Nuisibles et assurance habitation : quel remboursement ?

Si l’assurance habitation est un indispensable pour couvrir son logement, est-elle utile en cas de problèmes liés à la présence de nuisibles ? Par exemple, l’assurance habitation fonctionne-t-elle pour des punaises de lit ou des dégâts causés par des rongeurs ? Si non, l’intervention d’extermination est-elle à la charge du propriétaire ou du locataire ? Afin d’avoir toutes les informations utiles en cas d’infestation, Selectra fait le tour du propriétaire… l’insecticide à la main, évidemment !

Habitation et nuisibles : qui sont les petites bêtes qui s’invitent chez nous ?

Que l’on vive dans un appartement ou une maison, le confort quotidien peut rapidement être perturbé par la présence de nuisibles dans le logement. Ces animaux, généralement des petites bêtes dont on préfère éviter la compagnie, peuvent s’installer chez les particuliers, et les conséquences sont guères heureuses.

Dis-moi quel est ton nuisible et je te dirais qui tu es ?

Face à l’invasion intempestive de nuisibles dans un logement, il n’est pas rare de vouloir blâmer des comportements qui auraient pu amener à une telle situation. Cependant, ce réflexe doit être empêché, car la première chose à faire avant toute prise d’action est d’identifier le problème, dont les origines peuvent être diverses.

Les nuisibles les plus susceptibles de s’installer chez quelqu’un sont :


Que faire en cas d’infestation ?

  • Les blattoptères : ce sont les plus courants, à l’instar des blattes et autres cafards, qui adorent la chaleur et les recoins sombres. Leur invasion est généralement rapide et progresse exponentiellement, sans que l’on s’en rende forcément compte puisque ces animaux ne sortent que la nuit. Même si ces bêtes semblent plus désagréables que menaçantes, il est important de noter qu’elles peuvent potentiellement transmettre des maladies. Dans cette catégorie, l’on retrouve aussi les termites, dont les activités peuvent être dévastatrices puisque leur nourriture est : le bois.
  • Les carnivores : sans doute plus rare et spécifique à la maison, la présence de fouines dans un logement peut avoir des conséquences catastrophiques comme la détérioration des structures isolantes du logement.
  • Les rongeurs : on y retrouve les rats, évidemment, mais plus généralement les souris. Les rongeurs sont aussi des nuisibles assez communs, dont la multiplication peut rapidement tourner au cauchemar. Dans le pire des scénarios, l’altération de fils électriques par un rongeur peut donner lieu à un incendie.
  • Les siphonaptères : ou, comme on les nomme plus généralement, les puces. Toutes les personnes dont le logement abrite des animaux de compagnie sont susceptibles de croiser leur chemin régulièrement. Bien que les puces préfèrent passer leur temps sur une victime précise – le chien ou le chat de la maison –, elles pondent partout, et notamment dans les tissus et les parquets. De plus, elles peuvent aussi être la source d’irritations cutanées chez les humains.

Si un logement est infesté par des nuisibles, il est essentiel dans un premier temps donc, de les identifier. En effet, dans certains cas, le simple recours à un insecticide ou à des pièges peut suffire à les éliminer.

Dans le cas où une personne vit dans un immeuble, la question se présente différemment : suis-je la seule infestée, ou cela concerne-t-il tout l’immeuble ? Dans le dernier cas, l’insecticide et les pièges ne suffiront pas. Il faut alors impérativement signaler le problème au syndicat de la copropriété de l’immeuble, lequel pourra ainsi faire intervenir des professionnels.

Les « nouveaux » nuisibles à craindre : les punaises de lit

Aujourd’hui, l’ennemi numéro un, ce sont les punaises de lit. En France, il y a encore quelques années, celles-ci étaient relativement inconnues. Désormais, beaucoup de gens les craignent, tout particulièrement en région parisienne.


Fin 2018, les punaises de lit faisaient leur rentrée en même temps que les écoliers. De nombreux cas d’infestations ont été reportés.

