Nid de guêpes, frelons et assurance habitation : quel remboursement ?

La présence d’un nid de guêpes ou de frelons dans un logement peut rapidement tourner au cauchemar. Pourquoi donc ne pas anticiper une situation tout à fait gérable, et ce à condition d’être bien renseigné ? Responsabilité, assurance, prise en charge et écologie : aujourd’hui, Selectra s’intéresse aux petites bêtes qui nous gâchent parfois la vie.

Nids de guêpes et de frelons : responsabilité et assurance habitation

Les beaux jours approchent et avec eux, quelques situations désagréables pour lesquelles il est toujours bon de se préparer.

Prise en charge : destruction nid de guêpes et de frelons, qui est responsable ?

La découverte inopinée d’un nid de frelons ou d’un nid de guêpes dans une habitation n’est pas rare. Le tout est de savoir comment gérer la situation, plus particulièrement si l’un des habitants du logement est allergique. Dans le cas d’une piqûre, les répercussions peuvent être désastreuses.


La période estivale est souvent celle des vacances, mais c’est aussi le moment où l’on découvre des nids de guêpes et de frelons chez soi. Que faire dans ce cas ?

Avant d’évoquer les différentes solutions pour remédier à un tel problème, il est important de savoir qui est responsable. Le propriétaire vivant dans son propre logement doit évidemment assumer la responsabilité de la destruction des nids. Les choses se compliquent un tout petit peu dans cas de la location.

En effet, s’il y a besoin d’une désinsectisation pour des nids de guêpes ou de frelons chez lui, le locataire n’est que partiellement responsable. La prise en charge de l’intervention par des spécialistes est partagée entre le locataire et son propriétaire bailleur, lequel doit impérativement être prévenu avant de faire appel à la société spécialisée appelée à effectuer le processus de nettoyage. Selon la législation, le locataire doit payer les produits nécessaires à l’intervention, alors que le propriétaire bailleur finance la main d’œuvre.

Dans le cas spécifique d’une copropriété, il est nécessaire de prévenir le syndicat concerné, surtout si l’infestation est présente dans des parties communes.

Le seul cas de figure pour lequel le propriétaire bailleur doit assumer la totalité des dépenses est évident : si les nids étaient présents avant l’aménagement du locataire dans le logement et la signature du bail, son propriétaire doit s’occuper de régler la situation, et tous les frais sont à sa charge. Dans son guide d’évaluation du logement décent, le Ministère de la transition écologique et solidaire rappelle quatre principes essentiels pour être sûrs que l’habitation est conforme à la loi :

  • Sécurité physique : l’habitation ne doit pas présenter de risques apparents pour ses occupants,
  • Santé : de la même manière, l’habitation doit être exempte de risques apparents liés à la santé,
  • Performance énergétique : le logement doit répondre aux normes, aucun défaut manifeste apparent ne doit être identifiable,
  • Équipements habituels : ceux-ci doivent être présents, il s’agit des équipements permettant « d’habiter normalement le logement ».

Nids de guêpes et de frelons : où sont-ils ?Souvent, la difficulté d’une intervention liée à la désinsectisation dépend de l’accessibilité des nids. En effet, les guêpes aiment par exemple se mettre sous terre, se glisser entre les tuiles des habitations ou s’installer dans les gouttières. Les frelons, eux, vont privilégier le bois mort, comme un tronc d’arbre ou des lieux vacants.

Nids de guêpes et de frelons : quel rôle pour l’assurance habitation ?

Dans le cas d’une infestation d’insectes chez soi, de type guêpes ou frelons, l’assurance habitation ne sera malheureusement pas d’une grande aide. La situation est en fait exactement la même que celle relative à l’ensemble des nuisibles, et leur possible prise en charge par l’assurance habitation. Les guêpes et les frelons sont généralement identifiés comme des nuisibles par l’assureur.

Parmi les garanties présentes sur un contrat classique d’assurance habitation, il est très rare de voir apparaître les cas spécifiques des guêpes et frelons, et de la désinsectisation plus généralement. Et, de ce fait, la prise en charge d’éventuels sinistres provoqués par les nids et les insectes sur le logement de l’assuré est encore moins probable.

Un contrat d’assurance multirisque habitation ne couvre en principe que les sinistres liés aux dégâts des eaux, aux incendies et aux catastrophes naturelles. De ce fait, il faut toujours le lire attentivement avant d’y souscrire, et prendre le temps de se renseigner en fonction de ses besoins spécifiques.

Nids de guêpes et de frelons : comparer les offres d’assurance habitationSi la prise en charge de la désinsectisation est une part importante des préoccupations d’un assuré, il est évidemment encouragé à se renseigner. Dans un premier temps, il peut lire son contrat d’assurance habitation en cours, pour vérifier s’il ne bénéficie pas d’une couverture allant dans ce sens. Si ce n’est définitivement pas le cas, il peut alors être intéressant de comparer les différentes offres des assurances habitations, ainsi que les extensions de garanties disponibles.

Nid de guêpes et de frelons : quels recours ?

Si des guêpes ou des frelons s’installent dans un logement, il existe différentes solutions pour y remédier.

Nid de guêpes et de frelons, de bons réflexes à adopter

Les recours pour pallier la présence d’un nid de frelons ou d’un nid de guêpes chez soi sont simples :


Les insectes font partie intégrante de notre écosystème, et doivent ainsi être protégés.

