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Risque climatique : le secteur assurantiel face à son plus grand défi

Risque climatique : le secteur assurantiel face à son plus grand défi

Alors que la crise sanitaire et économique liée au Covid-19 continue de prendre une place importante dans nos vies, les assureurs doivent dans le même temps se concentrer sur un autre défi : la crise climatique. Une étude récente de la Fondation pour l’innovation politique explore et analyse les données récoltées ces dernières années afin de faire le point sur la situation, et de donner des éléments de réponse pour parvenir à des solutions.


  • En bref : Réchauffement climatique : un bouleversement pour le modèle assurantiel
  • En 2019, les assureurs français ont dépensé 4 milliards d’euros pour dédommager des sinistrés climatiques (chiffres de la FFA) ;
  • Une nouvelle étude de la Fondation pour l’innovation politique revient dans le temps afin d’obtenir une meilleure perspective de la situation ;
  • Le document explore la manière dont la crise climatique a impacté le secteur de l’assurance sur plus de quarante ans ;
  • Les conclusions sont indéniables : le réchauffement climatique provoque une intervention plus importante des assureurs auprès des particuliers, entreprises et collectivités, mais aussi une inflation du coût des primes de l’assurance habitation ;
  • Il est donc temps de mettre en œuvre des changements de fond, avec une « conception de politiques de prévention efficaces », indique l’étude.

Assurances : comment s’adapter face au bouleversement climatique ?

Sur Selectra, nous évoquons régulièrement la problématique du réchauffement climatique, et comment ce dernier est en train de progressivement bouleverser le modèle assurantiel. Si les conséquences de la pandémie de Covid-19 ont dominé l’actualité ces derniers mois, la crise climatique que nous connaissons reste toujours au cœur des préoccupations du secteur de l'assurance. Car l’écologie n’attend pas, et depuis plusieurs années, avec la multiplication des événements climatiques aux conséquences dévastatrices, les assureurs se sont trouvés au centre des discussions. Plus le temps passe, plus leur rôle prend de l’importance et plus cela leur coûte cher, car les assureurs n’interviennent pas qu’auprès des particuliers, mais également auprès des entreprises et des collectivités.

Selon le dernier rapport de la Fédération française de l’assurance – ou FFA –, en France, les assureurs ont reversé 4 milliards d’euros aux sinistrés climatiques rien qu’en 2019. Le coût a fortement été impacté par les nombreux épisodes de sécheresse qui ont eu lieu sur le territoire l’an dernier.

risque climatique
Étude « Les assureurs face au défi climatique », p.14. © Fondation pour l’innovation politique

Alors que le temps passe, la préoccupation grandit. Au mois d’août 2020, la Fondation pour l’innovation politique (un « think tank libéral, progressiste et européen ») partageait une nouvelle étude explorant ces problématiques, intitulée « Les assureurs face au défi climatique », et signée par Arnaud Chneiweiss et José Bardaji. « Près d’un demi-siècle de données assurantielles témoigne de l’aggravation des événements climatiques (tempêtes, inondations, sécheresses, etc.) qui frappent les habitations, les entreprises et les récoltes agricoles en France et dans le monde », est-il expliqué en introduction. Pour les auteurs, face à cette situation, il est nécessaire de « renforcer la prévention et l’éducation aux risques naturels, [de] mieux adapter les normes de construction aux aléas climatiques locaux, [de] progresser sur certains aspects dans l’indemnisation et [d’]améliorer la gouvernance des organismes qui suivent les risques naturels par un meilleur partage de l’information entre acteurs publics et privés. »

Pour faire court : il y a encore beaucoup de travail pour parvenir à une gestion vraiment adaptée à ce rythme grandissant. L’étude a cela d’intéressant qu’elle permet une mise en perspective de l’évolution de la situation ces quatre dernières décennies.

Réchauffement climatique : la hausse des primes semble inévitablePour les particuliers, les conséquences de la crise climatique sont aussi très concrètes. Non seulement ils sont de plus en plus régulièrement touchés par ces épisodes et en subissent les conséquences, mais ils payent aussi plus cher leur assurance habitation, puisque le réchauffement climatique provoque également l’inflation des tarifs. Entre 2000 et 2018, « pour les contrats d’assurance habitation, la croissance de toutes les cotisations perçues et celle des prestations versées sont respectivement de 5,1 et 5,2 % », indique l’étude citée dans cet article.

Crise climatique et assurances : des conclusions et un besoin urgent de solutions

Dans les années 1970, le nombre de catastrophes climatiques était de 50 par an à travers le monde. Dans les années 2010, ce nombre est passé à 200. « Pour les vingt-cinq prochaines années, une étude prospective menée par la Fédération française de l’assurance (FFA) anticipe un quasi-doublement des sinistres liés au climat et quantifie à 35 % la part incombant au seul changement climatique », précise le document de la Fondation pour l’innovation politique.

Les questions que l’on peut se poser, au regard des informations et conclusions de l’étude, concernent l’adaptabilité du modèle assurantiel. Les choses changent-elles assez vite ? Le régime « CatNat » pour les catastrophes naturelles est-il adapté ? Sa simplification suffira-t-elle à répondre aux besoins et attentes des assurés et des assureurs ? Plus encore, « la population peu exposée acceptera-t-elle dans la longue durée d’être solidaire avec des communes qui font régulièrement l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle ? Pour ce qui est des assureurs, ne vont-ils pas considérer autrement le risque habitation si le dérèglement climatique conduit à des sinistres croissants sur certains territoires ? » Rien n’est moins sûr.

risque climatique

Cela fait maintenant des années que les experts et scientifiques alertent la société civile sur les conséquences du réchauffement climatique. Et on le sait, encore aujourd’hui, les solutions restent trop peu nombreuses ou trop tardives. De par leur nature, les assureurs continueront d’être au centre des considérations ces prochaines années, mais il est difficile d’anticiper la métamorphose du secteur tant certains indices semblent contradictoires. Une chose est certaine : les données que l’on détient nous prouvent que la crise climatique est bien là, et qu’elle impacte l’assurance.

« Au cours des prochaines décennies, la priorité est à la conception de politiques de prévention efficaces, reposant sur une culture du risque naturel beaucoup mieux partagée qu’aujourd’hui, adaptée aux réalités locales et supposant mobilisation et coordination des acteurs publics et privés », indique l’étude de la Fondation pour l’innovation politique. Un beau projet, qu’il faudrait rapidement concrétiser.

En 2019, de par le monde, le coût des pertes liées aux catastrophes naturelles était de 133 milliards de dollars (chiffres de Swiss Re Institute), contre 166 milliards en 2018.

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