Les punaises de lit sont une vraie plaie. Littéralement. Généralement ramenées lors de voyages, elles sont transportées par les gens sans que ceux-ci ne s’en rendent parfois compte. Leurs endroits favoris ? Sombres, de préférence. Le lit, le sommier, les tapis : tous sont concernés. Leur présence peut aussi donner lieu à des irritations cutanées, voire des réactions allergiques chez les humains.

Si les particuliers redoutent autant les punaises de lit, ce n’est pas sans raison. Elles sont très difficiles à éliminer, et quasi systématiquement, le recours à des experts sera nécessaire. Selon les chiffres de la Chambre syndicale des industries, rien que sur l’année 2016 en Île-de-France, 180 000 lieux infectés ont été traités.

Comme le rappelait UFC-Que Choisir en 2010, face aux punaises de lit, des solutions existent et quelques bons réflexes peuvent être adoptés avant l’intervention de professionnels : « Au rayon des méthodes simples et bon marché, l’aspirateur arrive en tête. À condition de le passer régulièrement, sans oublier les plinthes, les recoins, les dessous de tapis et les fauteuils. Jetez le sac immédiatement. Inspectez soigneusement votre matelas, coutures comprises. Lavez les draps et, si possible, passez-les au sèche-linge, dont la chaleur tuera les insectes ayant survécu au lavage. Autre arme bon marché : les insecticides ». L’Union fédérale des consommateurs rappelle aussi qu’au niveau du tarif pour la désinsectisation par un expert, la prestation pour un appartement standard ne doit pas dépasser les 250 euros.

Assurance habitation et punaises de lit : agir sur le long termeEn cas d’infestation généralisée dans un immeuble par exemple, un traitement local aura peu d’utilité. Son effet sera sans aucun doute momentanément positif, mais sur le long terme, le problème ne sera pas réglé.

Assurance habitation : nuisibles présents, que faire ?

Dans le cas où des nuisibles s’invitent dans un logement, et une fois que les recours personnels ont été éliminés, quelles solutions s’offrent donc aux particuliers pour régler le problème ? L’assurance habitation entre-t-elle en jeu pour l’extermination des petites bêtes ? Dès que la menace est identifiée, à savoir si celle-ci ne concerne que le logement d’une personne ou, au contraire, l’immeuble ou le voisinage entier, il est temps de prendre des mesures.

Nuisibles : les recours individuels pour les éliminer

Avant de déployer les grandes solutions et les équipes d’experts, il est parfois possible de se débarrasser du problème soi-même. Quelques recours sont faciles d’accès, mais leur mise en place doit toujours scrupuleusement suivre les indications sur les notices des produits achetés pour l’occasion :


Face aux nuisibles, il existe quelques solutions à connaître.

  • Les insecticides : évidemment très pratiques, ils sont aussi souvent puissants. Leur usage doit donc se faire dans des conditions idéales, en respectant les consignes indiquées. Si des cafards, puces et autres blattes s’invitent dans le logement, l’utilisation d’un insecticide peut parfois suffire à les éliminer et éviter leur reproduction.
  • Les pièges : ceux-ci peuvent spécifiquement s’avérer utiles pour les rongeurs et carnivores. Cependant, quelqu’un ne voulant pas tuer ces animaux devra impérativement avoir recours à des solutions alternatives, généralement offertes par des professionnels, mais pas que.
  • Les répulsifs : il s’agit donc des fameuses solutions alternatives, permettant aussi de prévenir une éventuelle infestation. Sous forme de grilles ou de sprays, les répulsifs font parfois leurs preuves et évitent de tuer les bêtes.

Chaque solution choisie doit être réellement adaptée à la situation. En cas de doutes, il est impératif de faire appel à des professionnels pour s’occuper de l’extermination des nuisibles.

