Location : 23% des jeunes admettent avoir falsifié des documents pour obtenir un logement

L’accès à la location pour les plus jeunes n’est pas facile. À la méfiance généralisée des bailleurs s’ajoute la pression ressentie par les étudiants et jeunes actifs pour remplir les critères leur permettant d’obtenir un logement. Un récent sondage OpinionWay pour Homebrella vient apporter de nouveaux éclairages sur la situation.


  • Les jeunes et l’obtention d’un logement en location en 2019
  • 41% des jeunes interrogés jugent que les difficultés à louer un logement sont plus nombreuses en tant que jeunes actifs comptant sur leurs propres revenus ;
  • 23% des sondés avouent avoir déjà falsifié un document de leur dossier de location pour augmenter leurs chances ;
  • 61% des jeunes jugent que les bailleurs ne sont pas prêts à louer à des personnes en CDD.

Location : les critères restent exigeants et les propriétaires méfiants

La question de l’accès au logement pour les jeunes, étudiants et jeunes actifs, reste un vaste sujet. Le fait de ne pas être en CDI ou de ne pas avoir un salaire équivalent à trois fois le montant d’un loyer sont autant de freins à la signature d’un bail de location. Cela était vrai en 2018, et demeure une réalité en 2019.

Récemment, un sondage OpinionWay pour l’assureur Homebrella, intitulé « Les jeunes et leur logement », s’intéressait au rapport que ceux-ci ont avec l’accès à la location, ainsi qu’aux pratiques qui y sont associées. Réalisée auprès d’un échantillon de 407 personnes âgées de 18 à 34 ans et représentatives de la population française, l’enquête s’est déroulée du 25 au 28 septembre 2019 et se présentait sous forme de questionnaire.

Une conclusion ressort : pour les jeunes, la principale attente des bailleurs dans le cadre d’une location serait l’assurance d’un garant fiable.

Trouver un logement en location lorsque l’on est jeune peut être une véritable aventure, et celle-ci ne manque pas d’obstacles. Selon l’étude, 41% des sondés estiment que c’est en tant que jeunes actifs comptant sur leurs propres revenus qu’ils rencontreront le plus de difficultés à louer un logement, plutôt qu’en tant qu’étudiants (20%). Un ressenti qui peut s’expliquer par le fait que lorsque l’on sort du parcours scolaire, les bailleurs seraient moins enclins à donner leur confiance sans des garants aux situations financières plus stables.

Malgré l’évolution du marché du travail ces dernières années, les propriétaires sont méfiants, et les locataires le savent. En dépit de solutions concrètes pour les accompagner, comme la garantie Visale ou l'aide proposée par Youse, il semblerait que la réalité des faits reste bien compliquée. Une autre étude Opinionway datant de 2018 listait les principales craintes des bailleurs : les loyers impayés (79%), les dégradations du bien loué (77%) et les retards de paiement (71 %). Aujourd’hui, au vu du contexte, le statut professionnel des locataires ne peut cependant plus être la seule référence pour l’accès au logement.

Pour celles et ceux déjà dans la vie active, 45% considèrent que leur sort est plus compliqué que celui d’étudiants (16%). Pour autant, ces derniers jugent à 42% leur situation comme plus délicate que celles des jeunes actifs (25%).

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Des jeunes sous pression prêts à falsifier leur dossier de location

Les résultats du sondage semblent majoritairement reposer sur la croyance qu’un étudiant bénéficie forcément d’un garant fiable, ce qui est loin d’être une certitude. En effet, 67% des sondés jugent que les bailleurs ne considèrent pas les dossiers sans garants fiables – et il serait intéressant d’approfondir les critères permettant d’obtenir la confiance des propriétaires. De plus, la question de la durée des locations, qui peut être parfois courte dans le cadre d’un cursus universitaire par exemple, est aussi source de préoccupations. De fait, 60% des jeunes interrogés déclarent que les propriétaires et agences immobilières ne sont pas prêts à leur louer des biens pour des locations de moins de six mois, et cela s’accentue pour les jeunes en Erasmus (55%).

Ainsi, tout semble être une question de perception : à la fois du côté des jeunes locataires que des propriétaires. Néanmoins, au cœur de la difficulté, un même problème : le garant et sa fiabilité. Selon le sondage OpinionWay pour Homebrella, 61% des jeunes pensent que les bailleurs ne sont pas prêts à louer leurs biens à des personnes en contrat à durée déterminée – ou CDD –, et 57% pensent la même chose pour les auto-entrepreneurs.

Comment faciliter l’accès à la location des plus jeunes en 2019 ?

De cette peur de ne pas présenter un dossier valide pour les bailleurs découlent des pratiques illégales – pouvant être lourdement sanctionnées. Selon le sondage, un jeune sur quatre de 18-34 ans a déjà modifié une pièce de son dossier afin d’obtenir un logement en location, soit 23%. Pour l’Île-de-France, où, on le sait, l’accès au logement est particulièrement ardu (zone tendue), ce chiffre grimpe à 29%. La question des ressources est au cœur des inquiétudes des jeunes pour trouver un chez-soi. Il est donc logique que parmi les documents les plus souvent modifiés l’on retrouve en tête les fiches de paie et les attestations d’employeur (17%). Et sur l’ensemble des sondés, qu’ils aient ou non eu recours à une telle solution, 17% l’envisagent.

Pour Henry Leitzinger, PDG de Homebrella, cela est logique : « Le prix des loyers a tellement augmenté et le processus de dossier est tellement complexe en France que les jeunes ont l’impression d’être obligés de frauder pour obtenir une location », a-t-il expliqué au Parisien.

14% des jeunes interrogés disent avoir déjà modifié leur avis d’imposition dans le cadre d’un dossier de location afin d’obtenir un logement.

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