Energie : un plan de résilience pour faire face à la crise

plan résilience

Le gouvernement a présenté le Plan de Résilience pour accompagner les entreprises impactées par la guerre en Ukraine et ses conséquences sur les cours énergétiques. Il prévoit diverses mesures économiques et sociales pour aider les particuliers et les professionnels face à la hausse des prix de l’énergie, en particulier du carburant. Ces mesures ont pour objectif de permettre à la France de renforcer son indépendance énergétique.


Un plan de résilience pour faire face à l’envolée des prix

Depuis déjà plusieurs mois, le marché de l’énergie connaît une inflation sans précédent : les prix de l'électricité, du gaz et du carburant suivent une tendance à la hausse, mettant en péril le pouvoir d'achat des usagers.

Conflit en Ukraine et inflation

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La crise russo-ukrainienne a renforcé le contexte inflationniste. Premier exportateur de gaz en Europe, la Russie a diminué la quantité de gaz livrée aux pays européens, ce qui a fait augmenter les prix. De plus, pour réduire leur dépendance au gaz russe, ces derniers cherchent à se fournir auprès d'autres pays producteurs, dont les prix sont plus élevés sur le court terme.

Outre le gaz, le prix du carburant est aussi en forte hausse. Cela pèse sur les ménages mais aussi sur les entreprises, dépendantes de l’essence pour répondre aux besoins de leurs clients.

Les professionnels particulièrement impactés

Cette hausse des prix se fait particulièrement sentir auprès des professionnels : transporteurs, agriculteurs, pêcheurs, taxis, etc. Les grands consommateurs de gaz sont aussi extrêmement touchés par cette crise : les fabricants de sucre, les hauts-fourneaux ou encore les verreries.

Dans son plan de résilience, le gouvernent cible principalement les entreprises les plus affectées via différents programmes d’aides.

Plan de résilience : 12 grandes mesures

C’est le Premier Ministre Jean Castex qui a détaillé le plan de résilience et son contenu. Il était accompagné des trois ministres concernés :

  • Barba Pompili pour la transition écologique ;
  • Julien Denormandie pour l’agriculture ;
  • Bruno Le Maire pour l’économie et les aides aux entreprises.

Le coût du plan de résilience s’élèvera à environ 25 à 26 milliards d’euros.

1. L’aide de 15 centimes par litre de carburant étendue au GPL

A partir du 1er avril, une remise de 15 centimes d’euros HT sera accordée à la pompe pour tous les Français, particuliers comme professionnels.

Cette mesure sera appliquée durant 4 mois, pour tous les carburants disponibles (le gazole et le gazole pêche, l’essence SP95 et E10, le E85, le GNR, le GPL et le GNV).

Une remise avec TotalEnergies Le fournisseur TotalEnergies a également assuré offrir une remise supplémentaire de 10 centimes par litre dans ses stations-service.

2. Mesures exceptionnelles pour les entreprises très consommatrices

L’État subventionnera la moitié du surplus de consommation énergétique des entreprises dont les charges en électricité et gaz représentent au moins 3 % du chiffre d’affaires et qui pourraient subir des pertes importantes prochainement.

Ce dispositif d’urgence prendra effet au plus tôt et jusqu’au 31 décembre 2022.

3. Renforcement du PGE

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Le Premier Ministre souhaite renforcer 3 dispositifs qui ont « fait leurs preuves » durant la pandémie, pour réduire les factures énergétiques des professionnels.

Parmi eux, le PGE : Prêt Garanti par l’Etat, dont le plafond passera de 25 % à 35 %. Il sera également prolongé jusqu’en juin 2022.

Ainsi, malgré l’incertitude du marché, les entreprises, peu importent le secteur ou la taille, peuvent émettre une demande de prêt auprès de leur banque, équivalent à 3 mois de chiffres d’affaires sur l’année 2019 ou 2 années de masse salariale.

