Covid-19 : les assureurs font-ils assez face à la crise ?

Selon Jean-Laurent Granier, de tels chiffres sont indicatifs de « l’évolution des primes l’année suivante », sous-entendant que les grosses sommes déboursées par les assureurs pour la prise en charge des sinistres justifient les hausses annuelles des tarifs assurantiels. En 2021 aussi, des augmentations avaient été anticipées par les spécialistes, dont certaines ont été confirmées.

Au milieu du débat autour du rôle des assureurs face à la crise sanitaire, deux arguments s’opposent. Pour certains, avec les économies réalisées par le monde de l’assurance en raison des mesures imposées pour ralentir le virus, il est logique que les assureurs contribuent significativement à l’effort national. C’est en définitive le positionnement du gouvernement. Par exemple, durant le confinement, Bercy estime que les assurances santé ont réalisé des économies à hauteur de 2,2 milliards d’euros. Cela a justifié la mise en place d’une taxe exceptionnelle de 1,5 milliard d’euros. De leur côté, les assureurs maintiennent que la crise sanitaire les a également impactés, et qu’il est difficile d’en connaître les répercussions alors que la pandémie n’est pas terminée. À cela, ils ajoutent qu’ils ont bel et bien mis en place des mesures exceptionnelles. C’est ce que rappelait le PDG de Generali France sur BFM Business : « Nous sommes le seul secteur professionnel à avoir contribué au fonds de solidarité à hauteur de 400 millions et nous avons eu des gestes extracontractuels dans beaucoup de compagnies ».

Entreprise verse 1,8 milliard
Les débats autour des pertes d’exploitation des entreprises liées à la pandémie de Covid-19 continuent.

Si Jean-Laurent Granier estime qu’il faut arrêter les « polémiques gratuites, stériles, inutiles, contre-productives et assises sur des contre-vérités », la situation est en fin de compte encore très compliquée. Depuis le début de la pandémie, un véritable bras de fer a lieu entre le gouvernement et les assureurs. Encore dernièrement, un houleux débat avait lieu autour des tarifs pour l’an prochain, en particulier concernant les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Début décembre, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a appelé les assureurs à geler leurs tarifs pour ces secteurs fragilisés, sans quoi il était déterminé à les contraindre. Une action prise comme un « chantage » par certains assureurs, mais qui a fini par payer, puisqu'ils se sont engagés à geler leurs primes assurantielles en 2021 pour les TPE et PME des secteurs les plus touchés par la crise.

Aujourd’hui, les discussions restent complexes. La préparation d’un nouveau régime d’assurance pandémie avait par exemple été positivement accueillie, pour finalement être largement critiquée puisque ce régime ne couvrira pas le Covid-19, et ne sera a priori pas obligatoire. Beaucoup craignent aussi qu’en raison de la taxe exceptionnelle imposée aux complémentaires santé, les tarifs des assurances santé explosent l’an prochain. En cette période très incertaine, les tensions ne semblent donc pas prêtent de s’apaiser.

Au vu de la situation actuelle, le gouvernement a décidé de revoir à la hausse l’effort financier pour lutter contre les conséquences économiques de la crise. Cela implique de débloquer davantage de fonds pour aider les entreprises, mais pas seulement. Montant global : 20 milliards d’euros, dont 8 milliards de crédits nouveaux, indiquent Les Échos. Le déficit public pour l’an prochain pourrait atteindre 8,5 % du produit intérieur brut – ou PIB.

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