Fin des chaudières à gaz : coup de massue pour 40 % des ménages français

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Afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France, les chaudières à gaz pourraient être interdites en 2026. Les chaudières existantes pourront être utilisées, mais leur remplacement par des options écologiques sera encouragé. Heureusement, il existe des alternatives comme les pompes à chaleur et les chaudières à bois. Préparez-vous en évaluant les alternatives et en planifiant le remplacement à l'avance !

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La fin des chaudières à gaz d’ici à 2026 ?

Les chaudières à gaz sont visées par les objectifs gouvernementaux en matière de changement climatique. Et pour cause, elles sont responsables de 18 % des émissions de gaz à effet de serre de la France, dont 60 % sont attribuées au chauffage au gaz de logements.

Le chauffage au gaz a-t-il un avenir en France ? Selon le journal de l'Élysée, respecter l'engagement exigé par l'Union européenne sur l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 % d'ici 2030 par rapport à 1990 nécessiterait une réduction significative des émissions liées au fioul et au gaz. Ainsi, à l'avenir, l'installation de chaudières à gaz sera de plus en plus compliquée. De plus, le gaz est une énergie fossile, non renouvelable, amenée à disparaitre dans les années à venir.

Le ministère de la Transition énergétique avait lancé une concertation en juillet dernier, qui portait sur la décarbonation du secteur du bâtiment, en France. Pour rappel, le secteur du bâtiment génère actuellement 23% des émissions de gaz à effet de serre en France (Source : Ministère de la Transition énergétique, 2022). Au cœur de cette concertation : l’éventuel retrait des chaudières à gaz neuves dès 2026, en chauffage individuel comme chauffage collectif.

Le ministre de la Transition énergétique, de la Transition écologique, de la Ville et du Logement ont rencontré les responsables du secteur du gaz (industriels, fabricants, installateurs, professionnels du bâtiment et de la maintenance) mais aussi élus, associations, propriétaires et locataires, collectivités et associations de défense de l'environnement. Au terme de cette concertation, la décision d’interdire l’installation de chaudières à gaz neuves n'a pas été actée. Il s'agit d'un défi de taille qui mérite d'être examiné plus en amont.

Répartition des émissions de CO2 du secteur du résidentiel/tertiaire en France
Rapport Secten édition 2022 du Citepa

Chauffage au gaz : une disparition progressive déjà entamée

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La disparition des chaudières à gaz n’est pas une nouvelle affaire. Avec la mise en place de la réglementation environnementale RE2020, le cadre légal du chauffage au gaz a été renforcé.

[RE2020] Fin de l'installation de chaudière gaz dans les bâtiments neufs ! Les chaudières gaz ne peuvent déjà plus être installées dans des logements neufs individuels depuis janvier 2022. Les logements collectifs neufs seront quant à eux concernés par cette interdiction dès 2024. Pour chauffer les logements, les acteurs de la construction sont appelés à privilégier des équipements ayant recours aux énergies renouvelables : pompes à chaleur (PAC), chaudière biomasse bois, chaudières à pellets

En outre, les installations de chaudières à gaz ont été privées de deux aides financières majeures :

  • L’aide Coup de Pouce Chauffage qui soutenait les ménages dans la pose d’une chaudière à gaz à très haute performance énergétique (THPE) - notamment les projets de remplacement d’équipement fonctionnant au fioul a pris fin le 1ᵉʳ juillet 2021.
  • L'aide MaPrimeRénov', qui accompagne les foyers dans la rénovation énergétique de leur domicile, a cessé de financer l'installation de chaudières à gaz depuis le 1ᵉʳ janvier 2023. Ce dispositif était un soutien précieux pour les foyers français, surtout ceux aux revenus modestes. Par ailleurs, le bonus de 1 000 euros permettant de convertir sa chaudière au fioul en chaudière au gaz à THPE a également été supprimée depuis le 1ᵉʳ avril 2023. Désormais, ce bonus est attribué uniquement aux équipements fonctionnant aux énergies renouvelables.

