L'Agence internationale de l’énergie et le FMI en faveur d'une "relance durable"

Eolienne
Le développement des énergies renouvelables est capital pour faire baisser les émissions mondiales de CO2.

Pour relancer l'économie suite à la crise sanitaire mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont travaillé conjointement sur un rapport. Publié le 18 juin et estimé à 3 000 milliards de dollars sur 3 ans, ce "plan de relance durable" propose diverses mesures pour booster l'économie sans mettre de côté l'écologie. A la clé ? Une croissance économique annuelle mondiale de 1,1 %, 27 millions d'emplois créés et une baisse de 5 % par an des rejets de gaz à effets de serre. Mais alors, dans les grandes lignes, quelles sont les propositions des deux organismes ?


Covid-19 : repenser la place des énergies fossiles dans le "monde d'après"

Pour assurer une relance verte, l'AIE appelle les gouvernements à réduire la place des énergies fossiles dans leur mix énergétique. Notamment, elle invite à une diminution du recours au charbon dans la production d'électricité. Selon elle, les projets en construction se basant sur le charbon doivent être revus à la lumière des engagements internationaux visant à réduire les émissions de CO2. En effet, au début de l'année 2020 plusieurs chantiers de centrales à charbon ont été lancés. Ces dernières représentent 130 GW de capacité de production d'électricité.

Si une sortie totale des énergies fossiles s'avère compliquée, pour l'AIE, il serait plus intéressant, actuellement, d'utiliser comme combustible le gaz naturel. Celui-ci est particulièrement économique au vu de la baisse historique des cours et émet deux fois moins de CO2 que le charbon.

Développer les énergies renouvelables

électricité verte

Le développement des énergies renouvelables est l'un des chevaux de bataille de l'AIE. Mais pour cela, encore faut-il que les réseaux électriques soient en capacité d'accueillir l'électricité produite.

Pour favoriser l'injection d'électricité verte, l'AIE recommande de moderniser les réseaux existants. En parallèle, celle-ci engage les pouvoirs publics à soutenir les filières éoliennes et solaires. En effet, s'il on en croit l'agence, il s'agit des énergies les plus résilientes. Elles sont synonymes de croissance verte.

Et pour cause, elles se présentent comme des moyens de production décentralisés. C'est notamment vrai pour l'énergie solaire. Par le biais de l'autoconsommation photovoltaïque, les citoyens se convertissent en producteur d'électricité. Pour eux, cela génère trois bénéfices majeurs :

  • Une moins grande dépendance au réseau qui se traduit par une réduction de la facture d'électricité ;
  • Une possibilité de complément de revenus (à condition d'opter pour l'autoconsommation avec revente du surplus) ;
  • Un engagement en faveur de la transition énergétique.

"L'éolien et le solaire ont montré une certaine immunité à la crise de Covid-19 et seront la seule source d'énergie à croître en 2020, bien que les nouvelles constructions devraient diminuer d'environ 15% en 2020. L'énergie solaire photovoltaïque et éolienne supplémentaire pourrait créer rapidement un grand nombre d'emplois et réduire les émissions de CO2 de manière notable, mais cela nécessitera un soutien politique."
Agence Internationale de l'Energie

Et le nucléaire dans tout ça ?

centrale nucléaire

En outre, l'AIE semble prendre position en faveur de l'énergie nucléaire. Dans son rapport, elle rappelle que l'énergie nucléaire et l'énergie hydraulique représentent, à elles deux, "70% de toute l'électricité à faible émission de carbone" dans le monde. C'est pourquoi, elle souhaite inciter les Etats à assurer la maintenance des parcs existants, voire à construire de nouvelles infrastructures.

"La modernisation des installations hydroélectriques et des centrales nucléaires existantes éviterait une forte baisse de la production d'électricité à faible émission de carbone. La nouvelle construction stimulerait davantage la production à faible émission de carbone et pourrait également être envisagée."
Agence Internationale de l'Energie.

Une affirmation qui va à contre-courant de la stratégie énergétique de la France. L'Hexagone prévoit de fermer 14 réacteurs nucléaires d'ici 2035. Cela a déjà commencé : le premier réacteur de Fessenheim a été arrêté début 2020 et le second réacteur cessera ses activités fin juin 2020.

Transition énergétique : limiter le gaspillage des bâtiments

maison consommation

Enfin, en plus de "verdir" la production d'énergie, la solution la plus efficace réside dans la réduction des consommations d'énergie. Pour cela, le mieux reste d'entamer des plans nationaux de rénovation énergétique des bâtiments. Le secteur résidentiel représente une grande partie des rejets de CO2 dans le monde.

Les chiffres sont parlants. Rien qu'en France, selon le rapport du Centre technique de référence en matière de pollution atmosphérique et de changement climatique (CITEPA) 2019, il contribue à hauteur de 20% aux émissions nationales de gaz carbonique.

D'autre part, l'AIE demande aux gouvernements de déployer des normes de performance énergétique plus exigeantes concernant les bâtiments neufs. En effet, une meilleure isolation induit un recours moins important au chauffage en hiver et à la climatisation en été, à savoir deux postes de dépenses majeurs.

"Le chauffage et la climatisation des locaux représentent aujourd'hui près de 40% de l'énergie consommée par les bâtiments et 42% des émissions de CO2."
Agence Internationale de l'Energie

Bon à savoirA l'heure de l'été, de nombreux ménages sont tentés par l'installation d'un climatiseur. Pour autant ce n'est ni une bonne idée pour leur pouvoir d'achat, ni pour la planète. L'usage d'un climatiseur représente environ 224€ par an sur la facture d'électricité. De plus, ils sont grandement responsables du réchauffement climatique. Pour allier économies et écologie, le ventilateur apparait comme une meilleure solution.

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