EDF à la rescousse d'Areva ?

Comment faire pour sauver Areva ? Ancien fleuron de l'énergie française, l'entreprise est actuellement en grande difficulté économique (perte de 4,8 milliards d'euros en 2014), l'Etat actionnaire majoritaire du groupe cherche une solution et a fait appel à l'autre géant de l'énergie français : EDF, mais jusqu'où l'électricien sera t-il prêt à aller ?


Logo Areva

L'avenir d'Areva passe peut-être par la session de certaines de ses activités à EDF.

Un prix juste et de marché

Le directeur d'EDF, Jean-Bernard Lévy, a déclaré que son entreprise allait très prochainement faire une proposition de rachat pour Areva NP. En effet, le groupe n'est intéressé que par le pôle chargé de la conception et de la construction de centrales nucléaires. Le PDG d'EDF estime que les autres métiers d'Areva sont trop éloignés du coeur de métier du groupe pour qu'il y ait un rôle à jouer. Ségolène Royal avait déjà déclaré, le mois dernier, que le rapprochement entre EDF et Areva devait se préciser très rapidement.

Il y a un domaine d'Areva que nous connaissons très bien, c'est celui des réacteurs: nous sommes le premier exploitant au monde par la capacité installée (Jean-Bernard Lévy)
Les métiers du groupe Areva

Une logique industrielle

Pour le dirigeant d'EDF, cette solution de rachat est le meilleur moyen pour sauvegarder les compétences techniques acquises. Cette logique de défense des intérêts nationaux pourrait rappeler également la fusion il y a un peu moins de dix ans, de GDF et du groupe Suez au nom du "patriotisme économique". Ce que le gouvernement craint probablement c'est le rachat de certaines activités centrales d'Areva par l'un des deux groupes chinois (CGN et CNNC) qui se sont déja placés sur la liste des acquéreurs potentiels.

En reprenant l'activité d'Areva NP, EDF espère réitérer le succès de l'alliance EDF-Framatome, qui avait permis de gagner de nombreux contrats à l'international. 

Réponse le 3 juin ? 

Selon certaines sources, une réunion est d'ores et déjà programmée à l'Elysée, le 3 juin prochain, réunissant les différents protagonistes. Areva, qui a annoncé un plan de redressement accompagné de la suppression de 5000 à 6000 emplois dans le monde, dont surement plus de 3000 en France, étudie également d'autres solutions. Engie (ex-GDF Suez) pourrait également se mettre sur les rangs pour l'acquisition d'une partie des activités d'Areva (lire notre article sur le possible rachat d'Areva par Engie). Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a cependant estimé que la filière nucléaire française devait passer par "de nouveaux liens commerciaux entre EDF et Areva".

EDF de son côté étudie une alternative passant par le rapatriement de 1200 ingénieurs d'Areva chez EDF. Ces ingénieurs sont déjà des partenaires clés des équipes d'EDF sur des sujets tels que la conception et les calculs de sûreté des réacteurs français.

Qui aura le dernier mot ?

L'Etat est actionnaire majoritaire d'EDF à 84% et près de 87% des parts du groupe Areva sont détenues par des capitaux publics. Le destin d'Areva et de notre filière nucléaire, semble donc dans les mains de nos dirigeants politiques.

Mis à jour le