Électricité : pourquoi l'hiver doux de 2025 va faire grimper votre facture cet été

Électricité : pourquoi l'hiver doux de 2025 va faire grimper votre facture cet été

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Près d'un tiers de chaque facture d'électricité sert à financer les réseaux qui acheminent le courant jusqu'aux logements. Ce poste discret va de nouveau peser plus lourd : dans sa délibération, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a acté une hausse de 3,04 % du tarif d'acheminement au 1er août 2026 pour les clients raccordés en basse tension, c'est-à-dire la quasi-totalité des ménages français. En cause, un phénomène contre-intuitif : l'année 2025, plus chaude que prévu, a fait chuter les recettes d'Enedis. Comment des températures clémentes peuvent-elles finir par renchérir la facture des Français ?

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Un hiver doux qui creuse un trou de 231,6 millions d'euros

Le TURPE, pour « tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité », rémunère Enedis, le gestionnaire qui exploite les lignes, les transformateurs et les compteurs sur 95 % du territoire. Chaque kilowattheure consommé y contribue : le montant est prélevé sur la facture par les fournisseurs, puis reversé au gestionnaire.

Or en 2025, les températures enregistrées en France ont été en moyenne plus élevées que prévu. Les ménages ont moins chauffé, et la consommation des clients résidentiels a reculé de 3,6 TWh par rapport aux prévisions. Résultat : les recettes d'Enedis sont restées 231,6 millions d'euros sous les attentes.

Le cadre de régulation garantit toutefois au gestionnaire la couverture de ses coûts. Les écarts constatés chaque année, en plus ou en moins, sont inscrits dans un compte dédié, puis répercutés sur le tarif des années suivantes. Au 1er janvier 2026, ce compte affiche 494,5 millions d'euros à restituer à Enedis.

Pour apurer cette somme, il aurait fallu relever la grille de 3,93 %. Mais la part de la hausse liée à ce rattrapage est plafonnée à 3 % par les règles tarifaires. Une fois ajoutée une inflation faible et un facteur d'efficacité, l'évolution finale s'établit à +3,04 %. Le reliquat non couvert sera reporté sur les années suivantes.

Une répercussion attendue sur le Tarif Bleu dès le 1er août

La nouvelle grille s'appliquera du 1er août 2026 au 31 juillet 2027. Elle concerne tous les clients raccordés en basse tension, quelle que soit l'offre souscrite, puisque l'acheminement est identique pour tous les fournisseurs.

La hausse sera mécaniquement intégrée au Tarif Bleu d'EDF, comme aux offres de marché. L'acheminement pesant environ 30 % d'une facture résidentielle, une hausse de 3,04 % de ce poste représente, toutes choses égales par ailleurs, un impact de l'ordre de 1 % sur la facture totale.

Ce mouvement intervient après la baisse moyenne de 0,74 % du tarif réglementé appliquée au 1er février 2026. Pour les ménages, le prix de l'électricité entre donc dans une phase de petits ajustements réguliers plutôt que de grands chocs.

Offre à prix fixe : vous êtes aussi concerné

Souscrire une offre à prix fixe ne protège pas de cette hausse. Dans la grande majorité des contrats, la garantie porte uniquement sur la part « énergie » du prix du kWh, c'est-à-dire ce que le fournisseur facture pour l'électricité elle-même.

Les coûts d'acheminement et les taxes, eux, restent répercutés au fil de leurs évolutions, comme le prévoient les conditions générales de vente. La hausse du tarif réseau au 1er août 2026 s'appliquera donc à tous les ménages, y compris ceux ayant verrouillé leur prix pour plusieurs années.

Fraude au Linky, raccordements en retard : Enedis sanctionné

La délibération du 21 mai 2026 dresse aussi le bilan de la performance d'Enedis en 2025. Le verdict est sévère : le gestionnaire écope d'un malus net de 80,2 millions d'euros, une somme restituée aux utilisateurs du réseau via le tarif. Trois postes concentrent les pénalités :

  • 35,1 millions d'euros de malus sur les raccordements, avec des délais qui s'allongent sur presque toutes les catégories de chantiers ;
  • 33,1 millions d'euros de malus sur les pertes d'électricité, qu'Enedis impute à la progression de la fraude aux compteurs : le taux de pertes a grimpé à 6,93 % en 2024, contre 6,74 % un an plus tôt ;
  • 30 millions d'euros de malus sur les coûts d'investissement, renchéris par l'inflation des travaux et des matériels.

Tout n'est pas négatif : le gestionnaire décroche un bonus de 12,4 millions d'euros pour la performance de son parc de compteurs Linky. Avec plus de 38 millions d'appareils installés, le système réalise près de 14 milliards de télérelevés par an.

Deux autres ajustements du tarif réseau restent programmés aux 1er août 2027 et 2028, en principe proches de l'inflation. Mais entre le solde encore à apurer et une fraude qui gonfle les pertes, la facture d'acheminement des Français restera sous étroite surveillance.

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