Fin du suspense : la stratégie radicale de la France pour bannir le gaz et imposer l'électricité

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Après une attente interminable et près de trois ans de retard sur le calendrier légal, l'exécutif dévoile enfin sa Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE3), fixant le cap jusqu'en 2035. Avec un objectif de production électrique décarbonée porté à près de 693 TWh pour la prochaine décennie, cette feuille de route marque une rupture avec les hésitations du passé. Mais derrière ces chiffres colossaux et le retour en grâce du nucléaire, une question brûlante subsiste pour les ménages et les entreprises : ce plan d'action suffira-t-il à garantir des prix abordables tout en absorbant l'électrification massive de nos vies ?
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Lancement de la PPE 3 et la fin du "en même temps" énergétique
C’est un document que le secteur de l'énergie n'attendait presque plus. Maintes fois repoussée, discutée en coulisses, la troisième Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE3) est enfin sur la table. Ce texte n'est pas qu'une simple liste de chiffres techniques : il acte la stratégie énergétique de la France pour les dix prochaines années.
Pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, la France doit opérer une bascule historique pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Il s'agit de réduire la part des énergies fossiles dans notre consommation finale de 60 % aujourd'hui à 40 % dès 2030. Pour y parvenir, l'État mise tout sur une carte maîtresse : l'électricité.
Pour cela, la production électrique décarbonée devra grimper pour atteindre une fourchette comprise entre 650 et 693 TWh en 2035, contre environ 544 TWh visés initialement pour 2025. Cette ambition ne laisse plus de place à l'ambiguïté : la France veut produire massivement de l'électricité pour s'affranchir du pétrole et du gaz.
Le nucléaire : retour en grâce et rupture assumée
Si la précédente programmation planifiait la fermeture de 14 réacteurs, cette nouvelle feuille de route opère un virage à 180 degrés. Le mot d'ordre est désormais la "relance".
Concrètement, la filière nucléaire reçoit le feu vert qu'elle réclamait tant :
- La prolongation de la durée de vie des réacteurs existants vers 50, voire 60 ans.
- La confirmation du lancement de la construction de 6 réacteurs EPR2.
- Une étude immédiate pour la construction de 8 réacteurs supplémentaires.
L'objectif est de maintenir une production nucléaire entre 380 et 420 TWh à l'horizon 2030. Cette décision vise à sécuriser le socle de base (le "ruban") de l'alimentation électrique française, une nécessité absolue pour compenser l'intermittence des énergies renouvelables.
La modulation : un défi technique
Avec plus de renouvelables sur le réseau, le parc nucléaire ne pourra plus se contenter de produire à plein régime en permanence. EDF devra adapter ses réacteurs pour qu'ils soient plus flexibles, capables de baisser leur puissance lorsque le vent souffle fort ou que le soleil brille, afin d'éviter les prix négatifs et la saturation du réseau.
Renouvelables : le pragmatisme remplace l'euphorie
Contrairement à ce que certains craignaient, le retour du nucléaire ne signe pas l'arrêt de mort des énergies renouvelables. Les syndicats de la filière, reçus par Roland Lescure, ont d'ailleurs poussé un "ouf" de soulagement : il n'y aura pas de moratoire. Au contraire, les appels d'offres vont être relancés.
Cependant, la stratégie s'affine. Le gouvernement semble privilégier les technologies les plus matures et les moins conflictuelles en termes d'usage des sols. Le solaire photovoltaïque devient le grand gagnant des énergies vertes, avec un objectif de doublement des capacités d'ici 2035.
L'éolien terrestre, souvent sujet à de fortes oppositions locales, voit ses ambitions stabilisées (maintien du rythme actuel), tandis que l'éolien en mer (offshore) est appelé à devenir un pilier majeur avec une cible de 18 GW en 2035 (ajustée à 2037 pour des raisons industrielles).
| Filière | État des lieux (2023) | Cible PPE3 (2035) |
|---|---|---|
| Solaire Photovoltaïque (Puissance installée) | ~19 GW | 55 à 80 GW |
| Éolien Terrestre (Puissance installée) | ~22 GW | 35 à 40 GW |
| Éolien en Mer (Puissance installée) | ~0,8 GW | 15 GW |
| Nucléaire (Volume de production) | 320 TWh | 380 à 420 TWh (Dès 2030) |

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L'électrification massive : le défi de la demande
Produire de l'électricité ne sert à rien si les usages ne suivent pas. La Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) salue d'ailleurs cette PPE3 principalement pour son volet "électrification". L'enjeu est de remplacer nos chaudières fioul, nos voitures thermiques et nos processus industriels gaziers par des électrons.
Le gouvernement annonce un "grand plan d'électrification" dès le printemps 2026. Cela passera par :
- Le maintien des aides pour les pompes à chaleur et les véhicules électriques.
- L'électrification des procédés industriels pour la souveraineté.
- Une augmentation mécanique de la demande d'électricité, que le réseau devra supporter.
C'est ici que le rôle de RTE (Réseau de Transport d'Électricité) devient critique. Le gestionnaire prévoit d'investir environ 100 milliards d'euros d'ici à 2040 pour adapter "la colonne vertébrale" du réseau français, non seulement pour accueillir les nouvelles productions, mais aussi pour résister à un climat plus chaud (+4°C).
Facture et financement : qui va payer ?
C'est la question qui fâche. Comment financer ces centaines de milliards d'euros d'investissements (nouveaux réacteurs, parcs éoliens, réseaux) sans faire exploser la facture des Français ?
L'exécutif met en avant les "Contrats pour la Différence" (CfD). Ce mécanisme permet de garantir un prix stable aux producteurs (EDF ou développeurs renouvelables). Si les prix du marché s'envolent, le producteur reverse le trop-perçu à l'État (qui peut le redistribuer aux consommateurs). Si les prix s'effondrent, l'État compense.
Une manière de baisser le niveau de risque des investissements tout en protégeant, en théorie, le consommateur final contre la volatilité extrême connue en 2022.
Attention à la fiscalité
Si la production promet d'être abondante, le coût de transport et de distribution (TURPE) va nécessairement augmenter pour financer la modernisation du réseau. La mission confiée aux experts Thierry Tuot et Jean-Bernard Lévy devra justement trouver l'équation magique pour que la transition ne se traduise pas par une punition fiscale.
Cette PPE3, fruit d'un compromis complexe entre souveraineté, écologie et réalité industrielle, fixe un cap. Reste désormais à transformer ces tableaux Excel en chantiers réels, sans dérapage de coûts ni de délais. Le printemps 2026 sera décisif avec le lancement des grandes consultations pour l'application concrète de ces mesures.

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