Electricité : qui sont ces fournisseurs historiques qui couvrent encore 5 % du territoire français ?

Le marché de l'électricité demeure en situation quasi-monopolistique sur 5% du territoire français.

La concurrence sur le marché de l'électricité est de plus en plus rude. De fait, EDF, l'opérateur historique d'électricité est en perte de vitesse face à ses concurrents. Pourtant sur 5% du territoire le marché reste en quasi-monopole du fait des entreprises locales de distribution (ELD)

Que sont les entreprises locales de distribution (ELD) ?

Les ELD sont des structures ayant refusé de fusionner avec EDF lors de la loi de nationalisation de l'électricité en 1946. Si ces dernières ont pu refuser, c'est parce qu'elles appartenaient à des communes qui ont décidé de rester indépendantes en matière d'énergie. Environ 150 acteurs de ce type assurent un maillage de 5% du territoire français. Loin d'être cantonnées aux territoires ruraux elles sont parfois présentes dans des villes importantes,comme GEG à Grenoble, ES à Strasbourg ou encore UEM à Metz, et sont à même de proposer aux consommateurs le tarif « bleu » réglementé. Afin d'être toujours plus concurrentielles et de sortir de leurs territoires, certaines EDL n'ont pas hésité à fusionner, comme Alterna fondée en 2005, issue du regroupement d'une vingtaine d'ELD. Elles existent également dans le domaine du gaz. 

L'harmonisation des systèmes d'information permettrait plus de concurrence

La concurrence n'est évidemment pas prohibée sur ces territoires, mais, selon le Médiateur de l'énergie « les fournisseurs alternatifs n'ont que rarement investi ces zones pour proposer aux particuliers des offres de marché, estimant l'opération peu rentable en raison des coûts nécessaires pour adapter leur système d'information ». En effet, la France n'a toujours pas imposé une adaptation des systèmes d'information aux ELD. Avant de pénétrer le marché des particuliers, les fournisseurs alternatifs cherchent alors à se développer sur le marché des professionnels. Fabien Choné, directeur général délégué de Direct Energie explique que leur entrée sur le territoire des ELD se fait « au fur et à mesure des appels d'offres gagnés auprès de grands groupes », la difficulté majeure restant « la question des flux informatiques ».

Certains essayent toutefois d'attaquer directement le marché des particuliers comme ekWateur, un fournisseur d'électricité verte, arrivé en 2017 à Grenoble. Une stratégie expliquée par Julien Tchernia, fondateur de l'entreprise : « On voulait justement attaquer un segment de marché sur lequel il n'y avait pas de concurrence, et GEG était plus diligent que ses autres confrères »

Quelles conséquences pour les consommateurs ? 

Du fait de cette situation de quasi-monopole, les consommateurs locaux ont rarement d'autres choix que de se tourner vers l'entreprise locale et ne peuvent choisir les tarifs les plus adaptés à leurs besoins. Ils souscrivent donc par défaut, la majorité du temps, aux tarifs réglementés en vigueur. Toutefois, certaines ELD, conscientes de l'arrivée des nouveaux acteurs, essayent de diversifier leurs offres (offres vertes, offres étudiantes, etc.). 

A titre de rappel, il existe aujourd'hui trois modalités de prix pour l'électricité en France :

  1. Les tarifs réglementés en vigueur (TRV), proposés par EDF et les ELD.
  2. Les offres indexés sur les TRV qui assurent aux clients un pourcentage de réduction sur le prix du kWh (hors taxes) par rapport aux tarifs réglementés.
  3. Les offres à prix fixes dont le tarif demeure indépendant des TRV. Il ne fluctue pas pendant la toute durée du contrat et peut même, dans certains cas, être révisé uniquement à la baisse à la date anniversaire du contrat.

 

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