Lignes électriques : pourquoi la France refuse d'enterrer ses câbles à haute tension

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Entre la beauté de nos horizons et le prix de notre électricité, les autorités ont tranché. Longtemps réclamé par les citoyens et les associations environnementales, l'enfouissement des futures mégalignes électriques à 400 kilovolts vient d'être officiellement écarté. Les chiffres dévoilés par la Commission de régulation de l'énergie parlent d'eux-mêmes : enterrer ces infrastructures stratégiques aurait déclenché un séisme financier, avec une ardoise frôlant les 70 milliards d'euros. Pour protéger les consommateurs d'une hausse brutale des tarifs, le réseau de demain s'appuiera massivement sur les pylônes électriques.
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L'enfouissement des câbles électriques balayé par la réalité financière
L'électrification de l'industrie, le déploiement de l'éolien en mer et la construction de nouveaux réacteurs nucléaires exigent la création de nouvelles "autoroutes" de l'électricité.
Lors des récents débats publics organisés dans les territoires, une revendication a émergé avec une force indéniable : la disparition des immenses pylônes métalliques au profit de câbles souterrains. Une requête légitime pour la préservation du patrimoine naturel, mais qui se heurte frontalement au coût astronomique que cela représente.
Les experts du régulateur ont étudié les chiffres à la loupe. Pour les lignes à très haute tension (HTB 3, soit 400 kilovolts), la construction d'une ligne aérienne entre 2,5 et 3,9 millions d'euros par kilomètre. Pour la même capacité, son équivalent souterrain fait exploser les compteurs, naviguant entre 20 et 35 millions d'euros par kilomètre.
Opter pour l'enfouissement des câbles à haute tension aurait signifié multiplier la facture par dix. À l'échelle du grand plan d'investissement de RTE d'ici 2040, l'addition aurait été insoutenable pour la collectivité. La CRE a pris ses responsabilités en rejetant cette éventualité, soulignant qu'une telle dépense se serait inévitablement répercutée sur les tarifs d'acheminement payés par chaque ménage français.
Une facture qui aurait pu dérailler
Si les autorités avaient cédé à la tentation de l'enfouissement total pour les nouvelles lignes à 400 kV, le budget global du réseau aurait subi une inflation comprise entre 40 et 70 milliards d'euros. Une somme titanesque qui aurait compromis la compétitivité économique du pays et lourdement grevé la facture d'électricité des consommateurs finaux.
Un non-sens écologique : couler du béton pour cacher des câbles
Dans l'imaginaire collectif, dissimuler une ligne électrique semble d'une simplicité enfantine : il suffirait de creuser une longue tranchée, d'y déposer l'infrastructure et de laisser la nature reprendre ses droits.
Si cette méthode fonctionne parfaitement pour le raccordement des quartiers résidentiels, elle relève de la pure illusion technique lorsqu'il s'agit d'une artère colossale transportant 400 000 volts. À ce niveau de puissance, les lois de la physique imposent des contraintes qui bouleversent totalement l'environnement.
Enfouir un câble à très haute tension génère d'importantes perturbations électromagnétiques sous la terre, connues sous le nom d'énergie réactive. Ce phénomène finit par bloquer la circulation même de l'électricité. Pour neutraliser cette perturbation, les ingénieurs ne peuvent pas tout cacher : ils doivent impérativement construire des infrastructures de correction à la surface. Dès lors, le remède s'avère souvent plus destructeur que le mal qu'il prétend soigner.
Le rapport de la Commission de régulation de l'énergie illustre cette absurdité à travers un projet très concret modélisé par RTE entre Fos-sur-Mer et Jonquières. Afin d'enterrer une infime portion de six kilomètres de ligne pour préserver le panorama, le gestionnaire se retrouvait dans l'obligation de bâtir quatre gigantesques installations à l'air libre. Le dispositif prévoyait deux postes de transition pour relier la partie aérienne à la partie souterraine, accompagnés de deux postes de compensation pour stabiliser le courant.
L'étude révèle que chaque poste de transition dévore 2,5 hectares de terres, auxquels s'ajoutent 2 hectares pour chaque poste de compensation. Au total, la volonté de dissimuler six kilomètres de ligne aboutissait au terrassement et au bétonnage de neuf hectares d'espaces naturels ou agricoles, soit l'équivalent de 13 terrains de football.
Face à ce non-sens écologique total, doublé d'une facture astronomique de 160 millions d'euros pour ce seul petit tronçon, les autorités écartent fermement cette solution miracle.

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Un compromis trouvé pour le réseau de moyenne importance
Si les cathédrales d'acier resteront dans nos ciels, les lignes de moyenne tension (HTB 1 et HTB 2, de 63 à 225 kilovolts) connaîtront un tout autre destin. Pour ces infrastructures, la contrainte technologique du courant continu disparaît, rendant la facture de l'enfouissement beaucoup moins punitive.
Le surcoût reste réel, oscillant entre quelques pourcents supplémentaires dans le meilleur des cas, jusqu'à 150 % dans des zones semi-urbaines complexes. Cependant, ces montants restent maîtrisables et justifient un changement de doctrine majeur.
Le régulateur a ainsi entériné une approche ciblée, où la protection des paysages l'emporte sur l'économie stricte, dès lors que le jeu en vaut la chandelle.
La priorité sera désormais donnée aux câbles souterrains pour traverser les agglomérations, afin de ne pas densifier l'espace urbain. La nature bénéficiera de cette même protection : les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles, les zones Natura 2000 ou encore les espaces gérés par le Conservatoire du littoral verront leurs nouvelles lignes électriques glissées sous la terre.
Le refus des dépenses de compensation arbitraires
Cette volonté de trouver un point d'équilibre s'est néanmoins heurtée à une ligne rouge fixée par la Commission de régulation de l'énergie. Pour faire accepter la création de nouvelles lignes aériennes géantes de 400 kV, RTE proposait d'enterrer systématiquement une longueur équivalente de petites lignes aux alentours, en guise de dédommagement local.
Une idée balayée par le gendarme de l'énergie. Les analyses ont démontré que cette politique de compensation automatique aurait généré un surcoût déraisonnable d'environ 400 millions d'euros. Les autorités imposent donc un traitement au cas par cas, privilégiant le bon sens territorial plutôt que les règles automatiques coûteuses.
- Lignes de 63 à 225 kV : Enfouissement privilégié en ville, dans les parcs naturels et pour les raccordements courts.
- Lignes de 400 kV : Enfouissement écarté en raison des coûts pharaoniques liés au courant continu.
- Mesures d'insertion : Financements débloqués au cas par cas après concertation locale, sans compensation kilométrique automatique.
La transition électrique redessinera donc bel et bien la géographie française. Si le sol cachera une partie croissante des flux d'énergie, les grands axes de transport resteront une réalité visible, assumée comme le prix à payer pour réussir la décarbonation sans ruiner le pays.

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