EDF souhaiterait que l'État augmente son capital de 11,7 milliards d'euros

lévy macron

La situation financière d'EDF devrait pousser Jean-Bernard Lévy, le P-DG du groupe à demander une augmentation de capital à Emmanuel Macron. L’État reste en effet l'actionnaire majoritaire de l'électricien français, puisqu'il détient toujours environ 84% de son capital.


EDF aimerait que l’État n'exige pas ses dividendes en liquide

« Nous négocions actuellement avec l’État pour obtenir des engagements de sa part nous permettant de sécuriser notre situation financière. » C'est en ces termes que Jean-Bernard Lévy s'est adressé à ses salariés dans une lettre envoyée vendredi 11 mars.

Certes, EDF n'a pas besoin d'argent. Le groupe, premier producteur d'électricité au monde, dispose de 22 milliards d'euros en trésorerie et d'une capitalisation boursière actuelle de 18 milliards d'euros, même si celle-ci a été divisée par trois en deux ans, faisant sortir l'entreprise du CAC 40 en décembre 2015.

Dans le détail, EDF devrait demander à l’État de s'engager à ne pas demander les dividendes auxquels il aura droit au cours des cinq prochains exercices en cash, comme il l'a déjà fait en 2015. A la place, l'actionnaire majoritaire de l'électricien serait servi en actions, ce qui conduirait à une augmentation de son capital allant jusqu'à 11,7 milliards d'euros.

Un engagement indispensable pour lancer l'EPR de Hinkley Point ?

EDF cherche actuellement à assurer le financement de l'EPR (pour Evolutionary Power Reactor) anglais de Hinkley Point. Ce projet, qui devrait coûter au minimum 24 milliards d'euros, ne dispose toujours pas de date officielle de lancement. Or si l'entreprise pensait faire appel aux banques, accompagnées d'une garantie du gouvernement britannique, elle s'est finalement ravisée au cours des derniers mois. Sa situation financière étant déjà détériorée, elle ne pouvait se permettre de voir sa notation dégradée, qui aurait été engendrée par la hausse de son endettement.

EDF s'est donc ravisé et a fait appel à deux partenaires chinois, engagés à hauteur de 8 milliards d'euros, mais doit toujours garantir la sécurisation pour le reste du financement du projet. C'est pourquoi M. Lévy a, dans son courrier aux salariés, fait le parallèle entre les engagements de l’État sur la sécurisation de sa situation financière et la réalisation de l'EPR de Hinkley Point : « Il est clair que je n’engagerai pas EDF dans ce projet tant que ces conditions ne seront pas réunies. »

Des discussions entre MM. Lévy et Macron auront lieu aujourd'hui au cours de la visite du ministre de l’Économie et de l'Industrie à la centrale nucléaire de Civeaux, et demain à Bercy. Outre les interrogations sur la santé financière du fleuron français de l'énergie, il est certain que les deux hommes évoqueront le sujet de l'EPR, tant pour les chantiers français et finlandais que pour le projet anglais. L'électricien envisagerait par ailleurs de construire 30 à 40 réacteurs EPR en France d'ici 2050.

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