Le monophasé en deux phrases

Le raccordement monophasé désigne une arrivée de courant sur une seule phase et un neutre, sous une tension de 230 V : c'est le standard de plus de 90 % des logements résidentiels français. Les puissances souscrites disponibles vont de 3 à 12 kVA, ce qui couvre tous les usages domestiques classiques sans avoir besoin de basculer vers du triphasé.

À retenir

Si votre logement consomme moins de 12 kVA en pointe (ce qui est le cas de l'écrasante majorité des foyers), le monophasé suffit : il est moins cher à l'abonnement, plus simple à installer et tout aussi performant pour les appareils domestiques. Vous n'avez besoin d'envisager le triphasé que si vous installez une pompe à chaleur puissante ou une borne de recharge rapide.

Le raccordement monophasé, concrètement

Le courant arrive au logement par un câble contenant deux fils actifs (1 phase + 1 neutre), auxquels s'ajoute le fil de terre côté installation intérieure. Chaque fil est identifiable à son code couleur normalisé.

Fil de phase

Noir ou marron

Le fil de phase véhicule l'intégralité de la puissance souscrite sous une tension de 230 V par rapport au neutre. C'est le fil porteur qui alimente l'ensemble des circuits du tableau électrique du logement.

Fil de neutre + terre

Bleu + vert-jaune

Le neutre (bleu) sert de référence électrique pour la tension de 230 V. Le fil de terre (vert-jaune), obligatoire dans toute installation conforme à la NF C 15-100, protège les utilisateurs contre les fuites de courant via le réseau de mise à la terre.

Les prises électriques monophasées se reconnaissent à leurs 2 trous ronds + 1 tige de terre, contre 4 trous + 1 tige en triphasé. Conformément à la norme NF C 15-100, la section des câbles dépend du calibre du disjoncteur en aval : de 1,5 mm² pour l'éclairage à 6 mm² pour une plaque de cuisson, voire 10 mm² pour une borne de recharge.

Les puissances souscrites en monophasé

Le réglage du disjoncteur d'abonné (intensité maximale autorisée) est fixé par Enedis en fonction de la puissance souscrite. Voici la correspondance entre puissance, calibre et profil de logement type.

Puissances souscrites en monophasé et calibre du disjoncteur d'abonné
Puissance souscrite Réglage du disjoncteur Profil de logement type
3 kVA 15 A Studio sans chauffage électrique ; usage très limité (résidence secondaire).
6 kVA 30 A Appartement T2 ou T3 (~50 m²) sans chauffage électrique : la puissance la plus courante.
9 kVA 45 A Maison de 80 à 120 m² avec chauffage électrique modéré ou pompe à chaleur de petite puissance.
12 kVA 60 A Grande maison équipée chauffage électrique intensif, ballon, plusieurs gros électroménagers en simultané.

Au-delà de 12 kVA, le monophasé n'est plus possible : il faut passer en triphasé, qui démarre à 15 kVA. Le bon réflexe avant de modifier votre puissance est de vérifier sur le compteur Linky la puissance maximale réellement atteinte (menu PUISSANCE APP.) : si vous restez sous 80 % de la puissance souscrite la plupart du temps, vous pouvez peut-être baisser d'un palier et réduire votre abonnement.

Téléchargez MySelectra, gratuitement

Le menu PUISSANCE APP. du Linky montre l'instant où vous regardez. L'application, elle, garde douze mois de maximums.

  • La puissance que vous appelez vraiment, mois par mois et jour par jour — le maximum relevé par votre compteur, et en triphasé le détail de vos trois phases.
  • Le verdict sur votre palier : monter, descendre ou ne rien changer, avec le prix de l'abonnement comparé palier par palier et les frais d'intervention Enedis chiffrés.
  • Une alerte quand ça ne colle plus : dépassements répétés de votre puissance souscrite, ou palier inférieur devenu possible.

Quand le monophasé ne suffit plus

Pour la quasi-totalité des logements résidentiels, le monophasé suffit. Le passage en triphasé ne se justifie que dans des cas précis, où le seuil de 12 kVA est dépassé ou où certains appareils exigent une tension de 400 V.

Les déclencheurs typiques pour basculer

  • Installation d'une pompe à chaleur de forte puissance dépassant 7 kW électriques ;
  • Installation d'une borne de recharge rapide pour véhicule électrique (à partir de 11 kW) ;
  • Cumul d'appareils gourmands utilisés en simultané qui dépasse 12 kVA en pointe ;
  • Logement avec une longue distance entre le compteur et le tableau (chute de tension excessive en 230 V).

