Panneaux solaires : ce que vous toucherez en revendant votre surplus pourrait être divisé par quatre

Panneaux solaires : ce que vous toucherez en revendant votre surplus pourrait être divisé par quatre

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Le modèle qui a fait le succès des panneaux solaires en France depuis dix ans est sur le point de basculer. La Commission de régulation de l'énergie vient de valider un projet d'arrêté gouvernemental qui diviserait par quatre le tarif de rachat du surplus solaire, supprimerait la prime à l'investissement et fermerait définitivement la porte à la revente de la production totale pour les installations jusqu'à 100 kilowatts-crête. Une réforme qui change radicalement l'équation pour quiconque envisage de s'équiper, mais qui ne change rien pour les foyers déjà sous contrat.

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Ce qui changerait concrètement

Le projet d'arrêté examiné dans la délibération n°2026-92 repose sur trois mesures principales.

D'abord, le tarif de rachat du surplus, l'électricité que vos panneaux injectent sur le réseau quand votre maison n'en consomme pas, passerait de 40 €/MWh à 11 €/MWh. Soit 1,1 centime par kilowattheure renvoyé, contre 4 centimes aujourd'hui. Ce prix serait identique pour toutes les puissances, du kit domestique jusqu'au hangar agricole de 100 kWc.

Ensuite, la prime à l'autoconsommation versée par EDF à la mise en service disparaîtrait. Pour une installation de 3 kWc, cela représente 240 € de prime perdus. Pour 9 kWc, environ 720 €.

Enfin, la vente en totalité serait supprimée pour les installations de 9 à 100 kWc. Concrètement, un agriculteur, une PME ou une copropriété ne pourrait plus signer un contrat où il revend l'intégralité de sa production à EDF Obligation d'Achat. La consommation sur place deviendrait obligatoire, avec revente du seul surplus. Les particuliers, eux, sont déjà dans ce schéma depuis mars 2025.

Les contrats déjà signés ne sont pas concernés

La réforme ne s'applique qu'aux nouveaux contrats. Si vous avez déjà un contrat d'achat avec EDF OA, vos conditions tarifaires d'origine sont garanties sur les 20 ans du contrat. Aucune révision, aucune renégociation. La date qui compte pour basculer dans le nouveau régime sera celle du dépôt de la demande complète de raccordement, pas celle du devis ni de la pose.

Pourquoi un tarif aussi bas

Le chiffre de 11 €/MWh n'est pas arbitraire. La Commission de régulation de l'énergie a calculé ce qu'elle appelle un tarif « neutre » pour les finances publiques.

La valeur réelle d'un kilowattheure solaire injecté en milieu de journée sur le marché de gros n'est plus que de 20 €/MWh environ en 2025. Quand des millions de panneaux produisent en même temps au pic de midi, le prix spot s'effondre, parfois jusqu'à devenir négatif. La France a enregistré 432 heures à prix négatifs en 2025, contre 352 en 2024. De cette valeur de marché, la CRE retire 7 €/MWh de frais de gestion des contrats. Reste 11 €/MWh.

Autre point lourd de conséquences : le tarif serait figé pendant vingt ans, sans dégressivité mais aussi sans indexation sur l'inflation. La CRE a bien recommandé une revalorisation annuelle de 2 %, mais cette suggestion n'est pas reprise par le gouvernement à ce stade. En euros constants, la rémunération du surplus deviendrait quasi symbolique sur la durée du contrat.

Le tarif ne serait par ailleurs pas versé pendant les heures à prix de marché négatifs, qui se concentrent entre 11h et 16h, précisément quand les panneaux produisent le plus.

Ce que cela change pour qui veut s'équiper

Pour un foyer qui installe 3 kWc et autoconsomme 30 % de sa production, le surplus injecté représente environ 2 300 kWh par an. Au tarif actuel de 40 €/MWh, cela rapportait 92 € par an. Avec le nouveau tarif et la déduction des heures à prix négatif, le revenu de revente tomberait autour de 20 à 25 € par an.

L'écart économique entre revendre et autoconsommer devient considérable. Chaque kilowattheure consommé directement par le foyer évite l'achat d'un kilowattheure au tarif réglementé, à 19,40 centimes en mai 2026. Soit près de dix-huit fois plus de valeur que le même kilowattheure renvoyé sur le réseau.

Conséquence directe : la batterie de stockage domestique, jusqu'ici souvent jugée trop chère pour être rentable, redevient une option à examiner sérieusement. Décaler les usages lourds (lave-linge, chauffe-eau, recharge de voiture électrique) vers les heures d'ensoleillement le devient aussi.

Pour les professionnels avec un grand toit, la fin de la vente en totalité ferme une voie de rentabilisation simple. Une alternative émerge cependant : les contrats d'achat direct entre producteur et entreprise, appelés Power Purchase Agreements, qui permettent de revendre l'électricité à un acheteur privé sans passer par EDF OA. Ce marché reste pour l'instant peu structuré sur les petites puissances.

Le projet d'arrêté doit encore être signé par la ministre chargée de l'énergie et publié au Journal officiel. Tant que cette publication n'a pas eu lieu, les tarifs actuels du deuxième trimestre 2026 restent en vigueur. Les porteurs de projet en phase finale ont donc une fenêtre, probablement de quelques semaines, pour finaliser leur demande de raccordement aux conditions actuelles.

Une fois l'arrêté publié, les fédérations professionnelles du solaire pourraient saisir le Conseil d'État dans un délai de deux mois, comme c'est leur droit à chaque révision tarifaire jugée trop brutale. Un scénario d'autant plus probable que la réforme intervient un an seulement après la précédente, déjà sévère, de mars 2025.

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