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Par ailleurs, il est probable que la flambée des prix du gaz ait eu un impact non négligeable sur le déclin des chaudières à gaz. Les derniers chiffres publiés par le syndicat professionnel Uniclima montrent une dégringolade des ventes de chaudières au gaz et au fioul. En 2022, elles ont en effet chuté de 30%. Seulement 500 000 équipements ont été vendus en 2022, contre 715 000 en 2021.

Un coût supplémentaire pour les foyers français ?

Pour le moment, aucune “obligation de remplacement” n'est imposée aux Français. Si un plan de retrait est finalement mis en place, il sera progressif. Cependant, avec la disparition des aides à l’installation d’équipements à gaz, de nombreux Français pourraient être tentés de se tourner naturellement vers d’autres types d’installations tels que les pompes à chaleur, chaudières biomasse, chauffe-eau solaire, etc.

Il convient de noter que l’installation de ce type d’équipements représente toutefois un investissement initial important. Fort heureusement, cet investissement peut être compensé par les économies réalisées sur ses factures d’énergie :

Comparatif de coût annuel entre pompe à chaleur et chauffage gaz
Type de Pompe à chaleur
Prix d'achat
SurfaceConsommation électrique annuelle moyenne de la PAC*Consommation gaz annuelle moyenne Chauffage gaz*Différence avec la pompe à chaleur
Pompe à chaleur air-air - COP 4
6000 - 10000 €
100 m²5 100 kWh
soit 1052 €
12 000 kWh
soit 1250 €
199 € moins cher que le gaz
Pompe à chaleur sol-eau / sol-air - COP 5
8000 - 25000€
150 m²5 250 kWh
soit 1083 €
17 300 kWh
soit 1803 €
720 € moins cher que le gaz
Pompe à chaleur eau-eau - COP 5/6
8000 - 14000€
220 m²7 700 kWh
soit 1588 €
25 400 kWh
soit 1647 €
1059€ moins cher que le gaz

Estimations basées sur la source ADEME : consommation moyenne d'une PAC aérothermique 51kWh/m² - d'une PAC géothermique 35kWh/m².
Estimation de consommation gaz annuelle pour le chauffage, chaudière standard, maison à l'isolation moyenne.
*Prix du kWh d’électricité au tarif réglementé en option Base (0,2062 € TTC), et du kWh de gaz au tarif réglementé en tarif b1 et zone 2 (0,1042 € TTC), relevés en juin 2023.

Suppression des chaudières à gaz : l’inquiétude des professionnels

Les professionnels de la filière du gaz sont également inquiets de cette potentielle conversion généralisée. L’aspect financier et la gestion technique d’un tel bouleversement leur semble intenable.

On ne peut pas dire qu'en 2026, on supprime la chaudière à gaz et qu'on forme 200 000 chauffagistes à la pompe à chaleur. Ce calendrier n'est pas tenable

PersonJean-Christophe Repon, Président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment

Autre problématique soulevée : la disponibilité des sources d’énergie. La crise énergétique a en effet provoqué certaines tensions sur le réseau électrique et sur les stocks de pellets de bois. Une conversion généralisée des chaudières à gaz devrait donc être suivie d’une accélération de la production électrique et de la production de bois pour répondre à une demande toujours plus importante.

chaudière à bois

Par ailleurs, de nombreux acteurs privés et publics ont montré leur étonnement face à l'absence de mentions du gaz vert dans les délibérations du Gouvernement. Les fédérations syndicales représentatives des salariés de la branche des Industries Électriques et Gazières ont ainsi adressé le 2 juin une lettre au Président de la République en mentionnant un “grand étonnement” face à une orientation “de nature à donner un signal négatif au développement et aux investissements de la filière des gaz renouvelables”.

Le biogaz est une filière stratégique ! Dans son scénario énergie climat 2035-2050, l'ADEME envisage qu'entre 2035 et 2050, la part du biométhane produit qui est injectée sur le réseau de gaz, ou en injection portée, passera de 60 à 65 %. Ces perspectives d'évolution sont par ailleurs soutenues par les nombreux chantiers de méthanisation qui voient régulièrement le jour. La France dispose d’un réseau de gaz très développé, il semble donc logique d’utiliser cet atout pour développer le gaz renouvelable afin qu’il remplace à terme le gaz naturel.

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