  • Le service départemental d’incendie et de secours – ou SDIS : pendant de longues années, il s’agissait du premier réflexe des particuliers. Les pompiers avaient en effet l’habitude de se déplacer pour venir désinsectiser les maisons envahies. Cependant, ce genre d’interventions sont de moins en moins communes, hormis en cas d’urgence. Il faut compter dans les 90 €.
  • La mairie : afin d’obtenir une prise en charge publique de la situation, il ne faut pas hésiter à contacter sa mairie. En effet, dans les zones particulièrement touchées, des choses peuvent être mises à disposition des concitoyens. Ces dernières années, ce fut particulièrement le cas dans le sud-ouest de la France à cause de la multiplication des frelons asiatiques. La prise en charge de l’intervention, si celle-ci est effectuée par un expert agréé et validé, peut aller jusqu’à 80 %.
  • Les entreprises privées : une autre solution est évidemment de faire appel à des spécialistes de la désinsectisation, dont l’intervention sera évidemment payante. Le tarif peut varier en fonction de multiples facteurs, du lieu d’habitation à l’ampleur du problème. L’intervention coûte en moyenne entre 70 € et 150 €.

Il ne faut pas ignorer les aides pouvant être apportées par les collectivités locales pour les infestations d’hyménoptères. De manière générale, une collectivité locale a obligatoirement sous sa responsabilité les espaces publics qui dépendent d’elle. Ainsi, dans le cas des particuliers, la commune n’est soumise à aucune obligation de procéder à la désinsectisation ou de la financer s’il n’y a pas de dangers concrets pour la sécurité publique. Dans le cas contraire, la mairie est tenue de faire le nécessaire pour garantir la sécurité de ses administrés.

Cela peut sembler évident, mais un rappel essentiel s’impose : il ne faut jamais tenter de se débarrasser soi-même des nids de frelons ou de guêpes. Faire appel à des professionnels est indispensable. Il est fortement déconseillé de se risquer à éradiquer les insectes par ses propres moyens, surtout avec des produits achetés en grande surface.

Guêpes, frelons… et abeilles ? Remettre la question écologique au cœur des discussions

Dans le cas de l’éradication des d’hyménoptères, il est important de rappeler que celle des abeilles est strictement interdite. La personne responsable d’une telle action encourt des risques concrets.


Comment agir pour se débarrasser des abeilles chez soi tout en respectant l’environnement ? En 2019, il est crucial de faire des choix écoresponsables et éthiques pour la préservation de la planète.

En 2019, il est impossible de ne pas évoquer l’aspect écologique de ce sujet. Par exemple, la multiplication des frelons asiatiques évoquée précédemment à des conséquences identifiables. En 2012, un arrêté ministériel les classait comme un danger sanitaire de deuxième catégorie. Et cette menace a une incidence sur l’équilibre entier des écosystèmes naturels, puisque les frelons asiatiques sont responsables de la disparation des abeilles domestiques : « le frelon asiatique introduit accidentellement en France en 2004 a montré son caractère invasif et nuisible vis-à-vis des abeilles domestiques. Par les prélèvements importants d’abeilles qu’il réalise au seuil même de la ruche, sa prédation entraîne une baisse de la population d’abeilles et stresse la colonie en freinant ses fonctions vitales d’approvisionnement », explique le texte du ministère.

Et il est important de souligner que la disparition des abeilles a des répercussions catastrophiques pour tout le monde. En 2016, Greenpeace rappelait quelques chiffres essentiels. Notamment que :

  • La production mondiale de nourriture dépend à 75 % des insectes pollinisateurs,
  • Entre 60 % et 90 % des plantes sauvages dépendent d’insectes pollinisateurs pour se reproduire,
  • La disparition des abeilles domestiques en Europe sur seulement 20 ans est désastreuse, avec une chute de leur population estimée à 25 %.

À ces chiffres, l’on peut ajouter que désormais, à peu près un tiers des espèces d’insectes dans le monde sont menacées d’extinction, ce qui aurait des implications irréversibles et épouvantables pour la biodiversité… et les humains. C’est ce qu’affirmait la synthèse de 73 études regroupées et analysées dans un papier publié en février 2019 dans la revue académique Biological Conversation. Et, à ce rythme, selon les calculs des chercheuses et chercheurs, les 100 prochaines années verront la disparition totale de l’ensemble des insectes. Les abeilles, les guêpes et les frelons font partie des familles d’insecte les plus touchées en matière de disparition au cours des dernières années.


Source : AFP

Les facteurs liés à la disparition des abeilles, et des insectes plus généralement, sont nombreux. De l’urbanisation à l’agriculture intensive en passant par la déforestation et l’utilisation massive d’insecticides. Aujourd’hui, chacun doit prendre ses responsabilités.

Gestion d’un nid-d’abeilles : pourquoi ne pas s’adresser à un apiculteur ?Dans le cas de l’installation non désirée d’abeilles dans un logement, il ne faut pas hésiter à contacter directement un apiculteur. Certains sont en effet prêts à accueillir les essaims et les abeilles chez eux, en les récupérant chez les particuliers. Bien souvent, les apiculteurs font cela gratuitement.

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