Combien coûte le passage en triphasé ?

Le changement de type de branchement (monophasé → triphasé) est une prestation facturée par Enedis, sur devis, dont le montant figure au catalogue officiel des prestations Enedis ; comptez un délai d'environ 10 jours ouvrés après la demande transmise par votre fournisseur. À cela s'ajoutent, le cas échéant, les travaux de l'électricien sur le tableau et le câblage pour répartir les circuits sur les trois phases. La demande se fait toujours via votre fournisseur, jamais directement auprès d'Enedis.

Pour aller plus loin et comparer point par point les deux solutions, le guide dédié triphasé ou monophasé détaille les différences techniques, les coûts de bascule et la procédure Enedis.

Comparer les offres en monophasé

À puissance souscrite équivalente, le prix de l'abonnement varie sensiblement d'un fournisseur à l'autre. Comparer les offres reste le levier d'économie le plus efficace, surtout en monophasé où la majorité des consommateurs se situe sur 6 ou 9 kVA.

Comparez les offres d'électricité en monophasé

Comparez les offres dispos chez vous et trouvez l'offre idéale en moins de 10 secondes.

Votre énergie
Votre logement

Questions fréquentes sur le compteur monophasé

Quelle est la tension d'un raccordement monophasé ?

En monophasé, la tension entre la phase et le neutre est de 230 V, conformément à la norme européenne harmonisée. C'est cette tension qui alimente la quasi-totalité des appareils électroménagers domestiques : lave-linge, lave-vaisselle, four, plaques de cuisson, radiateurs, éclairage. Aucun appareil résidentiel standard ne nécessite plus que ce 230 V, ce qui explique que le monophasé suffise dans plus de 90 % des logements français.

Quelles puissances de compteur sont disponibles en monophasé ?

Cinq puissances sont proposées par Enedis en monophasé : 3, 6, 9, 12 kVA, plus le 15 kVA qui reste accessible en monophasé dans certaines zones (mais qui bascule en triphasé pour la plupart des installations modernes). En pratique, la grande majorité des logements résidentiels souscrit du 6 kVA (pour un T2 ou T3 sans chauffage électrique) ou du 9 kVA (pour une maison avec chauffage électrique).

Comment savoir si je suis en monophasé ?

Trois indices : regardez le compteur Linky (un pictogramme à une seule branche indique le monophasé), ouvrez le tableau électrique (en monophasé, les disjoncteurs divisionnaires sont étroits et occupent un seul module), ou vérifiez votre facture (toute puissance souscrite entre 3 et 12 kVA correspond presque toujours à du monophasé).

Mon disjoncteur saute régulièrement, dois-je passer en triphasé ?

Pas forcément. Avant d'envisager le triphasé, posez-vous deux questions : est-ce que je dépasse régulièrement la puissance souscrite (auquel cas une simple augmentation de puissance en monophasé peut suffire, jusqu'à 12 kVA), ou est-ce que mes besoins simultanés dépassent 12 kVA en pointe (auquel cas le triphasé devient incontournable) ? Le compteur Linky affiche la puissance instantanée en menu PUISSANCE APP. et permet de mesurer concrètement le besoin.

L'abonnement monophasé est-il moins cher ?

Oui, et même nettement : l'abonnement annuel d'un 6 kVA en monophasé est environ deux fois moins cher qu'un 18 kVA en triphasé chez le même fournisseur, parce que c'est la puissance souscrite qui pilote le prix. Cela dit, les fournisseurs facturent l'abonnement de manière très variable d'un contrat à l'autre : à puissance égale, comparer les offres reste le principal levier d'économie. Voyez les offres d'électricité les moins chères selon votre puissance.

Quelle est la norme qui régit l'installation monophasée ?

La norme NF C 15-100 est la référence pour toutes les installations électriques résidentielles basse tension en France, qu'elles soient en monophasé ou en triphasé. Elle impose les règles de sécurité : section minimale des câbles selon le calibre des disjoncteurs, présence d'un disjoncteur différentiel 30 mA par rangée, mise à la terre, distance des prises par rapport aux points d'eau, etc. Un électricien professionnel s'y conforme systématiquement.