Transition écologique : que compte faire François de Rugy ?

François de Rugy a dévoilé les grandes lignes de sa politique au journal le Monde.

Fraichement nommé ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, un grand nombre de chantiers sensibles s'ouvrent à François de Rugy : glyphosate, nucléaire, transition énergétique, transports, etc. Dans un entretien au journal le Monde paru ce jour, l'ancien occupant du perchoir expose ses priorités. Pour vous aider à mieux comprendre ce que François de Rugy a en tête pour les quatre années à venir, l'équipe de Selectra vous résume l'interview. 

Gérer l'après Hulot

Conscient de la multitude et de l'importance des dossiers dont est responsable son ministère, François de Rugy souhaite s'engager sur le long terme, contrairement selon lui à son prédécesseur. "Dès le début, Nicolas Hulot a envisagé que ce serait pour un temps court. Je lui avais dit à plusieurs reprises de s'inscrire dans la durée. Il a fait un autre choix." explique celui qui estime avoir "quatre années utiles" pour changer les choses. 

Il salue toutefois, l'action de Nicolas Hulot, très populaire aux yeux des Français, vantant "la fermeture accélérée des centrales à charbon", "la prime à la conversion, qui permet d'inciter les ménages, particulièrement ceux aux revenus modestes, à acquérir des véhicules plus propres, neufs ou d'occasion.", "l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, "l'arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim et "l'interdiction de toute nouvelle recherche et exploitation d'hydrocarbures sur le territoire français".

Nucléaire et énergies vertes

Sujet sensible, le nucléaire est l'un des chantiers premiers du nouveau ministre qui souhaite "sortir de la guerre de religion" sur le sujet. Pour lui, "l'important est de savoir quelles sont les données économiques dans le domaine du nucléaire et dans le domaine des énergies renouvelables." Si l'écologie est un sujet important, elle va pour lui de pair avec l'économie : "l'écologie et l'économie marchent la main dans la main" car "l'énergie et les transports" demandent "des investissements". En cela il n'est pas favorable à la construction d'un nouvel EPR, un réacteur nucléaire, pourtant demandé par EDF. "Il faudrait déjà qu'EDF fasse la démonstration que l'EPR fonctionne, ce qui n'est pas encore le cas." et qu'il "est compétitif au niveau des coûts".

Convaincu que parfois "l'écologie permet de faire des économies", il fait savoir que la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) présentée en octobre prochain "devra trouver le chemin pour arriver à cet équilibre entre 50 % de nucléaire et 50 % d'énergies renouvelables dans le meilleur calendrier". 

Partisan d'une écologie positive 

Il espère donc que la France pourra s'engager davantage dans la transition énergétique "en gardant en tête qu'on peut obtenir des améliorations technologiques, comme sur le stockage d'énergie, par exemple, ce qui augmenterait encore la compétitivité des énergies renouvelables".

Ainsi on peut dire qu'en matière d'environnement, François de Rugy n'est pas adèpte des positions churchilliennes : "Je crois qu'il est plus motivant de montrer des choses qui marchent. Je préfère m'appuyer sur l'écologie positive plutôt que de promettre du sang et des larmes, discours qui finit par être démotivant pour les citoyens." C'est pourquoi, en entrant au gouvernement, il se fixe comme objectif de donner "la priorité à la rénovation des bâtiments existants, aux transports du quotidien plutôt qu'aux investissements dans des infrastructures nouvelles."

"Ma méthode, c'est le dialogue" affirme-t-il et notamment avec les lobbys. Pour lui, cela permet de mieux avancer sur les dossiers mais aussi de mieux comprendre qui sont les acteurs et leurs intérêts. "Je préfère que les lobbys agissent à visage découvert." fait-il savoir. 

Le dialogue sera également renforcé avec Emmanuel Macron et Edouard Philippe qui "ne viennent pas du mouvement écologiste" afin de "travailler ensemble pour faire avancer la transition". A ce titre, il fait savoir que le budget de son ministère sera réévalué à la hausse

Ecologie et union européenne

Le nouveau ministre semble plutot pro-européen : "S'il y a bien un domaine dans lequel il est important d'approfondir la construction européenne, c'est l'écologie, et notamment l'énergie".  En effet, les Etats ont selon lui "tout intérêt à se coordonner, par rapport à nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre mais aussi en termes économiques." Toutefois, en tenant compte des specificités nationales et non "mener une politique depuis Bruxelles, appliquée partout sans distinction." 

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