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Une fraude sophistiquée qui menace la sécurité publique

Loin des idées reçues, la fraude à l'électricité chez les professionnels ne relève plus du simple contournement de compteur. Jean-François Vaquieri, Secrétaire Général d'Enedis, souligne la montée en puissance de manipulations complexes qui ne visent plus seulement le boîtier Linky, mais directement les transformateurs de courant situés en amont.

En falsifiant les données brutes avant même qu'elles n'atteignent le compteur, les fraudeurs parviennent à occulter une large part de leur consommation réelle.

Ces interventions clandestines modifient la structure même de l'installation électrique, fragilisant le réseau local et faisant courir un danger immédiat à toutes les personnes présentes dans ces établissements, qu'il s'agisse du personnel ou de la clientèle.

Pour débusquer ces pratiques, Enedis a musclé ses outils de surveillance. Grâce à la finesse des données transmises par les compteurs communicants Linky, l'entreprise croise désormais les consommations de milliers d'établissements en temps réel.

Cette méthode permet de détecter des "incohérences significatives" entre des entreprises d'une même branche professionnelle. Si un établissement affiche une consommation anormalement basse par rapport à ses pairs, le signal est envoyé automatiquement aux techniciens assermentés pour une inspection ciblée.

Une pratique lourde de conséquences

Au-delà de la perte financière pour la collectivité, Enedis rappelle dans son communiqué de presse que la fraude constitue un délit pénal sévèrement sanctionné. Les peines encourues peuvent atteindre 75.000 € d'amende pour vol d'énergie et jusqu'à 375.000 € pour escroquerie, avec des peines de prison pouvant aller jusqu'à cinq ans. Pour les personnes morales, ces montants sont multipliés par cinq.

Vers une tolérance zéro et un doublement des effectifs

L'opération de ce 10 mars n'est pas un événement isolé, mais le dernier coup d'accélérateur d'un plan national de lutte déployé par Enedis depuis 2024. Le gestionnaire de réseau ne compte pas relâcher la pression.

Afin de sécuriser l'intégrité du réseau public, l'entreprise a annoncé un doublement de ses forces dédiées à cette mission : d'ici la fin de l'année 2026, 500 salariés seront spécifiquement mobilisés pour traquer les installations frauduleuses.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : depuis 2022, plus de 100.000 cas de fraude ont été identifiés par les services d'Enedis.

Pour chaque fraude avérée, l'entreprise ne se contente plus de régulariser la facture : elle dépose systématiquement plainte auprès du procureur de la République et se constitue partie civile pour obtenir réparation du préjudice subi.

Cette fermeté vise autant à protéger les recettes du service public qu'à garantir un traitement équitable à l'immense majorité des professionnels qui, eux, règlent honnêtement leur consommation.

Au-delà de la dimension judiciaire, Enedis en appelle à la vigilance collective pour préserver la fiabilité d'une infrastructure essentielle à la vie économique du pays.

Toute situation suspecte peut désormais être signalée par courriel aux services dédiés ([email protected]), une démarche qui s'inscrit dans la continuité de la sécurisation du réseau public de distribution d'électricité.

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