Prix de l'électricité et du gaz : ce qui change au 1er août 2017

C'est au milieu des vacances d'été qu'intervient l'évolution annuelle des tarifs réglementés de l'électricité, avec cette fois une hausse moyenne de 1,7% du prix du kWh. Comme pour compenser cette énième hausse, d'autres prix sont quant à eux à la baisse au 1er août.


Quel est le fournisseur d'énergie le moins cher en 2017 ?Découvrez le fournisseur d'électricité et de gaz le moins cher et économisez 200€/an en moyenne sur vos factures. Comparez !

Évolution au 1er août : l'électricité en hausse, le gaz en baisse

Électricité : la dernière hausse rétroactive d'une longue série

Le prix du kWh d'électricité au tarif bleu d'EDF augmente de 1,7% au 1er août, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels. Cette nouvelle hausse s'inscrit dans une décennie d'augmentations régulières, résultat de la progression des coûts d'exploitation du parc de centrales nucléaires français et du développement des énergies renouvelables. La hausse du prix de l'électricité de cet été a vocation, en majeure partie, à solder le manque à gagner enregistré par EDF sur l'année 2012, le niveau des tarifs réglementés n'ayant pas été suffisant pour couvrir ses frais sur cette période. Ce rattrapage, qui représente 190 millions d'euros, sera réparti entre les 3,3 millions d'entreprises et les 27,3 millions de foyers abonnés aux tarifs réglementés bleus. Il concernera aussi l'ensemble des clients ayant souscrit des offres à prix indexé (que ce soit chez EDF ou chez les fournisseurs concurrents), tout en épargnant les clients en offres fixes.

Centrale nucléaire EDF
Quelle que soit la politique du gouvernement en matière de nucléaire, le prix de l'électricité connaîtra de nouvelles hausses

La hausse du 1er août est aussi le résultat, à hauteur de 0,7 point, de la hausse des tarifs d'acheminement des gestionnaires de réseau Enedis et RTE (TURPE), lesquels représentent un petit tiers de la facture d'électricité. Cette hausse a été demandée par Enedis et RTE pour financer la rénovation des réseaux et leur développement pour le raccordement de nouvelles centrales à énergie verte.

Baisse des frais de mise en service d'EnedisBonne nouvelle pour les personnes en situation de déménagement : le coût de la mise en service du compteur électrique est en baisse de 26,23€ à 24,08€. Cette acte est facturé par le gestionnaire de réseau lors de votre arrivée dans un nouveau logement, que l'électricité soit coupée ou non. Cette baisse, qui concerne tous les compteurs de moins de 36 kVA, répercute les économies réalisées par Enedis grâce à l'introduction du compteur communicant Linky. Au terme du processus de déploiement, en 2021, le coût aura baissé à 13,20€. Les autres tarifs des prestations annexes d'Enedis (changement de puissance, etc.) ont eux augmenté de 0,2% le 01/08.


Gaz naturel : une nouvelle baisse

De son côté, le prix du kWh de gaz naturel au tarif réglementé GDF-Suez d'Engie enregistre une baisse moyenne de 0,8%. Elle est cependant plus réduite si vous utilisez le gaz naturel seulement pour la cuisson (-0,3%) ou pour l'eau chaude et la cuisson combinée (-0,5%). Cette baisse, qui sera en soi à peine perceptible sur la facture, s'inscrit dans la tendance baissière prononcée des prix du gaz de ces trois dernières années. Les tarifs réglementés du gaz ont ainsi enregistré un reflux de plus de 20% depuis le 1er janvier 2014, en répercussion de baisses conséquentes du prix du baril de pétrole et du gaz en gros. Une baisse des tarifs d'acheminement, au mois de juillet, a renforcé cette tendance. En revanche, les tarifs des prestations annexes de GRDF (mise en service des compteurs de gaz, etc.) ont augmenté le 1er juillet dernier de 1,1% pour les prestations hors raccordement et de 0,8% pour les prestations de raccordement au réseau de gaz.

Sur le semestre à venir : hausses à prévoir

Electricité : hausse des taxes en vue

Après la hausse rétroactive de cet été, qui avait vocation à solder le manque à gagner d'EDF au titre de l'exercice 2012, une nouvelle hausse rétroactive entrera bientôt en effet, pour rattraper les hausses insuffisantes enregistrées en 2014-2015. Le calendrier de cette hausse, qui représente 1 milliard d'euros (soit cinq fois plus que la hausse appliquée au 1er août 2017), n'a pas encore été annoncé. Il faut par ailleurs s'attendre à d'autres hausses découlant tout simplement de la montée des coûts de production de l'énergie nucléaire, qui suivent une courbe ascendante sur le long terme.

Sur les mois à venir, c'est une hausse des taxes qui pourrait impacter le prix de l'électricité. La Commission de régulation de l'énergie a annoncé une hausse de 17% par rapport à 2016 des charges de service public de l'énergie, lesquelles comprennent le financement du développement des énergies renouvelables et notamment de la filière biométhane. Le développement à vitesse accélérée de ces filières, mais aussi la chute du prix de l'électricité sur les marchés de gros1, pèse sur le budget de l'État. Ces charges de service public sont couvertes par une taxe sur la facture finale d'électricité, la CSPE, laquelle a connu des hausses régulières entre 2002 (année de son introduction) et 2016. En 2017, le gouvernement de Manuel Valls avait statué d'un gel de la CSPE, mais il est peu probable qu'il soit reconduit en 2018. Selon nos estimations, l'impact pourrait être de +3,8€/MWh, soit +3% sur le prix du kWh d'électricité au 1er janvier 2018.

Gaz naturel : hausse contextuelle pour la deuxième moitié 2017

Les marchés de gros semblent aujourd'hui stabilisés, entre hausse modérée de la consommation mondiale et diversification des sources de production, et les tarifs réglementés devraient donc se maintenir autour de leur niveau actuel. Sur les derniers mois de 2017, on s'attend cependant à une hausse contextuelle qui combine deux facteurs. D'une part, le cours du baril de pétrole est reparti à la hausse en juillet, en répercussion des tensions politiques au Venezuela, un pays exportateur de pétrole. Ces tensions devraient se prolonger avec l'annonce, au 1er août, de sanctions économiques des États-Unis. D'autre part, une hausse des tarifs réglementés est traditionnellement attendue entre les mois de septembre et de janvier, alors que la demande en gaz augmente à l'approche de la saison de chauffe.

gaz dans une main
Les prix du gaz sont fortement indexés sur ceux du pétrole.
 

La fin des tarifs réglementés du gaz, c'est pour quand ?Jugés "contraires au droit de l'Union européenne", les tarifs réglementés seraient voués à disparaître dans les années à venir. Le gouvernement a cependant la volonté de lisser le processus de sorte à ce que la transition "se fasse le moins douloureusement possible". Pour en savoir plus : "Les tarifs réglementés du gaz devraient bientôt disparaître"


1 Lorsqu’il rachète l’électricité verte produite, l’État peut être tenu de le faire à un prix fixé au préalable, lequel dépasse largement les cours sur le marché, ce qui induit un surcoût important.

Mis à jour le