Blackout : une cyberattaque fait trembler la Pologne. Un nouvel avertissement pour la France ?

Blackout : une cyberattaque fait trembler la Pologne. Un nouvel avertissement pour la France ?

Publié le
min de lecture
Sauf indication contraire, tous les prix présentés sur cette page sont TTC.

C'est un scénario de cauchemar que l'Europe redoute depuis des années et qui a failli devenir réalité aux portes de nos frontières. Fin décembre 2025, la Pologne a frôlé le blackout. Une cyberattaque d'une violence inédite, orchestrée par des "chars numériques", a tenté de plonger un demi-million de foyers dans le noir et le froid. Ce sauvetage in extremis révèle une nouvelle ère de menaces pour le réseau électrique européen.

À ne pas manquer

"Les chars numériques sont déjà là" : récit d'un sabotage évité de justesse

L'hiver 2025 restera gravé dans les mémoires des experts en cybersécurité polonais. Alors que les familles se préparaient pour les fêtes de fin d'année, une offensive dévastatrice visait le cœur du système électrique national. Krzysztof Gawkowski, vice-Premier ministre et ministre du Numérique polonais, n'a pas mâché ses mots sur les ondes de RMF FM ce mardi 13 janvier 2026 : la Pologne a fait face à l'attaque la plus sérieuse de son histoire récente.

L'objectif des assaillants était de provoquer un blackout massif en plein hiver. Selon les autorités de Varsovie, l'opération ciblait spécifiquement une grande centrale de cogénération ainsi que de multiples installations d'énergies renouvelables réparties sur tout le territoire. Le but était de désynchroniser la production et de faire s'effondrer le réseau localement.

Donald Tusk, le Premier ministre polonais, a confirmé l'ampleur du danger lors d'une conférence de presse tenue le 15 janvier. Si les défenses n'avaient pas tenu, ce sont près de 500.000 personnes qui se seraient retrouvées privées d'électricité et, plus grave encore par ces températures glaciales, de chauffage.

DynoWiper : l'arme de destruction numérique venue de l'Est

Ce qui inquiète le plus les observateurs, c'est la nature de l'arme utilisée. Contrairement aux ransomwares classiques qui cherchent à extorquer de l'argent en bloquant des données, le logiciel malveillant déployé ici avait une vocation purement destructrice.

Les chercheurs en cybersécurité, notamment ceux de la société ESET, ont identifié ce malware sous le nom de "DynoWiper". Il s'agit d'un logiciel de type "wiper" (effaceur), conçu pour supprimer définitivement les données critiques et rendre les systèmes de pilotage des centrales totalement inopérants. Une fois activé, il ne laisse rien derrière lui, rendant le redémarrage des installations extrêmement complexe et long.

Cette signature technique pointe, selon Varsovie et les experts internationaux, vers un coupable désigné : le groupe de hackers Sandworm. Cette unité d'élite, affiliée au GRU (le renseignement militaire russe), est tristement célèbre pour avoir déjà plongé l'Ukraine dans le noir en 2015 et 2016.

Une guerre hybride qui ne dit pas son nom

Pour le gouvernement polonais, il ne s'agit plus de simples incidents techniques, mais bien d'actes de guerre hybride. "Tout indique que nous avons affaire à un sabotage russe", a martelé Krzysztof Gawkowski. L'expression "cyfrowe czołgi" (chars numériques) utilisée par le ministre illustre parfaitement le changement de paradigme : la menace ne vient plus seulement des frontières physiques, mais des câbles de fibre optique.

Cette offensive s'inscrit dans un contexte de tension extrême. La Pologne, hub logistique crucial pour le soutien à l'Ukraine voisine, subit une pression constante. Les incursions de drones et les tentatives de déstabilisation se multiplient. En s'attaquant au réseau électrique, l'objectif est double : paralyser l'économie et briser le moral de la population par le froid.

L'Europe face à la vulnérabilité de ses réseaux

Si la Pologne a réussi à repousser l'assaut grâce à la réactivité de ses services de cyberdéfense, cet épisode sonne comme un avertissement pour l'ensemble de l'Union européenne. Les réseaux électriques sont aujourd'hui interconnectés et de plus en plus numérisés pour gérer les énergies renouvelables intermittentes.

Cette numérisation, indispensable à la transition énergétique, ouvre paradoxalement de nouvelles portes aux attaquants. Une centrale éolienne ou solaire pilotée à distance devient une cible potentielle. L'incident de décembre 2025 prouve que les infrastructures critiques civiles sont désormais des cibles prioritaires dans les conflits modernes.

Les autorités polonaises se veulent rassurantes, affirmant que leurs institutions sont "bien préparées" et qu'il ne faut pas céder à la panique. Toutefois, la sophistication de "DynoWiper" montre que les assaillants ne cessent d'affûter leurs armes, obligeant les États européens à une vigilance de tous les instants pour garantir que la lumière reste allumée.

Avez-vous trouvé cet article utile ? 100% des 3 votes trouvent l'information utile.

L'INFO QUI FAIT BAISSER VOTRE FACTURE

  • Alertes Baisse des Prix en temps réel
  • Nouvelles Aides de l'État décryptées pour vous
  • Bons Plans Exclusifs de nos experts

Rejoignez des milliers de Français et recevez gratuitement l'essentiel de l'actu énergie sur votre canal préféré.

Partagez cet article !