Energie : pourquoi les salariés d'Enedis et de GRDF font-ils grève ?

Salariés Enedis
Plus d'une centaine de sites d'Enedis et de GRDF sont aujourd'hui occupés ou bloqués à l'échelle nationale.

Les salariés des distributeurs des réseaux d'électricité et de gaz Enedis et GRDF multiplient les grèves depuis lundi dernier. Ce mouvement fait suite à la mobilisation débutée en avril dernier et au projet de loi Pacte présenté en Conseil des ministres hier par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui aura entre autre pour but la privatisation totale du fournisseur historique de gaz Engie.


Que revendiquent les salariés d'Enedis et GRDF ?

Dans un communiqué dévoilé ce matin, la FNME-CGT (Fédération nationale des mines et de l'énergie) a tenu à exprimer clairement les revendications des salariés d'Enedis et de GRDF. Il s'agit pour eux de se mobiliser "pour la défense du service public, de sa qualité et de leurs conditions de travail" précise le syndicat. Plus précisément, les grévistes revendiquent plus d'emplois, de meilleures conditions de travail et des salaires plus importants pour assurer leur mission de service public.

Côté production, les salariés d'ENEDIS se mobilisent pour défendre les barrages hydrauliques (ouverts à la concurrence par une mise en demeure de la Commission europénne), l'arrêt de la fermeture des centrales nucléaires et des centrales à charbon, mais surtout, "pour que l'avenir de la production soit sous maîtrise publique". 

Quels sont les sites concernés ?

C'est le mouvement de grève le plus important chez Enedis (ex-ERDF) et GRDF depuis 10 ans. On compte en effet plus d'une centaine de sites occupés ou bloqués à l'échelle natinonale par les salariés des deux plus gros distributeurs d'énergie français. A montepellier, le siège régional a été bloqué. C'est également le cas pour onze sites de l'Occitanie (ex-Langudoc-Roussillon et Midi-Pyrénées), dont Lodève, Ganges, Lunel, Frontignan et Castelnau-le-Lez, Ax-les-Thèmes, Foix, Saint-Gaudens, Saint-Girons, Muret, Boussens et Serval (Toulouse) mais aussi en Bretagne, dans la Loire ou en Charente.

Privatisation totale de Engie : mobilisation prévue le 26 juin 2018

Outre les revendications sociales, l'enjeu de la grève concerne la privatisation programmée de l'ex-GDF Suez. Devenu Engie en 2015, le fleuron français du gaz n'est alors détenu par l'Etat qu'à hauteur de 32%. Après de nouvelles cessions de parts, l'Etat ne détenait plus que 24% d'Engie au début de l'année 2018. Cette nouvelle réforme, la loi Pacte, souhaitée par le gouvernement d'Emmanuel Macron présentée ce lundi en Conseil des ministres, si elle était votée, aura pour effet la privatisation totale de l'énergéticien français.

Dans son communiqué, la FNME-CGT a appelé les salariés du groupe Engie à la mobilisation le 26 juin prochain, "pour l'avenir du gaz en France, quand le choix d'Engie est d'abonner cette énergie."

Mis à jour le