Covid-19 : l’investissement financier des assureurs en question

Covid-19 : l’investissement financier des assureurs en question

Les assureurs ont-ils pris suffisamment de mesures pour participer à l’effort national en cette période de crise ? Le sujet fait l’objet de vastes et houleux débats. Au mois d’avril 2020, des amendements portés par la majorité visant à augmenter la contribution des banques et assurances au nouveau budget du plan d’urgence économique ont été rejetés. Une occasion manquée ?


  • En bref : Covid-19 : pas de nouvelle taxation pour les assureurs
  • Mi-avril 2020, lors de l’examen d’un budget rectificatif du plan d’urgence économique en France, des amendements ont été proposés par la majorité afin d’augmenter la contribution financière des banques et assurances ;
  • Après de longs débats, et malgré le soutien de l’opposition, les amendements ont été rejetés ;
  • L’impact global de la crise du Covid-19 sur le secteur des assurances est encore difficile à déterminer. Un rapport officiel doit être remis par le gouvernement d’ici à quatre mois ;
  • Ces dernières semaines, de nombreux assureurs ont mis en place des mesures exceptionnelles pour participer à l’effort national, d’un montant de 3,2 milliards d’euros au total, soutient la FFA.

Covid-19 : le débat houleux autour du rôle des assureurs dans la gestion de crise

Il ne passe pas une semaine, depuis le début de l’état d’urgence sanitaire décrété sur le territoire français, sans que la question du rôle des assureurs dans la gestion de cette crise ne se pose. De toutes parts, y compris celle du gouvernement, ils sont appelés à participer à l’effort national. Au mois d’avril 2020, face à la pression de plus en plus forte émanant de toutes parts, l’on a pu voir les démarches et les actions se multiplier de la part des assureurs, qui pour certains ont donc décidé de prendre des mesures inédites afin d’accompagner particuliers et entreprises. En réaction à la baisse des accidents de la route en raison du confinement – autour des 80 % –, la Maif a par exemple décidé de rembourser 2,8 millions d’assurés.

Depuis le début de la crise sanitaire en France liée au Covid-19, la question du rôle des assureurs est l’objet de nombreux débats.

Pour tenter de limiter l’impact économique de la crise du Covid-19 en France, le gouvernement a décidé de lancer un plan de sauvetage à 110 milliards d’euros. Une nouvelle fois, le rôle des assureurs a été évoqué. Doivent-ils participer à ce plan ? Fin avril, à l’Assemblée nationale, cette question a animé de multiples débats alors que l’on examinait le deuxième budget rectificatif de ce plan.

Comme cela est souvent le cas pour ce genre d’examen avant l’adoption d’un texte, des amendements ont été proposés. Parmi eux, portés par 80 députés LREM (La République En Marche), plusieurs visaient à officialiser et à augmenter la contribution financière des banques et des assurances.

Covid-19 : Le gouvernement met la pression sur les banques et assurancesLors de son allocution télévisée du lundi 13 avril 2020, le président de la République Emmanuel Macron avait à nouveau insisté sur l’importance pour les secteurs des banques et assurances de passer à la vitesse supérieure. « Je souhaite que les banques puissent décaler toutes les échéances beaucoup plus massivement qu’elles ne l’ont fait et les assurances doivent être au rendez-vous de cette mobilisation économique. J’y serai attentif », avait-il alors déclaré.

Covid-19 : rejet des amendements pour la participation des assureurs au budget rectificatif

L'aide apportée par les assureurs est-elle suffisante ?

Comme le rapportent Les Échos, pour les députés LREM qui portaient ces amendements, il était important qu’en cette période de crise généralisée, « l’effet d’aubaine » potentiel ne soit pas un sujet pour des assureurs « qui vont nécessairement devoir prendre en compte par exemple la chute du nombre de sinistres qu’ils couvrent liée à l’immobilisation des Français. » Pour la députée Émilie Cariou, l’enjeu était clair : « Nous voudrions que les assureurs fassent un geste, comme en Allemagne où ils ont accepté de couvrir 15 % de la perte d’exploitation », a-t-elle alors expliqué. Ainsi revenait le problème des pertes d’exploitation en temps d’épidémie, un risque qui n’est pas prévu dans les contrats assurantiels des entreprises.

Les discussions à ce sujet dépassent les murs de l’Assemblée, puisque l’établissement d’un nouveau régime assurantiel est aujourd’hui évoqué de toutes parts, lequel s’inspirerait de celui dédié aux catastrophes naturelles. Pour la députée socialiste Valérie Rabault, si « les clauses ne peuvent pas être modifiées rétroactivement », il serait bel et bien « possible de verser une compensation aux assurés ».

Malgré de longs débats et le soutien de l’opposition, le 17 avril 2020, les amendements ont été rejetés. Le texte final a quant à lui été adopté à une large majorité, précisent Les Échos.

Covid-19 : Les assureurs engagent plus de 3 milliards d’euros pour participer à l’effort nationalMi-avril 2020, la Fédération française de l’Assurance – ou FFA – annonçait que le coût de ses mesures exceptionnelles et collectives prises par les assureurs afin d’aider à la gestion de crise représentait un total de 3,2 milliards d’euros : 1,75 milliard d’euros pour des mesures extracontractuelles et 1,5 milliard d’euros destinés à un programme d’investissements global.

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