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Portugal : le bilan s'alourdit, le réseau électrique à genoux

C'est un réveil de cauchemar pour le centre du Portugal. La dépression Kristin a frappé avec une force que les modèles n'avaient qu'imparfaitement anticipée. Les anémomètres ont enregistré des valeurs records, atteignant des pics de 178 km/h sur le littoral. La violence des vents a transformé des arbres et des structures métalliques en projectiles mortels. Le bilan provisoire fait état de cinq décès, dont un homme de 34 ans dans la municipalité de Marinha Grande et une victime piégée sous les décombres de son logement.

Sur le front des infrastructures, la situation reste critique ce jeudi. Le gestionnaire du réseau de distribution, E-redes, fait face à une crise majeure : des lignes à haute tension sont au sol et des poteaux ont été arrachés. Au plus fort de la tempête, 850.000 foyers et institutions ont été plongés dans le noir.

Si les équipes techniques sont à pied d'œuvre, près de 450.000 clients attendaient encore le retour de la lumière en début de matinée, principalement dans le district de Leiria, épicentre des dégâts.

Le pays tourne au ralenti : la circulation ferroviaire entre Lisbonne et Porto est suspendue, et de nombreuses écoles restent fermées par mesure de sécurité, alors que les pompiers enchaînent les interventions pour des toitures envolées et des débuts d'inondation.

Occitanie : après le vent, la menace de l'eau

Si la tempête Kristin poursuit sa route vers le sud du bassin méditerranéen, épargnant *a priori* la France de ses vents les plus destructeurs, elle ouvre la porte à "un défilé de dépressions" qui inquiète les prévisionnistes. Ce n'est pas tant le vent qui menace l'Occitanie et la région PACA ce week-end, mais la succession des pluies.

Une nouvelle dépression, emboîtant le pas à Kristin, va venir se bloquer sur le sud de la France entre le 1er et le 3 février. Les modèles météorologiques prévoient des cumuls de précipitations pouvant atteindre une centaine de millimètres sur le littoral et les reliefs de l'arrière-pays. Dans l'absolu, ces quantités ne sont pas exceptionnelles pour la région, mais le contexte hydrologique change tout.

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Sols saturés : pourquoi le risque d'inondation est maximal

Le véritable danger réside sous nos pieds. L'Hérault et les départements voisins sortent d'un hiver historiquement humide, ayant reçu en quelques mois l'équivalent d'une année entière de pluie. La terre, saturée comme une éponge gorgée d'eau, a perdu toute capacité d'absorption.

La moindre averse ne s'infiltre plus : elle ruisselle immédiatement. Avec les précipitations annoncées pour ce week-end, la réaction des cours d'eau pourrait être immédiate et brutale. Les nappes phréatiques affleurent et les fossés sont pleins. Les autorités et les services de prévision surveillent donc la situation craignant des débordements rapides même avec des pluies d'intensité moyenne.

Une mécanique planétaire enrayée

Des masses d'air chaud sont remontées vers le Pôle Nord, chassant l'air polaire vers les États-Unis (provoquant leur vague de froid) et bloquant le flux dépressionnaire atlantique sur l'Europe.

Selon les experts, cette configuration météorologique instable devrait perdurer au moins une semaine supplémentaire, imposant une vigilance constante aux habitants du sud de la France.

Conseils de prudence pour le week-end

Face aux sols saturés, les crues peuvent survenir très vite. Éloignez-vous des cours d'eau, ne vous engagez jamais sur une voie immergée (même partiellement) et tenez-vous informés via les bulletins de Météo-France.

Prévoyez des lampes torches et des batteries de secours en cas de coupure de courant liée au vent ou aux chutes d'arbres.

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