"Les règles nous empêchent de proposer de l'électricité gratuite" : le coup de gueule de la PDG d'Octopus

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La France produit désormais davantage d'électricité solaire qu'elle ne peut en consommer aux beaux jours, au point d'en gâcher des volumes équivalents à la consommation annuelle de plusieurs centaines de milliers de foyers. Dans une tribune publiée le 20 mai 2026 dans Les Échos, la PDG d'Octopus Energy France, Céline Stein, dénonce un cadre réglementaire qui empêcherait les fournisseurs d'offrir cette énergie gratuitement à leurs clients lors des pics de production renouvelable. Elle plaide pour un aménagement à la britannique des règles de marché, et avance un chiffre choc : 1,6 TWh d'électricité solaire perdue sur la seule année 2025. Comment un pays peut-il jeter de l'énergie propre tout en facturant l'électricité au prix fort à ses ménages ?
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Le paradoxe d'un solaire abondant et invendable
Le chiffre avancé par Céline Stein équivaut à la consommation électrique annuelle de près de 400 000 foyers. En 2025, 1,6 térawattheure d'électricité solaire a été produit puis perdu, faute de débouché immédiat sur le réseau et de capacités de stockage suffisantes. Pour la patronne d'Octopus Energy France, cinquième fournisseur du marché, ce gâchis incarne le décrochage entre une production renouvelable qui grimpe vite et un marché qui n'a pas suivi.
Le phénomène se traduit aussi sur le marché de gros, où les prix plongent régulièrement dans le négatif aux heures de forte production solaire. La France a enregistré 432 heures à prix négatifs en 2025, contre 352 heures en 2024, selon le bilan annuel publié par RTE. Le record pourrait être pulvérisé en 2026, avec un mois d'avril déjà historique sur le marché spot.
Concrètement, les producteurs paient pour écouler leur électricité, sans que les ménages ne le perçoivent jamais sur leur facture. Le consommateur final, lié à son contrat à prix fixe, reste hermétique à cette réalité du marché. C'est ce décalage que la tribune veut briser, en transformant les pics de production en heures gratuites pour les foyers volontaires.

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Le modèle britannique inverse l'incitation
Céline Stein cite l'exemple du Demand Flexibility Service (DFS) au Royaume-Uni. Ce dispositif, opéré par le gestionnaire de réseau britannique, rémunère les foyers volontaires capables d'ajuster leur consommation aux contraintes du système. Pensé d'abord pour récompenser les économies d'énergie aux heures de tension, il vient d'être étendu à la situation inverse.
Le DFS paie désormais les ménages qui consomment davantage pendant les heures d'excédent renouvelable. La flexibilité de la demande devient une variable d'ajustement, au même titre que les centrales pilotables. Le particulier équipé d'un compteur communicant se mue en acteur rémunéré du système électrique.
Le gisement est massif. Mobiliser la flexibilité de millions de foyers français représenterait, selon la tribune, un volume équivalent à la production de plusieurs réacteurs nucléaires. Une ressource largement inexploitée, faute de signaux tarifaires assez incitatifs et de cadre réglementaire adapté aux usages domestiques.
Le mécanisme d'ajustement français existe, piloté par RTE, le gestionnaire du réseau de transport. Mais ses règles ont été calibrées pour des actifs industriels lourds, capables de moduler plusieurs mégawatts en quelques minutes. La flexibilité diffuse des petits consommateurs n'y trouve pas vraiment sa place.
Vers une électricité gratuite aux heures solaires
La proposition centrale de la tribune tient en une phrase : autoriser les fournisseurs à proposer des heures totalement gratuites, taxes incluses, lors des pics de production renouvelable. Une famille pourrait lancer son lave-linge ou recharger sa voiture électrique sans débourser un centime, en contrepartie d'un effort de décalage de ses usages.
Nous pourrions techniquement le proposer à nos clients, avec un aménagement des règles du marché français, au lieu de gâcher toute cette énergie renouvelable.
L'argument est autant économique qu'environnemental. Mobiliser cette flexibilité dès l'hiver prochain permettrait, selon la tribune, d'éviter le recours à des énergies fossiles pour passer les pointes de demande, dans un contexte de prix du gaz instable. Le gain pour le pouvoir d'achat serait, lui, immédiatement perceptible sur la facture des foyers participants.
La proposition ne sort pas de nulle part. Octopus a lancé en mai 2026 son dispositif d'éco-sessions été, qui rembourse 100 % de l'électricité consommée par ses clients pendant les pics solaires. Engie propose depuis fin 2025 des heures d'électricité gratuites l'après-midi.
La réforme des heures creuses déplace progressivement les plages tarifaires avantageuses vers l'après-midi pour 11 millions de foyers. Et le gouvernement teste sur 6 000 abonnés du Tarif Bleu une version dynamique du tarif réglementé.
Ce qui distingue la demande d'Octopus
Les dispositifs actuels (éco-sessions, heures creuses solaires, expérimentation EDF) restent encadrés par les règles existantes. La tribune réclame une étape supplémentaire : un assouplissement réglementaire autorisant la gratuité totale, taxes comprises, lors des heures d'excédent renouvelable. Cela suppose une intervention du régulateur sur la fiscalité de l'électricité et sur l'architecture des contrats à prix dynamique.
Le débat est lancé. La généralisation d'un cadre incitatif suppose des arbitrages sur la fiscalité, la sécurité d'approvisionnement et la répartition des risques entre fournisseurs, gestionnaires de réseau et consommateurs. Reste à voir si la Commission de régulation de l'énergie saisit la perche tendue par les fournisseurs alternatifs.

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