L'Europe a-t-elle perdu le contrôle de son électricité face à la Chine ? Le rapport qui affole Bruxelles

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C'est un rapport qui fait l'effet d'une douche froide dans les couloirs de Bruxelles. Alors que l'Europe accélère sa transition énergétique à marche forcée, une menace s'est installée au cœur même de nos infrastructures. L'Institut d'Études de Sécurité de l'Union européenne (IESUE) vient de rendre des conclusions alarmantes : la mainmise de la Chine sur nos réseaux électriques ne relève plus de la simple dépendance commerciale, mais constitue désormais un « risque inacceptable » pour la sécurité du continent. Le système électrique européen est-il en train de passer sous contrôle étranger ?
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Une dépendance industrielle devenue systémique
La stratégie de Pékin, patiemment déployée depuis plus d'une décennie, a porté ses fruits : la Chine est devenue l'usine incontournable de la transition énergétique mondiale. Mais cette hégémonie a un prix pour la souveraineté européenne.
Les chiffres présentés dans le rapport de l'IESUE donnent le vertige. En 2023, la Chine contrôlait 98 % de la production mondiale de plaquettes solaires (wafers), ces composants essentiels qui se cachent dans la quasi-totalité des panneaux photovoltaïques, quelle que soit leur marque finale. Même constat pour l'éolien, où l'Empire du Milieu a produit 70 % des turbines installées sur la planète en 2024.
Cette omniprésence ne se limite plus à la production de matériel. Elle s'étend désormais aux dispositifs de gestion des réseaux, y compris les infrastructures de haute tension. L'Europe, en voulant verdir son mix électrique rapidement et à moindre coût, a ouvert grand ses portes à des technologies dont elle ne maîtrise ni la fabrication, ni totalement le logiciel.
Le risque du « cheval de Troie »
Le rapport pointe spécifiquement du doigt les onduleurs solaires. Ces boîtiers, qui convertissent le courant des panneaux pour le réseau, sont de véritables ordinateurs connectés. S'ils sont fabriqués et pilotés par des entités étrangères hostiles, ils pourraient théoriquement être utilisés pour déstabiliser le réseau ou collecter des données sensibles.
La menace fantôme : cyberattaques et guerre hybride
L'inquiétude de l'Institut ne repose pas uniquement sur des parts de marché, mais sur un contexte géopolitique explosif. Les experts soulignent que Pékin a déjà démontré sa capacité et sa volonté d'instrumentaliser ses positions industrielles à des fins politiques, notamment via sa collaboration avec la Russie.
Plus inquiétant encore, le rapport mentionne explicitement des activités cybernétiques hostiles. Le groupe de hackers « Volt Typhoon », actif depuis mi-2021, est cité comme exemple concret. Ces pirates informatiques auraient d'ores et déjà commencé à se positionner au sein d'infrastructures critiques occidentales, non pas pour voler des données, mais pour être en capacité de provoquer des pannes physiques en cas de conflit.
Dans ce scénario de guerre hybride, les réseaux électriques deviennent une cible prioritaire. Une dépendance technologique trop forte à des composants chinois rendrait l'Europe particulièrement vulnérable à un sabotage à distance ou à un chantage à l'approvisionnement en pièces détachées.

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Vers un label « Made in Europe » pour les infrastructures critiques ?
Face à ce constat d'urgence, l'Institut d'Études de Sécurité appelle à un changement de doctrine radical. L'époque de la naïveté commerciale semble révolue. Le rapport recommande aux gouvernements européens de mettre en place des mesures protectionnistes ciblées pour reprendre le contrôle de leur sécurité énergétique.
Parmi les solutions avancées, la création d'un label « Fabriqué en Europe » pour les équipements destinés aux infrastructures critiques est en tête de liste. L'idée est de garantir que les composants vitaux du réseau électrique échappent à toute ingérence étrangère.
Plus concrètement, l'Union européenne est invitée à exclure progressivement les composants chinois des projets transfrontaliers financés par le Mécanisme pour l'interconnexion en Europe. Le rapport suggère également de revoir les règles des marchés publics, notamment pour les besoins énergétiques liés à la défense, en privilégiant la sécurité d'approvisionnement sur le seul critère du prix.
Le dilemme du coût de la transition
Cette volonté de souveraineté risque toutefois de se heurter à la réalité économique. Se passer des composants chinois, aujourd'hui ultra-compétitifs, signifie accepter de payer la transition énergétique plus cher. Reconstruire des filières industrielles européennes pour le solaire ou l'éolien demandera du temps et des investissements colossaux.
Les consommateurs et les contribuables européens sont-ils prêts à assumer ce surcoût pour garantir leur sécurité ? C'est tout l'enjeu des mois à venir. Le rapport de l'IESUE a le mérite de poser l'équation clairement : l'électricité la moins chère du marché a un coût caché, celui de notre indépendance.
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