4. Report de charges

Avec la crise, nombreuses entreprises voient leurs débouchés bloqués. Incapables de payer leurs charges, le gouvernement leur autorise un report de charges, pour encore douze mois.

5. Recours à l’activité partielle

Pour soulager les charges des entreprises dont l’activité est ralentie, le gouvernement soutient le recours au travail partiel.

6. Aide spécifique pour le secteur de la pêche

Beaucoup de bateaux de pêche sont contraints de rester à quai, faute de moyens pour payer leur plein d’essence. Le gouvernement offre une remise exceptionnelle de 35 centimes sur les carburants détaxés, effective depuis le 17 mars.

7. Aide spécifique pour les éleveurs

Face à la hausse des prix des aliments pour le bétail, l’Etat propose une aide transitoire durant 4 mois, pour financer les pertes. Le budget alloué s’élève à 400 millions d’euros.

En parallèle, il prévoit de verser un acompte de 25 % aux agriculteurs, qui financera le remboursement de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques sur le gazole non-routier.

8. Aide spécifique pour le transport

Secteur très touché par la crise en Ukraine, il bénéficiera de la remise de 15 centimes à la pompe. Pour compléter, le gouvernement prévoit de réunir les acteurs du secteur routier pour trouver d’autres solutions sur le long terme.

9. Aide spécifique pour le BTP

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Le secteur du BTP subit de plein fouet la hausse des prix des matières premières. Premièrement, l’Etat a demandé aux acteurs publics de faire de preuve de clémence envers les entreprises en n’appliquant pas de pénalités en cas de retard de livraison sur un chantier. En effet, les approvisionnements sur certains matériaux sont fortement ralentis.

10. Prolongation du programme France Relance

Les entreprises PME travaillant directement avec l’Ukraine et la Russie bénéficieront de la prolongation du chèque relance export et du chèque VIE (dispositifs de France Relance), qui accompagnent les PME et ETI dans leur développement international.

Enfin, le gouvernent s’engage à soutenir l’effort de réorientation des exportations, pour trouver de nouveaux débouchés aux entreprises impactées.

11. Mise en place d’un portail de contacts

Pour répondre aux interrogations des professionnels, la CCI a ouvert un portail en ligne sur lequel on retrouve l’ensemble des mesures disponibles.

Les entreprises peuvent s’y connecter et demander des renseignements sur les dispositifs disponibles selon leurs secteurs d’activité et le profil de leurs négoces.

12. Renforcement du bouclier tarifaire

En vigueur depuis cet automne, le bouclier tarifaire a permis de bloquer les prix de l’électricité et du gaz, afin de réduire l’impact de l’envolée des prix sur les factures des ménages. Dans un souci de protection des Français, le gouvernement a annoncé sa volonté de renforcer le dispositif.

Objectif de long terme : vers la souveraineté énergétique

Plan France 2030

Le plan France 2030 présenté par Emmanuel Macron en octobre prévoyait déjà l’accélération de la transition énergétique et la décarbonation du territoire. La crise en Ukraine démontre la nécessité pour le pays d'être moins dépendant des importations énergétiques, afin de limiter la fluctuation des prix et protéger les particuliers comme les entreprises.

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Le 16 mars, le Premier Ministre a exposé trois nouveaux volets :

  • Sortir du gaz et du pétrole russe d’ici à 2027 ;
  • Sécuriser les apports en gaz pour l’hiver 2023, dès cet été ;
  • Augmentation des capacités d’importation en GNL ;
  • Accélérer le développement des énergies renouvelables (biogaz entre autres et l’éolien maritime via le plan « éolien en mer »).

Vers plus de sobriété énergétique ?

En plus, le gouvernement en appelle à la responsabilité de chacun, de réduire sa consommation énergétique :

  • Privilégier les moyens de transport en commun aux voitures individuelles ;
  • Baisser la température dans les bureaux, usines ou à la maison ;
  • Engager des travaux de rénovation thermique, etc.

Dans cette optique, les bâtiments publics seront engagés à baisser le chauffage d'un degré.

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