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Transport, bâtiment, énergies vertes : quelles sont les grandes lignes de la PPE ?

François de Rugy a exposé les futures lignes directrices de la PPE dans une interview à Libération.

Alors que la présentation de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) approche, François de Rugy en a dévoilé les grandes lignes au quotidien Libération. Pour vous aider à mieux comprendre le futur texte, Selectra a synthétisé l'interview pour vous en extraire l'essentiel.

Transports, "gilets jaunes" et hausse des carburants

"Nous visons une baisse de 40 % de la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030. Cette baisse sera à décliner dans deux secteurs : transports et logement." explique le Ministre de la Transition écologique et solidaire. Dès lors, il reste sur la même position que les autres membres du gouvernement concernant les "gilets jaunes", ces Français "pris au piège d’un mode de vie centré autour du «tout voiture»" et ne remet pas en cause les hausses des taxes sur les carburants, la jugeant au contraire nécessaire à la transition écologique. En effet, le but du gouvernement est d'inciter les Français à opter pour un mode de transport moins polluant. C'est à dire en changeant pour une voiture hybride ou électrique moins polluante grâce à "la prime à la conversion" avec l'objectif d'atteindre "20 % des ventes pour les électriques en 2030"

A long terme, le gouvernement estime que le changement de véhicule permettra aux Français de gagner en pouvoir d'achat en étant moins dépendant des énergies fossiles. A ce titre, le Ministre souhaite impliquer la filière agricole dans la production de carburant vert en se fixant "15 % de carburants non fossiles dans la consommation finale de carburant". Une mesure qui apparait comme envisageable puisque la France, via le groupe Avril qui a développé un carburant 100% vert : Oleo 100.  

Bâtiment, chaudières au fioul et rénovation thermique

La réduction de la dépendance aux énergies fossiles devra également se faire dans le secteur du BTP. En effet, le Ministre appuie les propos d'Edouard Philippe concernant la fin des chaudières à fioul à horizon 10 ans. "Comme le Premier ministre l’a indiqué, nous voulons aider tous les Français à sortir du chauffage au fioul d’ici 10 ans, car c’est l’énergie de chauffage la plus carbonée et celle dont le coût va le plus augmenter avec la fiscalité sur le carbone." fait-il savoir. Pour ce faire, l'Etat propose une mesure identique à celles des transports : une prime à la conversion sur les chaudières

Par ailleurs, pour aller plus loin et lutter contre les "passoires thermiques", les bâtiments qui génèrent beaucoup de déperditions d'énergie, le Ministre veut proposer des mesures similaires, dès 2020 "pour le remplacement du simple vitrage et des radiateurs électriques les moins efficaces". Des mesures qui pourraient aider les consommateurs à faire baisser leur facture énergétique, puisque les doubles vitrages par exemple aident à réduire de 10 à 15% l'énergie nécessaire pour le chauffage. En matière de travaux d'isolation thermique, le gouvernement envisage aussi de réformer le crédit d’impôt transition énergétique (CITE) pour permettre aux foyers les plus modestes d'y avoir accès par le biais de l'Agence Nationale pour l'Habitat (Anah). 

Energies renouvelables et place du nucléaire

La PPE devrait donner une place plus importante aux énergies renouvelables puisque le gouvernement veut atteindre "40 % d’énergies renouvelables dans la production d’électricité" à horizon 2030, ainsi que "10 % de gaz renouvelable". Des objectifs ambitieux quand le gaz renouvelable ne constitue aujourd'hui que 0,1% de la consommation et que 75% de la production d'électricité est liée à l'énergie nucléaire

En revanche, concernant l'atome, la PPE révisera les prétentions du gouvernement à la baisse en visant "50 % de nucléaire en 2035" et non à horizon 2025, comme prévu aujourd'hui par la loi. Une révision nécessaire, selon François de Rugy, afin d'accélérer la fermeture des centrales à charbon. 

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