Assurance habitation et nuisibles : le cas des propriétaires et des locataires

Une personne vivant dans une maison individuelle, c’est-à-dire dans le logement dont elle est propriétaire, aura toujours à sa charge les frais d’extermination – si la présence des nuisibles ne va pas au-delà de sa propre habitation. En revanche, un propriétaire vivant au sein d’une copropriété devra impérativement alerter le syndicat de l’immeuble au sujet d’une éventuelle infestation. Dans ce cas précis, des experts sont contactés et la menace évaluée, permettant par la suite la répartition des frais de manière équitable entre les concernés.

Pour les locataires, la situation est évidemment différente. C’est bel et bien le propriétaire-bailleur qui doit s’occuper du problème, une fois que celui-ci lui est signalé – et cela est impératif. Toutes les démarches seront de son fait, et les frais engagés dans le cadre d’une intervention sont donc à sa charge, et non à celle de son locataire – cela est encadré par la loi du 6 juillet 1989, article 6, qui oblige notamment au bon entretien du lieu de vie du locataire par son propriétaire-bailleur :

Le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé, exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites, répondant à un critère de performance énergétique minimale et doté des éléments le rendant conforme à l’usage d’habitation.

Désinsectisation, la charge du locataire et du propriétaire : quels frais et pour qui ?Dans certains cas, un propriétaire-bailleur peut exiger le remboursement à son locataire des produits nécessaires pour l’intervention, mais il payera quoi qu’il en soit la main-d’œuvre. Il est important, lorsque l’on est concerné à ce genre de situation, de bien se renseigner en amont.

Assurance habitation et nuisibles : pour quoi êtes-vous couvert ?

L’assurance habitation entre-t-elle en jeu en cas de problèmes majeurs liés aux nuisibles ? Que l’on soit propriétaire ou locataire, la réponse est : non.


Comment bien protéger son logement quand l’assurance habitation ne peut rien pour gérér les punaises de lit et autres nuisibles ? Il faut toujours être vigilant et bien se renseigner afin d'adopter les bons réflexes.

Généralement, un contrat d’assurance habitation avec des garanties classiques ne prendra en charge que les conséquences de sinistres identifiés. En principe, on retrouve donc les cas d’incendie, de dégâts des eaux ou bien de catastrophes naturelles.

Si une personne est intéressée par l’éventuelle couverture des dégâts causés par des nuisibles, il faut alors qu’elle se renseigne auprès de son assureur ou d’autres compagnies d’assurances. Il s’agit de l’unique solution pour connaître leurs offres, et savoir si elles proposent des extensions de garantie allant dans ce sens, couvrant notamment les dommages occasionnés par les animaux sauvages, les insectes, les micro-organismes, les parasites et les rongeurs. Il ne faut donc pas hésiter à comparer les offres d’assurance multirisque habitation spécifiquement avec les nuisibles en tête, et prendre le temps de bien se renseigner.

Assurance habitation : nuisibles oubliés, mais pas par les collectivitésMalgré l’absence de couverture concernant les dégâts causés par des nuisibles, il est possible pour les particuliers d’aller consulter les différents services proposés par leurs collectivités locales. En effet, certaines d’entre elles agissent au niveau de la région et peuvent accompagner les personnes face aux infestations de nuisibles.

Assurance habitation : punaises de lit, cafards et autres nuisibles… et les professionnels ?

Si l’assurance habitation ne prend pas en charge les infestations et les dégâts causés par les nuisibles chez les particuliers, les professionnels, eux, peuvent tout de même tenter de limiter les frais.

L’assurance à responsabilité civile professionnelle – dans certains cas obligatoire – est notamment indispensable si l’on souhaite faire appel à un exterminateur agréé en assurance.

Bien que cette assurance ne couvre pas à proprement parler les dégâts provoqués par les nuisibles, elle permet d’indemniser les assurés dans deux cas spécifiques: des dommages matériels et des dommages corporels, lesquels peuvent subvenir durant l’opération de désinfestation. La responsabilité civile professionnelle couvre entre autres les différents équipements et produits nécessaires.

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