Florence Lustman prend la tête de la Fédération française de l’assurance

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Après plus de dix ans de règne incontesté, Bernard Spitz a dit adieu à son poste de président de la Fédération française de l’assurance. Dès ce mois d’octobre 2019, c’est Florence Lustman, ancienne directrice financière de La Banque Postale, qui lui succède.

Fédération française de l’assurance : représentante incontournable du secteur

En ce début de mois d’octobre 2019, les choses bougent dans le monde de l’assurance. Depuis sa création en juillet 2016, la Fédération française de l’assurance – ou FFA – s’est imposée comme un pilier du secteur, puisqu’elle en est sa principale représentante. La Fédération incarne depuis plus de trois ans l’un des organismes les plus emblématiques de l’assurance en France.


Jamais depuis sa création en 2016, la FFA n’avait changé de président. Elle était dirigée par Bernard Spitz. 

Regroupant les syndicats du Groupement des entreprises mutuelles d’assurances – ou GEMA – et de la Fédération française des sociétés d’assurances – ou FFSA –, la FFA agit aujourd’hui en qualité de porte-parole pour le secteur assurantiel tout entier.

Depuis sa création, la FFA était présidée par Bernard Spitz, dont le mandat se terminait en juin 2019. Mais le haut fonctionnaire était aussi à la tête de la FFSA auparavant, faisant de lui le visage même de l’assurance et son intermédiaire le plus visible auprès des différentes sphères de pouvoir, privées ou publiques. Dès le mois de mars, l’homme candidatait officiellement à sa réélection. Cependant, aucun consensus entre les trois vice-présidents de la FFA n’a été trouvé quant à sa candidature.

Le 18 juin dernier, c’est donc Florence Lustman, inspectrice générale des Finances et ingénieure générale des Mines, qui était élue à l’unanimité par l’Assemblée générale de la Fédération.

Une nouvelle présidente à la FFA : qui est Florence Lustman ?

Près de cinq mois après son élection, Florence Lustman prend donc officiellement ses fonctions de présidente de la FFA. Forte d’un parcours impressionnant, diplômée de Polytechnique, de l’Institut d’Études politiques de Paris et de l’Institut des Actuaires français, cette femme de poigne réunit toutes les qualités nécessaires à son nouveau poste.

À la direction de la Commission de Contrôle des Assurances en sa qualité de secrétaire générale entre 2000 et 2007, Florence Lustman est loin d’être inexpérimentée dans le secteur de la Fédération dont elle tient aujourd’hui les rênes. Elle fut aussi l’une des membres fondatrices de l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (anciennement CEIOPS, désormais EIOPA), membre du comité exécutif de l’International Association of Insurance Supervisors – ou IAIS –, du Standard Advisory Council – ou SAC de l’International Accounting Standards Board – ou IASB et, enfin, du comité exécutif de l’IAIS.

Durant cinq ans, entre 2007 et 2012, Florence Lustman a travaillé pour le président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy, en se chargeant du pilotage interministériel du Plan Alzheimer, y compris à l’international. Aujourd’hui, ce projet se poursuit sous le nom de « Plan Maladies neurodégénératives ». Le travail de Lustman pour œuvrer à une meilleure prise en charge des patients et au financement de la recherche sur la maladie s’est concrétisé puisqu’elle a aussi été vice-présidente de la Fondation Plan Alzheimer.

Jusqu’ici directrice financière et des affaires publiques de La Banque Postale, poste qu’elle tenait depuis 2014, Florence Lustman semble avoir toute la confiance de ses collègues. « Nous avons choisi de ne plus miser sur un profil de lobbyiste, mais sur une personnalité qui maîtrise parfaitement la technique assurantielle. Au passage, ce n’est pas une question de famille puisque Florence Lustman est issue de la banque ; c’est une question de priorités et de méthode. Dans sa carrière, elle a conduit avec succès la mission Alzheimer, qui regroupait pourtant des parties prenantes aux points de vue divergents. Elle saura faire avancer les dossiers de l’assurance de manière constructive. Lorsqu’elle travaillait pour le régulateur, elle a tissé un réseau européen qui sera utile, car la FFA doit être capable de se constituer un réseau d’alliés en Europe », expliquait Thierry Martel, président de l’Association des assureurs mutualistes et vice-président de la FFA, à une interview donnée à l’Argus de l’Assurance.

Alors qu’elle arrive à son poste, Florence Lustman a déjà de quoi s’occuper, avec un secteur de l’assurance en pleine métamorphose et dont les enjeux se complexifient avec les années. Les défis qui l’attendent devraient être nombreux, mais pas impossibles à affronter.

Le mandat de Florence Lustman en tant que présidente de la FFA durera trois ans.

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