Centrale de Flamanville : voici comment la tempête Goretti a mis K.O. les 3 réacteurs (jusqu'en février)

Centrale de Flamanville : voici comment la tempête Goretti a mis K.O. les 3 réacteurs (jusqu'en février)

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La nuit du 8 au 9 janvier 2026 restera marquée par l'arrêt total de Flamanville. Sous les assauts de la tempête Goretti, les systèmes de sécurité des trois réacteurs nucléaires se sont déclenchés les uns après les autres. Isolateurs défaillants, perte des alimentations de secours, turbines à l'arrêt : le sel marin a provoqué une cascade d'incidents techniques. EDF confirme aujourd'hui la mise à l'arrêt total du site pour des travaux de remise en état qui dureront trois semaines.

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Une nuit de combat contre les éléments

Dans les salles de commande, la tension était palpable bien avant que les vents n'atteignent leur paroxysme. Les équipes d'EDF avaient pourtant anticipé l'arrivée de la tempête Goretti. 

Dès le jeudi matin, face aux prévisions alarmantes de houle et de vent, la décision avait été prise de réduire la voilure : les réacteurs 1 et 3 (l'EPR) ont été abaissés à mi-puissance, tandis que le numéro 2 était déjà en maintenance programmée.

Cette manœuvre préventive visait principalement à protéger les systèmes de pompage d'eau de mer contre l'arrivée de débris ou d'algues qui auraient pu colmater les filtres. Mais la nature a attaqué là où on l'attendait moins. 

Comme le rapporte actu.fr, ce ne sont pas les vagues qui ont franchi les digues, mais les embruns chargés de sel qui ont saturé l'air et les équipements électriques extérieurs.

Réacteur n°1 : quand le sel grille les connexions

Le 8 janvier, peu avant minuit, sur le réacteur n°1, un défaut majeur est apparu sur l'alimentation externe, provoquant ce que les techniciens appellent un "îlotage". En clair, le réacteur s'est coupé du réseau national pour se protéger, cessant instantanément d'injecter de l'électricité. La puissance a dû être réduite drastiquement à 30 %.

Le coupable a vite été identifié : les isolateurs. Ces pièces, qui font le lien entre les transformateurs de la centrale et la ligne très haute tension de 400.000 volts, n'ont pas résisté à l'accumulation massive de sel déposé par le vent. L'électricité a fini par créer des arcs indésirables, rendant le transport de l'énergie impossible.

Ces traversées n’étaient pas réparables en 24 heures, il nous était alors impossible d’évacuer notre énergie.

David Le Hir -actu.fr

Face à l'impossibilité de réparer sous la tempête et pour préserver la turbine, l'arrêt complet et automatique du réacteur a été enclenché le samedi après-midi. Le diagnostic est lourd : deux traversées doivent être entièrement remplacées.

L'EPR (Flamanville 3) victime de ses sauvegardes

Le fleuron du nucléaire français, l'EPR, tournait à 95 % de sa capacité avant la tempête. Lui aussi avait été bridé préventivement à 55 %

Si le cœur du réacteur n'a pas failli, c'est son environnement de sécurité qui a lâché. Dans la nuit, des défauts électriques ont perturbé la turbine et l'alternateur, mais c'est surtout la perte des alimentations de secours qui a scellé son sort.

Les règles de sûreté nucléaire sont intransigeantes : un réacteur ne peut fonctionner que s'il dispose de tous ses systèmes de secours opérationnels. Or, Goretti a provoqué la perte d'un transformateur auxiliaire et rendu indisponible l'un des diesels de secours. Les équipes d'EDF ont donc procédé à l'arrêt contrôlé de l'EPR le vendredi 9 janvier.

Un redémarrage groupé pour février

Même le réacteur n°2, pourtant à l'arrêt et déchargé de son combustible pour maintenance, n'a pas été épargné. Lui aussi a perdu sa ligne d'alimentation extérieure en pleine tempête, obligeant son diesel de secours à démarrer pour maintenir les fonctions vitales de l'installation. Là encore, le sel marin a provoqué des conductions parasites sur les transformateurs auxiliaires.

Aujourd'hui, le calme est revenu, mais les dégâts sont là. Des réparations sont nécessaires sur les alternateurs et les transformateurs touchés par la corrosion saline. Selon EDF, les trois unités de production ne redémarreront pas avant le 1er février 2026. Une indisponibilité de trois semaines qui pèsera sur la production d'électricité nationale en ce cœur d'hiver.

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