Électricité : l'Autorité de la concurrence doute de l'efficacité du nouveau "bouclier tarifaire"

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Alors que les ménages et les entreprises espèrent un prix de l'électricité stable à l'avenir, l’Autorité de la concurrence vient de rendre publics deux avis cruciaux qui jettent un pavé dans la mare. En pointant du doigt un coût estimé à au moins deux milliards d’euros par an pour le seul mécanisme de capacité, le gendarme de la concurrence remet en cause l'efficacité du bouclier censé protéger les Français. Ces nouvelles règles, complexes et potentiellement inflationnistes, garantissent-elles vraiment la protection du consommateur ou préparent-elles le terrain à de nouvelles hausses sur la facture ?
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Une course contre la montre aux conséquences lourdes
Les services de l’État et les acteurs du marché ont travaillé dans une urgence absolue pour mettre sur pied le cadre réglementaire qui succède à l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique) depuis le 1er janvier 2026.
L’Autorité de la concurrence déplore d'ailleurs, dans ses avis publiés le 9 février 2026, n'avoir disposé que d'un temps « extrêmement réduit » pour analyser des textes pourtant fondamentaux pour l'avenir énergétique du pays. Cette précipitation soulève des inquiétudes légitimes quant à la robustesse des mécanismes adoptés.
Deux piliers soutiennent désormais l'architecture du marché : un mécanisme de capacité entièrement refondu et centralisé, et le fameux Versement Nucléaire Universel (VNU). Si l'intention affichée par les pouvoirs publics reste la protection du pouvoir d'achat face à la volatilité des marchés, l'analyse technique des textes révèle des failles qui pourraient peser sur le budget des ménages. L'Autorité de la concurrence ne cache pas ses réserves sur plusieurs points critiques.
ARENH, VNU, capacité : de quoi parle-t-on vraiment ?
Pour mieux comprendre les enjeux soulevés par l’Autorité de la concurrence, voici un tour d'horizon rapide des trois piliers de la réforme :
- L'ARENH : Ce dispositif, terminé fin 2025, imposait à EDF de vendre son électricité nucléaire à prix fixe (42 €/MWh) à ses concurrents pour en faire profiter les consommateurs.
- Le VNU : Le Versement Nucléaire Universel remplace l'ARENH. C'est une redistribution financière : si EDF gagne trop d'argent grâce au nucléaire, une partie est reversée sur votre facture sous forme de remise.
- Le mécanisme de capacité : C'est une "assurance sécurité" pour le réseau. Ce mécanisme rémunère les centrales pour qu'elles soient prêtes à produire lors des pics de froid l'hiver, même si elles ne fonctionnent que quelques heures par an.
Le mécanisme de capacité : une facture salée pour les ménages
Le premier point de friction concerne la sécurité d'approvisionnement, c'est-à-dire la garantie d'avoir de l'électricité même lors des pics de froid hivernaux. Le nouveau système centralise désormais tout autour de RTE (Réseau de Transport d'Électricité), filiale d'EDF. Concrètement, RTE achète les garanties de capacité et refacture le tout aux fournisseurs via une taxe. Ce changement, qui semble technique, a un impact financier direct.
L'Autorité de la concurrence s'alarme du coût de ce dispositif : une facture annuelle d'au moins deux milliards d'euros.
Plus inquiétant encore, le passage à un modèle centralisé modifie l'assiette de la TVA. Là où le consommateur payait auparavant une part du coût, la fiscalité va s'alourdir mécaniquement, augmentant la note finale sans que la qualité du service ne change. Le gendarme de la concurrence regrette amèrement l'absence d'évaluation précise de ce surcoût pour le consommateur final dans les études d'impact.
De plus, la position centrale de RTE, détenue majoritairement par EDF, pose la question de l'indépendance. L'Autorité insiste sur la nécessité d'une surveillance accrue de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) pour éviter que le dimensionnement de la demande (combien d'électricité nous avons besoin) ne soit surestimé, ce qui ferait artificiellement grimper les prix au profit des producteurs.

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Le VNU : un bouclier qui ignore l'hiver ?
Le successeur de l'ARENH, baptisé Versement Nucléaire Universel (VNU), est censé reverser aux consommateurs une partie des bénéfices d'EDF lorsque les prix de marché s'envolent. Sur le papier, la promesse est séduisante.
Mais dans le détail, le mécanisme apparaît moins protecteur que l'ancien système. L'Autorité note que ce versement ne se déclenchera que lors des crises majeures, laissant les consommateurs exposés aux fluctuations "normales" mais potentiellement élevées du marché.
Le point le plus paradoxal relevé par l'Autorité concerne la période d'application de ce versement. Le projet prévoit une application par défaut d'avril à octobre. Une aberration pour de nombreux observateurs : cela signifie que la protection financière ne s'appliquerait pas durant les mois d'hiver (de novembre à mars), précisément au moment où les Français chauffent leur logement et consomment le plus d'électricité.
Cette saisonnalité crée une inégalité flagrante. Les consommateurs qui se chauffent à l'électricité seront les grands perdants par rapport aux industriels ou aux professionnels dont la consommation est stable toute l'année. Le "bouclier" risque donc d'être inactif au moment où les factures sont les plus lourdes.
Les fournisseurs pris en étau financier
Au-delà du consommateur, ce sont les fournisseurs alternatifs qui risquent de souffrir de la complexité de cette "usine à gaz". Le système oblige les fournisseurs à appliquer la réduction de prix (le VNU) sur les factures des clients avant même d'avoir touché la compensation de l'État.
Cette obligation de faire l'avance de trésorerie pourrait fragiliser les acteurs les plus modestes du marché, réduisant ainsi la concurrence face au géant EDF.
Si des mécanismes d'acomptes sont prévus, la complexité administrative et le besoin en fonds de roulement restent des barrières à l'entrée que l'Autorité pointe du doigt. Moins de concurrence signifie souvent, à terme, moins de choix et des prix moins attractifs pour le client final.
Face à ces constats, l'Autorité de la concurrence a validé les textes pour ne pas bloquer le marché, mais demande instamment qu'un bilan complet soit dressé d'ici trois ans. Il s'agira de vérifier si, comme le craignent les experts, ce nouveau système ne s'est pas transformé en une machine à augmenter les factures sous couvert de transition énergétique.

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