Précarité énergétique : situation aggravée par la Covid-19 ?

précarité énergétique
La précarité énergétique touche 1 ménage sur 5 en France. Ce phénomène pourrait être amplifié par la crise sanitaire.

L'épidémie de Covid-19 aura eu des conséquences dramatiques. En effet, depuis le début de la crise sanitaire les ménages ont eu tendance à perdre en revenus alors même que les factures d'énergie augmentaient face au confinement. Une situation qui pourrait malheureusement conduire à une hausse du phénomène de précarité énergétique. Explications.


La précarité énergétique, qu'est-ce que c'est ?

Pour bien comprendre ce qu'est la précarité énergétique, il convient d'en poser une définition.

« Est en situation de précarité énergétique une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat.»

De manière générale, on considère que lorsque l'un ménage dépense 8% de ses revenus ou plus à se chauffer et à s'éclairer, il est en situation de précarité énergétique.

En 2019, 11,9 % des ménages, soit 3,5 millions de ménages, sont en situation de précarité énergétique en France métropolitaine selon l'Observatoire National de La Précarité Énergétique (ONPE). Cela correspond à 1 ménage sur 5 environ.

Les causes de la précarité énergétique

Les causes de la précarité énergétique sont nombreuses et souvent multiples :

  • Des revenus modestes ;
  • Un logement mal isolé, voire une passoire thermique. Une passoire thermique est un logement extrêmement énergivore. Il présente une étiquette énergie F ou G au diagnostic de performance énergétique.
  • Un système de chauffage vétuste, etc.

Confinement et hausse des factures d'énergie

Près de 12% des ménages sont en situation de précarité énergétique. C'est sans compter les effets de la crise sanitaire. Les vagues de confinement ont eu tendance à faire grimper les factures des ménages. Plus présents chez eux, les consommateurs particuliers ont eu un recours plus important à l'électricité et au gaz. Pendant le premier confinement, les factures d'énergie ont pu augmenter de 18 à 97 € supplémentaires par mois.

Le deuxième confinement, en hiver, a pu peser davantage. Engie prévoyait une hausse de 20% de la facture d'électricité. Pourquoi ? Simplement du fait de l'allumage des radiateurs électriques. Il faut rappeler que, selon l'Ademe, 60% de nos dépenses en énergie imputent au chauffage.

Les ménages modestes ont forcément été plus impactés. Entre perte de revenus et hausse de la facture d'énergie, l'effort énergétique a été plus important. On peut penser que les impayés risquent d'exploser en 2020. Du fait de la prolongation de la trêve hivernale, de nombreux ménages ont arrêté de payer leur factures d'énergie. Au vu des difficultés financières, ils ont concentré leurs dépenses sur l'essentiel : leur alimentation.

Il est trop tôt pour se prononcer sur des chiffres exacts. En effet, l'ONPE n'a pas encore fait paraitre son bilan sur l'année 2020.

Les personnes aux revenus modestes qui vivent dans une passoire thermique subissent systématiquement une double peine : leurs ressources financières sont bien plus faibles que la moyenne alors que leurs consommations d’énergie sont plus élevées. Marie Moisan, coordinatrice du réseau Rappel, ensemble d'ONG qui luttent contre le mal-logement

Lutte contre la précarité énergétique : quelles aides de l'Etat ?

Face à ce problème de grande ampleur, les autorités publiques ont mis en place des aides pour lutter contre la précarité énergétique. Elles permettent de protéger les familles les plus modestes.

La trêve hivernale

La trêve hivernale a lieu tous les ans du 1er novembre au 31 mars. Elle protège les ménages modestes des expulsions locatives mais aussi des coupures de gaz et d'électricité.

Pendant cette période, les fournisseurs ne peuvent pas demander de coupure d'alimentation en énergie à :

  • Enedis, le gestionnaire de réseau d'électricité ;
  • GRDF, le gestionnaire de réseau de gaz./li>

Les ménages sont protégés, même en cas de factures impayées. En revanche, les fournisseurs peuvent procéder à des réductions de puissance sur le compteur électricité, sauf pour les bénéficiaires du chèque énergie. Ces derniers ne peuvent subir des réductions de puissance.

Une trêve hivernale prolongée en 2021Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement a annoncé que la trêve hivernale sera prolongée de deux mois en 2021. En raison de l'épidémie de Covid-19, elle prendra fin le 1er juin 2021 au lieu du 31 mars 2021.

Le chèque énergie

Distribué aux ménages modestes, le chèque énergie est une aide qui permet de participer au paiement des factures d'énergie. D'un montant compris entre 48€ et 277€, il peut servir à régler en partie ou en totalité une facture de :

  • gaz naturel ;
  • électricité ;
  • fioul ;
  • bois de chauffage ;
  • propane, etc.

Il peut également servir à régler des travaux d'isolation de ou rénovation thermique réalisés par un professionnel RGE.

Les aides à la rénovation énergétique

Pour mieux se chauffer, il faut isoler son logement et remplacer sa vieille chaudière. En effet, cela permet d'éviter les déperditions d'énergie. Ce faisant on économise sur la facture de chauffage. Pour engager les ménages à entamer des travaux de rénovation thermique, les pouvoirs publics ont mis en place des systèmes d'aides.

Selon une étude réalisée dans le cadre du programme “Toits d’Abord” de la Fondation Abbé Pierre, un logement rénové induit pour le ménage 900 euros de gain par an sur la facture d’énergie. France Michel, Responsable de programmes à la Fondation Abbé Pierre

Elles peuvent prendre la forme de subventions, comme :

  • La Prime Energie, octroyée par les fournisseurs d'énergie dans le cadre des Certificats d'Economies d'Energie (CEE), elle concerne tous les ménages sans conditions de ressources ;
  • MaPrimeRenov', une aide de l'Agence Nationale de l'Habitat (ANAH). Elle est ouverte à tous les foyers depuis octobre 2020. Son montant est plafonné à 20 000 euros par ménage, sur une période de 5 ans ;
  • Le chèque énergie.

D'autres aides sont distribuées sous forme de crédit bancaire. C'est le cas de :

  • l'Eco-Prêt à Taux Zéro (Eco-PTZ). Un crédit à taux nul d'un montant maximal de 30 000 € ;
  • Les aides d'Action Logement. Des prêts dont les taux d'intérêt sont faibles.

Enfin, les travaux de rénovation thermique donnent lieu à un taux de TVA réduit à 5,5% au lieu de 20%. Pour en bénéficier, il faut faire appel à des professionnels RGE.

Bon à savoir :Pour faire baisser ses factures énergétiques, un ménage peut changer de fournisseur d'énergie. Cela peut induire jusqu'à 200 € par an de gain sur la facture d'énergie. Pour trouver le fournisseur le moins cher, le plus simple reste de comparer les offres d'électricité et de gaz. C'est gratuit et sans engagement.

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