L'avenir d'Areva en débat à l'Elysée

C'est un jour important pour Areva. Une réunion est prévue ce jour à l'Elysée en présence de François Hollande, Manuel Valls, Emmanuel Macron, Ségolène Royal et Laurent Fabius pour décider de l'avenir de l'électricien français.


Où commence la saga Areva ?

Les tensions débutent à l'annonce du bilan difficile d'Areva en 2014 : est enregistrée une perte nette de 5 milliards d'euros. La direction du groupe lance alors un plan d'économies d'un milliard d'euros à horizon 2018. Pour atteindre cet objectif, il est alors question de supprimer 5 à 6000 postes au sein du groupe.

Pour rappel Areva est actuellement détenu à 54,4% par le Commissariat de l'Energie Atomique, à 28% par l'Etat et à 3,3% par la banque Bpifrance.

Les salariés d'Areva se rebellent

C'est une annonce choc pour les salariés d'Areva du monde entier. En France, les suppressions de postes pourraient toucher 3 à 4000 salariés. Les manifestations ont débuté hier un peu partout dans le monde, la veille de la réunion au sommet tant attendue. Parmi les salariés contestataires, certains n'ont pas hésité à stopper les sites de production pour marquer leur détermination.

Un plan d'économies trop optimiste ?

Si Areva annonce un plan d'économies d'un milliard d'euros, ce sont en réalité de six ou sept milliards d'euros dont aurait besoin le groupe pour survivre à cette crise, indique un journaliste du Figaro. L'électricien espère de l'Etat qu'il recapitalise l'une de ses filiales en injectant de nouveaux fonds. Un espoir déchu quand on sait que l'Etat souhaite quant à lui démanteler le groupe et l'appelle à traiter le rachat de sa division réacteurs, Areva NP, avec EDF. Le géant de l'énergie a proposé 2 milliards d'euros à Areva. Une nouvelle annoncée par le journal Les Echos, ce qu'a regretté le ministre de l'économie :

Nous avons demandé aux différents acteurs de la filière de remettre des propositions. Cet examen doit se faire dans le secret nécessaire à la construction d'une solution industrielle, et dans le respect des salariés. [Les salariés d'Areva] auront la primeur des annonces. (Le ministre de l'économie, Emmanuel Macron)

La hausse des prix de l'électricité : une contrepartie pour le gouvernement ?

La solution proposée par le gouvernement pourrait bien avoir une conséquence directe sur le porte-monnaie des Français. Déchargé de toute recapitalisation et toujours actionnaire de l'entreprise EDF, l'Etat pourrait en effet "récompenser" le fournisseur historique par une augmentation des tarifs réglementés de l'électricité.

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