Insurtech France : les nouveaux acteurs de l’assurance unissent leurs forces

Insurtech France : les nouveaux acteurs de l’assurance unissent leurs forces

Les fins d’année sont souvent des périodes de bilan, mais celle de 2020 a offert un commencement : le lancement du premier groupement d’assurtechs dans le pays. Insurtech France est un projet ambitieux, porté par des valeurs communes et la détermination de changer le marché asssurantiel, durablement.


  • En bref : Insurtech France, le premier groupement d’assurtechs françaises
  • En 2020, le secteur assurantiel a lui aussi été touché par la crise sanitaire liée au Covid-19, pourtant, certains acteurs du marché ont réussi des levées de fonds spectaculaires ;
  • C’est notamment le cas de l’assurtech Alan, laquelle a levé 50 millions d’euros l’an dernier ;
  • Désormais, la place des assurtechs au cœur du marché français est indéniable ;
  • L’annonce en fin d’année de la création du « premier groupement des nouveaux acteurs de l’assurance » est ainsi importante ;
  • En se regroupant et en s’organisant, les assurtechs renforcent leur position et travaillent à imposer leur « vision commune » de l’assurance sur le marché français, encore dominé par les acteurs traditionnels ;
  • Une trentaine d’acteurs du secteur assurantiel ont déjà adhéré à Insurtech France.

Assurtechs : le futur de l’assurance ?

Les assurtechs, ou insurtechs en anglais, font désormais pleinement partie du paysage de l’assurance. Leur multiplication et leur succès sont la manifestation d’un changement profond dans le modèle du secteur, motivé par les nouvelles réalités de notre époque et les attentes des consommateurs. En plus de la métamorphose s’opérant ces dernières années, la pandémie de Covid-19 a également participé à la digitalisation du marché assurantiel. En France, le succès de compagnies telles que Seyna, Coverd, Alan, Lovys, Leocare ou encore Luko prouve que les choses bougent et que les acteurs traditionnels de l’assurance font face à une concurrence déterminée.

insurtech france
Ces dernières années, les assurtechs ont peu à peu bouleversé le modèle assurantiel.

La décision de la Fédération française de l’assurance – ou FFA – d’accompagner les assurtechs avec son Hub, soit un espace de travail collaboratif, est également un indicateur fort du tournant pris par le secteur assurantiel. Il semble donc logique de voir naître des dispositifs de plus en plus voués à accompagner et aider les assurtechs. Des entreprises qui fleurissent sur le marché français et ne demandent qu’à grandir. L’offre de ces dernières est attractive, car elles se disent en rupture avec les assureurs traditionnels. Dans leur communication, elles mettent en avant le besoin de transparence, la simplicité de leurs produits assurantiels, leur flexibilité et leur accessibilité. En somme, elles veulent réconcilier les consommateurs avec l’assurance.

Fin 2020, le lancement d’Insurtech France, le premier groupement destiné à ces nouveaux acteurs de l’assurance est passé relativement inaperçu. Pourtant, sa création est loin d’être anecdotique. Une telle structure prouve que les assurtechs sont désormais incontournables sur le marché. Le déploiement d’un espace de structuration comme celui-ci confirme cela.

Assurtechs, les levées de fonds qui ont marqué 2020Mondialement, la France est loin d’être le leader du secteur de l’assurtech. Néanmoins, malgré la crise sanitaire qui a traversé l’année 2020, certaines jeunes pousses ont résisté. L’on pourrait mentionner la levée de fonds spectaculaire d’Alan, de 50 millions d’euros  celle de Leocare, avec 2,2 millions d’euros ; Coverd, avec 1,2 million d’euros ; ou encore Descartes Underwriting, avec 15,7 millions d’euros. À noter qu’en 2019, Descartes Underwriting avait reçu le prix d’insurtech de l’année lors de l’Insurtech Business Week.

Insurtech France : les débuts d’un projet ambitieux

L’idée derrière Insurtech France est simple : réunir les assurtechs pour faciliter la représentation de ces dernières dans le paysage assurantiel français, mais également auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution – ou ACPR –, soit le régulateur de l’assurance, des consommateurs et des institutions. Dans son communiqué officiel, Insurtech France affirme vouloir « promouvoir l’excellence et la diversité des initiatives du secteur en France et à l’étranger ».

C’est Assurly, une assurtech spécialisée dans l’assurance emprunteur, et Seyna qui ont lancé le projet. Rappelons qu’en trente-six ans, Seyna est le premier assureur indépendant à avoir obtenu un agrément de l’ACPR pour des activités d’assurance dommages. Les deux initiateurs ont été rapidement suivis, et au total une trentaine d’acteurs ont décidé de se joindre à l’aventure : néoassureurs, néocourtiers, VC, prestataires et influenceurs, indique le communiqué. On compte 24 entreprises adhérentes à ce jour.

S’il est une chose que le secteur de l’assurance sait, c’est bien l’importance de la mutualisation. Grâce à une organisation plus maîtrisée et structurée, les assurtechs françaises bénéficieront d’un véritable avantage par rapport aux autres. Cela leur procure un espace d’échange et de collaboration, et la possibilité de travailler aux côtés d’acteurs dont la vision du secteur assurantiel est similaire à la leur. Car, ne l’oublions pas, au centre d’Insurtech France, il y a bien l’idée de regrouper des acteurs assurantiels qui privilégient un modèle précis, avec la technologie en son cœur.

insurtech france
Que réserve 2021 au monde de l’assurtech ?

Cette « vision commune » de l’assurance, élevée au rang de « bien social », est mise en avant par Insurtech France. Le groupe veut « mettre la technologie au service des clients, pour leur garantir une assurance plus compétitive, simple, transparente et au juste prix ».

Pour Philippe Mangematin, PDG de Seyna, « nous avons la chance d’avoir en France des projets de plus en plus nombreux et ambitieux au service de l’innovation dans l’assurance. La France est devenue un des premiers pays dans ce domaine, et la formation d’Insurtech France vise à accélérer la dynamique actuelle et promouvoir les différentes initiatives du secteur. »

Chaque mois et demi, des groupes de travail se tiendront afin de discuter des divers sujets impactant le secteur, des différents enjeux qui le traversent. Le but sera pour Insurtech France d’aboutir à un bilan sur les différentes démarches et mesures prises, ce qu’elles apportent aux assurés, et de publier des livres blancs. Leur projet est longuement détaillé dans un document disponible en ligne.

Les acteurs d’Insurtech France indiquent être réunis autour de cinq valeurs : « simplicité, accessibilité, respect de la vie privée, utilité, transparence et éthique », et de quatre missions  : « échanger, promouvoir, accompagner, fédérer ». L’année 2021 devrait donc être synonyme de changement et d’action, puisque les acteurs de ce groupement représentent à eux seuls quelque 400 000 assurés.

Fin 2019, le marché de l’assurance représentait un chiffre d’affaires de 227,9 milliards d’euros. Cela représentait en hausse de 3,8 % par rapport à 2018 (chiffres de la FFA).

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