Les banques bénéficient-elles de l’activité assurantielle ?

En 2018, la belle santé des bancassureurs a pu donner quelques sueurs froides à certains des acteurs du marché de l’assurance. Lors des premiers bilans concernant les chiffres de l’an dernier, le constat était clair : les établissements bancaires bénéficient largement d’une activité assurantielle.

Assurances et secteur bancaire : des liens étroits

Alors que le paysage de l’assurance en France se métamorphose, l’importance prise par les banques dans le secteur continue de grandir. Désormais, l’assurance représente pour les établissements bancaires une source non négligeable de revenus. Pour preuve, en 2018, de manière générale, l’activité du marché a bénéficié d’une belle dynamique en ce sens.


Quelle place pour les banques dans le futur du marché assurantiel ? Vont-elles parvenir à durablement changer la dynamique du secteur alors que l’innovation renouvelle les offres ?

C’est notamment le cas de la filiale d’assurance de BNP Paribas, BNP Paribas Cardif, qui en mars 2019 publiait son chiffre d’affaires sur l’année 2018, lequel s’élevait à 31,8 milliards d’euros, soit une hausse de 9 % à l’international – et 13,6 % sur le territoire français. La prévoyance et l’assurance des biens ont eu un rôle clé dans ces chiffres encourageants. Une augmentation inédite et importante, symbolique de la situation à l’échelle nationale, comme le prouve aussi par exemple le bond enregistré aussi par le Crédit Agricole Assurances avec une hausse de 10,1 % de son chiffre d’affaires l’an dernier.

Le secteur de la bancassurance s’impose donc avec vigueur comme un acteur indispensable et incontournable du marché de l’assurance. Dans le domaine de l’assurance vie, les bancassurances dominaient déjà le marché depuis longtemps.

Le changement marquant ces dernières années s’illustre plus particulièrement au cœur de deux autres pans : l’assurance habitation et l’assurance automobile.

BNP Paribas : en route vers l’assurance dommages BNP Paribas Cardif a aussi bénéficié de son partenariat avec la Matmut dans l’assurance dommages. Et les premiers chiffres de la compagnie d’assurance de BNP Paribas et de la Matmut étaient encourageants. Avec Cardif IARD, BNP Paribas veut s’imposer sur le marché des assurances dommages. Et l’ouverture de la banque vers ce secteur de l’assurance laisse espérer de belles choses. Le directeur général de BNP Paribas Cardif, Renaud Dumora, avait d’ailleurs déclaré être confiant quant à l’évolution de l’entreprise lors d’une conférence de presse.

Bancassurances : de nouveaux concurrents aux offres attractives

L’une des entreprises les plus voraces dans le secteur de la bancassurance, et plus particulièrement en ce qui concerne l’assurance dommages, est le Crédit Agricole Assurances. Ces dernières années, celui-ci n’a cessé d’enregistrer de nouveaux contrats et, selon les résultats publiés par l’entreprise, il y aurait encore une vaste marge de croissance envisageable. En 2018, sur son activité assurantielle, le Crédit Agricole Assurances enregistrait une hausse de 35 %.

Afin de s’adapter aux changements importants prenant place dans le secteur, les différents acteurs doivent trouver de nouvelles façons d’envisager l’offre assurantielle. Avec les bouleversements technologiques qui s’imposent comme de nouveaux enjeux pour les structures, il est important pour les bancassurances de créer des partenariats en ce sens-là.

Dans le monde de l’assurance, tout reste à inventer pour les bancassureurs, aussi en compétition avec les assurtechs, dont la pertinence de l’activité en lien direct avec l’innovation peut dans le futur s’avérer indispensable. Aujourd’hui, il se pose par exemple clairement la question du futur rôle de l’intelligence artificielle – ou IA – dans l’élaboration des offres. S’il fallait des preuves supplémentaires quant aux changements du marché, il suffirait notamment de citer des démarches comme celle de la Fédération française de l’assurance avec son Hub dédié à l’accompagnement des jeunes pousses. Des démarches qui vont toutes dans le sens du renouveau.

Ainsi, l’année 2019 devrait être déterminante afin de confirmer ou non certaines des tendances du marché. Les prochains bilans donneront des lignes directrices pour orienter les stratégies commerciales des assureurs, dont les formes ne cessent de varier.

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